‹ Histoire de la philosophie médiévale [microform]Chapitre 106 sur 223 · Influence générale de ces traductions sur la · texte numérisé non relu

Influence générale de ces traductions sur la

') Bardenhewer, op. cit., n"233; G-jttmanx, Die Scholastik d. XHI Jahrh etc p. 54. - •) Daniel de Morlay. élève de Gérard de Crémone, attribue aussi a Aristote un « liber de assignanda ratione unde orte sunt scientie*, qui n'est autre que le de dtvisione philosophiae de Gundissalinus. Rose, Hermès VIII 332, A. ' ' ,

LES NOUVELLES TRADUCTIONS LATINES

SCOlastique du XIIP s. - H convient de distinguer l'influence exercée par les traités d'Aristote et celle exercée par les

ouvrages arabes et juifs.

Les grands ouvrages d'Aristote ont attiré l'attention sur des problèmes nouveaux ; à tous ils ont fourni un riche appoint doctnnal. Les scolastiques leur empruntent une foule de solutions qui seront triées, complétées, corrigées, avant d'être incorporées dans leurs synthèses. D'autre part, Aristote a contribué à la constitution et a la générahsation des méthodes didactiques du XIIF s. (v. p. 1.).

Les philosophes arabes et juifs ont légué des idées néo-platoniciennes, des données scientifiques et notamment psycho-physiolodques ; de plus, ils ont servi de guide dans l'interprétation de mainte doctrine d'Aristote. A ce dernier point de vue, Avicenne peut être cité pour avoir favorisé l'essor de plus d'une théorie scolastique. Mais les scolastiques n'ont ni adopté ni approuvé les synthèses philosophiques des arabes. Pour s'en convaincre, il suffit de considérer leur attitude vis-à-vis des personnalités qui les ont influences le plus profondément, Avicenne et Averroès chez les Arabes, Isaac Israeli et surtout Avicebron et Moïse Maimonide chez les Juifs. En effet, Averroès est l'initiateur d'une philosophie dont la scolastique a combattu sans trêve les idées directrices. Il est pour les antiscolastiques du xiir s. ce qu'était J. Scot Eriugène pour ceux de la première période. Avicenne est combattu dans ses théories spécifiques et ses interprétations fausses d'Aristote. D'ailleurs, sa popularité scolaire n'égala jamais celle d'Averroès : il y eut pendant plusieurs siècles un averroïsme latin, il n'y eut jamais d' « avicennisme». Avicebron, que les occidentaux ne prirent pas pour un juif transmet à certaines écoles scolastiques des doctrines de grande importance, et Duns Scot se vantera de le prendre pour guide. Mais ces doctrines n'ont plus une portée moniste, et des lors on peut dire qu'un esprit nouveau les anime. Bien plus, l'idée panthéiste et émanative d'Avicebron est expressément combattue. M. Maimonide attire surtout l'attention par ses essais de conciliation de l'Aristotélisme et de la Bible, les scolastiques poursuivant la tâche similaire de mettre leur philosophie

d'accord avec le dogme catholique. En dehors de là, sa philosophie tombe le plus souvent sous le coup des reproches adressés à Averroès.

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