RENAISSANCE PHILOSOPHIQUE DU XIII* SIÈCLE 29 I
tion des ordres mendiants. — A ces causes d'ordre extrinsèque, il convient d'ajouter un facteur interne : la force vitale qu'une élaboration séculaire avait infusée aux doctrines scolastiques.
§ I. — La nouvelle initiation philosophique de l'Occident.
230. Les nouvelles traductîons latines. — Pour la seconde, ou même pour la troisième fois, l'Occident retrouve une partie des monuments de la philosophie grecque ; et il s'initie en même temps aux œuvres du génie arabe. Toutes ces productions sont transmises aux philosophes occidentaux dans des traductions latines. On peut les répartir en trois groupes.
I. Traductions d'ouvrages grecs. — Il faut soigneusement distinguer les traductions faites directement sur le grec et les traductions faites sur l'arabe.
1° Les traductions gréco-latines sont les plus parfaites. Dès le début du xii^^ s., des savants français visitent la Grèce, la Sicile et l'Orient ; plus tard la prise de Constantinople (1204) multiphe les rapports scientifiques entre Byzandns et Occidentaux. Les traductions faites sur le grec sont moins nombreuses, et en général moins répandues que celles faites sur l'arabe.
Parmi les traducteurs, citons Robert Grossetête(i 175-1253),
qui, après des études à Paris, devint magister scolarum à Oxford, et depuis 1235, évèque de Lincoln. C'est là qu'il entreprit ou dirigea des traductions, remarquables par leur valeur critique, de VEthica Nicomachi, avec les commentaires de Michel d'Ephèse et d'Eustrate '). Il traduisit aussi le pseudo-Denys, et il s'employa à effectuer ses versions sur des manuscrits grecs qu'il fit venir à grand'peine de Constantinople et d'Athènes "). Jean Basing-
•) « Et postmodo reverendus pater magister Robertus Grossi capitis, sed subtilis intellectus, Linkolniensis episcopus, ex primo fonte unde emanaverat, greco videlicet, ipsum est completius interpretatus et grecorum commentis praecipuas annexens notiilas commentatus. » Prologue de la version de V Éthique de Hermann l'Allemand. Cf. Marchesi, L'Etica Nicomachea nclla tradizione latina viedioevale, 1904, p. 57. — ') L. Baur, Bas philosophische Lcbenswerk des Robert Grosseteste, Bischofs v, Lincoln (Vortrag auf d. Goerres-Versammlung zu Metz, oct. 1910), p. 64.
STOCK, Thomas de Cantimpré laissent des traductions fragmentaires. Albert le Grand emploie des versions du Phédon et du Ménon ; un auteur inconnu de la seconde moitié du xiip s. fait une version peu employée des Hypotyposes pyrrhoiiieiines de Sextus Empiricus '), dont on constate l'apparition non moins éphémère dans la philosophie du Byzantin Cabasilas, au commencement du xiv^ s. (v. Trois. Période).
Une mention spéciale revient au dominicain Guillaume de MOERBEKE, qui, à la demande de Thomas d'Aquin, entreprit une traduction complète des œuvres d'Aristote ou, pour certaines parties une revision des traductions existantes ^), et qui fut notamment le premier traducteur des Politiques, vers 1260. Né vers 1215, Guillaume de Moerbeke est érudit, orientaliste, philosophe et un des hommes de lettres les plus distingués de la seconde moitié du xiiP s. On le trouve en commerce d'idées avec Thomas d'Aquin le philosophe, Jean Campanus le mathématicien, Witelo le ph3^sicien-naturaliste, Henri Bâte de MaMnes l'astronome. Tour à tour il réside à la cour pontificale de Viterbe (1268), apparaît au concile de Lyon (1274) et de 1277 à sa mort en 1286 occupe le siège d'archevêque de Corinthe. Non seulement il traduit Aristote ^j
•) Jourdain-, Excurs. hist., ttc. (1888), p. 191 ; Baeumker, in Arr.h. f. Gesch. Phil.y IV, 574, (1891). — *) Guillaume de Tocco dans la vie de saint Thomas nous apprend de lui : « Scripsit etiam super philosophiam naturalem et moralem et super metaphysicam, quorum librorum procuravit ut fieret nova transiiUio quae sententiae Aristotelis contineret clarius veritatem. » Acta Sanctorum, 1643, mensis martii, l. 665. —') Suivant une hypothèse de Marchesi, op. cit., p. 60. Tnomas d'Aquin. pour faire aboutir plus sûrement le travail l'aurait divisé entre deux hellénistes, G. de Moerbeke et Henri de Brabant. Les titres de Henri de Brabant sont établis par Aventin {Amio Christi 1271, Hcnricus Brahantiniis, dominicaniis, rogatu D. Tliomae e graeco in litinam linguam. de verbo ad verlmm, transfert omnes lî'jros Aristotelis, Annalium Boiorum, Lipsiae, 1710, 1. VII, 9, p. 673) ; mais moins solidement eue ceux de Guillaume de Moerbeke. Au sujet de ce dernier, on possède un témoignage de Roger Bacon, daté de 1272, et un autre de Bernard Guidon (/>. Wilhelmus Brabantinus, Corinthiensis, transtulit omnes lihros naturalis et moralis phihsophiae de greco in latinuin ad instanttam fratris Thome, Arch. Litt. u. Kirchgesch. Mitt. II, 226). V. d'autres sources chez Marchesi, p. 61. De Henri de Brabant on connaît une traduction partielle du livre des Météores, et Marchesi met son nom en avant pour le Liber Ethicoruin qui servait de base aux commentaires de Thomas d'Aquin sur la morale d'Aris-
LES NOUVELLES TRADUCTIONS LATINES
mais encore des traités de mathématiques, des commentaires de Simplicius, et surtout les Éléments théologiqiies de Proclus (18 mai 1268) ") qui devinrent, avec le livre des Causes, une des sources les plus directes des inspirations néo-platoniciennes du XIIP s. Les traductions de G. de Moerbeke sont classiques au XIV« s. 0 ; elles sont littérales et fidèles, et quoique dépourvues d'élégance conservent encore leur valeur ^).
De Bartholemée de Messine, qui vécut a la cour de Manfred, roi de Sicile, on connaît une traduction des Mag/wrum Moraliiun. En outre, un cod. de Padoue du xiv« s. ') contient de lui des versions des Problemata, liber de principiis, de fuirabilibus auditionibus, physionomia, de signis, et apprend que ces traductions furent faites sur l'ordre du roi. Nicolas de Sicile, qui traduit le liber de mundo ; et Durand d'Auvergne sont de moindre importance. On trouve aussi dans des manuscrits italiens des traductions anonymes de la Physique, du traité de l'aine, du
de caelo et mundo ^).
Les scolastiques du xiiF s. connaissent aussi quelques œuvres de Byzantins. C'est ainsi qu'Albert le Grand et S. Bonaventure possèdent le traité d'EuSTRATius sur la morale d'Aristote ^).
Inversement les Byzantins, en suite de leur connnerce avec
tote, tandis que Baur {op. cit., p. 66) y voit l'œuvre de R. Grossetête. Marchesi identifie, sans preuve, Henri de Brabant et Henricus Kosbien dont parle Echard. Scriptores ord. Praed., I, 469. Mais il établit nettement que la Morale à Nicomaque forme un groupe à part, séparé des autres œuvres d'Aristote et qu'on la connaissait à la fin du xiip' s à travers cinq sources : i« Traductions grécolatines : a) Ethica velus (deux, et trois, livres) anonyme, mais peut-être attribuable à Boèce; b) Ethica nova (premier livre), apparaît au début du xiiP s. ; c) Liber Ethicorum, contient tous les livres, et n'est pas antérieur à saint Thomas — 2« Traductions arabo-latines : a) le commentaire moyen d' Averroès sur \ Éthique, traduit par Hermann l'Allemand en 1240 (liber minorum moralium, liber Nicomachiae) ; b) un abrégé, traduit par le même. Cet abrégé devmt populaire ; il est traduit en toscan par Taddeo (deux, moitié du xiii« s.) et mspire le Trésor de Brunetto Latini. Marchesi, op. cit., p. 26. — ') Denifle, Archiv. etc., II, pp. 226-27. — ') Ouibus nunc utimur in Scolis (Henri de Hervordia, Liber de rébus memorabililbus, éd. Potthast, 1859, P- 203). - ') Susemihl, qui a publie une édit. critique des Politiques d'Aristote, y joint la traduction de V^. de Moerbeke. - ♦) Décrit par Marchesi, p. 9. - ') Ibid. pp. n, 15. - ') t)()nt Baur attribue la traduction à Robert Grossetête.
rOccideiît, firent quelques traductions d'œuvres latines en grec. Le premier traducteur byzantin fut Maxime Planudes (1260i3io), que le Paléologue Andronikos II chargea d'une mission scientifique à Venise en 1296. Il traduisit des œuvres de Cicéron Macrobe et Boèce. Sa version du de co7isolatione philosophiae de Boèce se trouve encore entre les mains des premiers humanistes. 2° Traductions arabo-latines. Ce sont principalement les Arabes qui ont révélé aux occidentaux l'antiquité scientifique et philosophique, et on peut dire en général que leurs traductions ont précédé les versions gréco-latines. Si l'on songe que la pensée d'Aristote a subi des transvasements successifs du grec en syriaque, du syriaque en arabe, de l'arabe en hébreu, enfin de l'arabe ou de l'hébreu en latin, — souvent même en passant par une langue vulgaire ') — il ne faut pas s'étonner que les scolastiques aient préféré les traductions gréco-latines aux versions défigurées de source arabe. Ces versions adoptent un procédé de traduction homogène ; « le mot latin y couvre le mot arabe, de même que les pièces de l'échiquier s'appliquent sur les cases » ').
On traduit avant tout les traités d'Aristote, notamment la Physique, la Métaphysique % le Traité de Mme. De plus, une foule de livres de science, notamment des ouvrages de mathématiques, les œuvres de Ptolémée et de Galien. Plus féconds en applications pratiques, les ouvrages de science ont été traduits avant les ouvrages philosophiques. - C'est de seconde main, surtout par les Arabes, que les scolastiques connaissent les conuneii^
•)« 6n connaît le procédé constant des traducteurs du moyen âge. Un juif converti (tlfaut ajouter : ou un ara >e) traduisait en langue vulgaire, en espagnol par exemple la traduction arabe du texte grec, et c'était cette seconde traduction que traduisait en latin celui qui signait la traduction définitive. , Lucquet frmannUDa,naU (Rev. H.st. relig.). t. 44. p. 415. - ') Jourdaix, ./. .//.; Lr.' n y]^ ^'^'^^^Physique d'Aristote on connaît les premiers phvsiciens grecs. Dans le de umtate intelUctus {iz-jo) saint Thomas nous apprend que les deux derniers livres de métaphysique, traitant des substances séparées, n'étaient
^oretrJTh"''- ""r"''"' '' ^^ '"^^"^ l-existence. ayant vu le texte grec : Quos etiam Iibros vidimus numéro XIV. licet nondum translatos in linguam
LES NOUVELLES TRADUCTIONS LATINES
tateurs d'Aristote ; mais Thomas d'Aquin est en possession d'une version du commentaire sur l'Ame de Themistius ').
Il est certain qu'on ne reçut pas par une donation unique les traités aristotéliciens ; il y eut des importations successives pendant les dernières années du xii*^ et les premières décades du XIII' s. Au milieu du xii'' siècle, on relève chez les Chartrains des doctrines fondamentales de la physique péripatéticienne qu'il faut, peut-être, attribuer à la première influence des traductions tolétainesde la Physique (p. 156). Des documents universitaires attestent que dès 1213, on connaît la Physique et la Métaphysique. Raoul de Longo Campo, qui commente Alain de Lille vers 12 16, ne cite pas ces ouvrages qu'on venait d'interdire, mais bien les traités de Vâme, du sovifiieil et de la veille, à côté de divers écrits d'Averroèset d'Avicenne. Guillaume d'Auvergne, qui enseigne en 1228, connaît mieux l'œuvre d'Aristote, et Albert le Grand commente toute l'encyclopédie péripatéticienne. Les traductions arabo-latines de Constantin l'Africain, d'Adélard de Bath, d'Hermann le Dalmate demeurent des faits isolés. La véritable initiation de l'Occident aux ouvrages d'Aristote est due à une entreprise collective de traduction, dont le centre est Tolède. L'archevêque Raymond (ii 26-11 51) y entretint un collège de traducteurs devenu célèbre, rendant ainsi à la science occidentale d'inappréciables services. DoMi-
NICUS GUNDISSALINUS OU GUNDISSALVI ; le juif JOHANNES
David (Avendeath, appelé aussi Johannes Hispanus, est-ce le même personnage que Jean de Luna) ; le juif David et Jehuda ibn Tabbon ; l'anglais Alfred de Morlay (les trois premiers livres des météores, le de vegetabilibus) et GÉRARD DE Crémone (t i 187 ; Physique, livres du Ciel et de la Génération d'Aristote, etc.), méritent une mention spéciale. A l'école de Tolède, un peu plus tard, furent formés deux autres traducteurs, non moins bien connus, Michel Scot et Hermann l'Allemand.
^) Œuvre probable de G de Moerbeke, écrit Mandxnnet. Siger. t. VI, p. 178.
II. Traductions d'ouvrages arabes et juifs. — il faut distinguer : les traductions arabo latines et arabo-hébraïques.
1° Traductions arabo-latines. C'est encore aux traducteurs du collège de Tolède, et surtout à Johannes Hispanus '), D. Gundissalinus et Gérard de Crémone ") que l'Occident doit de connaître, à la fin du xii= s., les œuvres principales d'EI-kindi, de Farabi, de Gazali, d'Avicebron, d'Avicenne, de Moïse Maimonide et d'Averroès. Les commentaires des grands philosophes arabes au.x œuvres d'Aristote étaient traduits en même temps que le texte aristotélicien. Ainsi Gundissalinus traduit la métaphysique d'Avicenne et ses commentaires sur la Physique (avec le concours du juif Salomon) sur le de caelo et mumio et sur le de anima (avec J. Hispanus et G. de Crémone); J. Hispanus traduit les commentaires d'Avicenne sur la logique et peut-être sur la métaphysique. Hermann l'Allemand — qu'il ne faut pas confondre avecHermann leDalmate— «traduit, eni 240, le Commentaire moyen d'Averroès sur X Ethique à Nicomaquè; en 1 244, un résumé alexandrin de V Ethique; y er% 1 250 un ouvra ^é d'Averroès sur la Rhétorique, après avoir traduit le début des gloses d'Alfarabi sur cet ouvrage,... il a ajouté à ces traductions," quelque temps après, un traité original sur la Rhétorique ; enfin, en 1256, le commentaire sur la Poétique » '). Rien n'autorise à le faire vivre en Sicile; il demeura en Espagne, probablement en qualité d'évêque d'Astorga, de 1266 jusqu'à sa mort (1271) De même Michel Scot (mort peu avant 1235) traduit un commentaire d'Averroès du de caelo et mundo et du de anima *), le de ammalibus dans l'abrégé d'Avicenne.
La cour de Sicile, sous Frédéric H et son fils Manfred,
D '■^"'l" f ^og,que d'Avicenne. V. bibliogr. neitr. C.esch. Philos. Mill. \, ,, p. 12. - ) Il fit surtout connaîlre la science arabe, et traduisit, dit-on plus dé .ooouvrages.-3)LucouET,<,A"V.. p. 4.1. Mandonnet date de ..«"i '^bré'e
h!h 7" " """"'"^i"'- - •) R' »""i. ajou'e Renan, les commenta r^s habMuellemem jo.nts, dans les manuscrits, sur la génération et la corru, ion les n,e,eores les Par.. n.Uundla, et la version du rf. su'.sUntia oJs. Rex!"' oA "/., pp. ï06, 207. Cf. Hauréau, ffisf./.M. scot. II. pp ,27 et suiv
les nouvelles traductions latines,
(1258-66), fut un autre centre de culture arabe, bien qu'on y produise à la fois des traductions gréco-latines et arabo-latines.
Nous y rencontrons Michel Scot et Bartholemée de Messine (les Grandes Morales) ')• Frédéric II tenait en grand honneur les commentaires d'Averroès et il contribua largement à les vulgariser : au milieu du xiif s., on possédait à Paris l'ensen^ble des écrits d'Averroès, à l'exception des commentaires sur VOrganon et de son traité destrmtio destructionis .
Ces savants, d'ailleurs, ne sont pas de simples interprètes de la science arabe, leur érudition s'étend aussi aux œuvres de l'époque patristique et du prémoyen âge chrétien. En outre, plusieurs trouvent dans le riche fonds d'idées qu'îls manient, le thème premier d'ouvrages originaux en philosophie. Michel Scot, par exemple, rédigea une divisio philo so phiae , mais il la compila sur le traité similaire de Gundissalinus. Celui-ci surtout mérite, comme éc.ivain philosophique, une place spéciale. Il en sera
parlé plus loin °).
2° Traductions arabo-hébraïques. Le Xiil^ s. vit aussi apparaître de nombreuses versions d'ouvrages arabes en hébreu. « Lorsque la civilisation des Juifs eut émigré de l'Espagne musulmane en Provence et dans les régions adjacentes aux Pyrénées, l'arabe, qui jusque-là avait été leur langue usuelle et savante, cessa de leur être familier, et ils sentirent le besoin de faire passer en hébreu tous les écrits importants de science et de philosophie » '). Ce travail de traduction est principalement l'œuvre de la famille des Tibbonides, établie à Lunel, et il a pour
■) Lucquet a corrigé une interprétation courante, et fautive, du Pass^ge bien connu de Roger Bacon : «infinita quasi converterunt m lafnum (,erardus Cremonensis, Michael Scotus, Alvredus Anglicus, "—""^/'«"l^^l^Vd translator Mdnfredi nuper a domino rege Carolo dev.ct,.(0^« '~.^^^ Brewer p 9). Traminlor ne s'applique pas à Hermann, que sur cette fausse .r; taiion, on a fait résider à la cour de Manfred mais à -^rZ^^^Z. attitré près cette cour, sans doute Bartholemée de Messme - ) Les occden aux apprirent aussi à connaître la religion des Arabes. De,a au xn- s., P er e le Vénérable, abbé de Cluny, fit traduire en latin des livres rehg.eux des Sarraz ns et il engagea une polémique contre l'Islam. V. Mand3NNET^ Purre le VenerMect son aJvUé littéraire contre thlam, R. Thomiste, 1894. - ') Renan, op. et., p. 185.
298 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE AU XIIl' SIÈCLE.
objet presque exclusif l'ensemble des œuvres d'Averroès, surtout de ses commentaires d'Aristote, ainsi que du texte même d'Aristote auquel ces commentaires étaient joints. Certains de ces commentaires existent en de multiples traductions.
III. Quelques ouvrages apocryphes, transmis par les Arabes et traduits de l'arabe en latin, reflètent les doctrines néo-platoniciennes, et presque tous sont attribués à Aristote. Citons :
1° Secretum secreionim, traité d'érudition scientifique, traduit par un clerc de Tripoli.
2° La Théologie d'Aristote, connue aussi sous le nom de de secretiori Aegyptiormn philosophia.
3° Un opuscule pseudo-aristotélicien de anima, — Le traité de vegetabilibus de Nicolas de Damas, attribué à Aristote, est traduit par Alfred de Sereshel.
4° Liber de causis, cité sous divers noms par les scolastiques, traduit par Johannes Hispanus ou G. de Crémone de 11 67 à 1187, commenté par Thomas d'Aquin qui le premier reconnait son origine et le rapporte à Proclus, plus tard attribué à Aristote et imprimé dans ses œuvres. Ce petit traité, dont les apophthegmes jouissent à partir du xni^ s. d'une étonnante popularité, est un extrait de la cnoixeiujcjiç eeoXoTiKn de Proclus, et constitue, avec ce dernier ouvrage, une des mines les plus riches des théories néoplatoniciennes. Guttmann l'attribue à J. Hispanus et Bardenhevver l'a édité d'après un manuscrit arabe de 1 197 ').
5° A côté de ces ouvrages pseudo-aristotéliciens, circulaient dans les écoles des traités faussement attribués à Empédocle (sur les cinq éléments) et à Pythagore ').