‹ Histoire de la philosophie médiévale [microform]Chapitre 12 sur 223 · I. — LCKilQUE · texte numérisé non relu

I. — LCKilQUE

33. Notion. — Aristote est le créateur de la logique ou de r « analytique » de l'esprit. Renchérissant sur Socrate et sur Platon, qui n'avaient approfondi que l'élaboration des concepts généraux, Aristote a fixé Yensemhle des lois que doit suivre Vesprit huviaiii pour acquérir la science. Son point de vue est avant tout méthodologique, et bien que la logique, dans l'économie de son système, ait d'étroites attaches avec la psychologie et la métaphysique, elle joue surtout le rôle d'un instrument du savoir : elle ^^q la science dans sa forme, abstraction faite de

son contenu.

Qu'est-ce que savoir f Connaître ce qu'est une chose , son

essence ; se rendre compte des causes de sa réalité. La démonstration sciejitifique, et le syllogisme qui est à sa base, nous apprennent à découvrir l'essence des choses et leurs causes : voilà pourquoi ils constituent le pivot de la logique d'Aristote, et font l'objet de son principal traité, les Aitalytiques. Mais l'un et l'autre de ces deux processus de l'esprit supposent une étude des opérations élémentaires en lesquelles ils se résolvent : le concept et le jugement.

ARISTOTE

34. Concept et jugement. — Le concept représente les choses sous des déterminations abstraites et générales^ les unes propres à une seule espèce de ci oses, les autres communes à diverses espèces d'un même genre. La logique s'occupe du concept pour autant qu'il devient élément d'un jugement. Aussi, quand Aristote transpose dans sa logique la classification des êtres en Catégories, il entend par là, non point des classes de choses telles qu'elles existent en dehors de nous (38), mais des classes de concepts objectifs, en tant qu'ils sont susceptibles d'être prédicat ou sujet du jugement. Les Post-prédicaments sont une ajoute de l'école aristotélicienne.

Le jugement ou renonciation (àirocpàvcriç) résulte de l'union de deux concepts, dont l'un est affirmé (prédicat) de l'autre (sujet). Le Traité de V interprétation étudie la qualité des jugements (affirmation, négation), leur quantité (universalité, particularité), leur modalité (nécessité, possibilité, contingence).

35. Syllogistique. — C'est principalement la syllogistique qui préoccupe Aristote {Premières Analytiques). Le premier, il décrit ce procédé par lequel Tesprit humain, n'apercevant pas immédiatement le rapport entre deux concepts, termes d'un jugement, les compare successivement à un terme moyen. Le syllogisme est un raisonnement dans lequel, certaines choses étant posées (prémisses), une autre chose en résulte nécessairement (conclusion). Rattacher les idées les unes aux autres, en déduisant le moins général du plus général, coordonner et subordonner les notions de l'esprit suivant leur degré d'universalité, tel est le processus mental qui conduit à la science. Le syllogisme fait voir que le prédicat de la conclusion est enveloppé dans la compréhension d'une tierce idée, qui embrasse dans son extension le sujet de la conclusion. Les règles du syllogisme, leurs figures et leurs modes sont exposés avec une sîireté et une précision telles que la postérité n'a pas eu à retoucher les leçons du Stagirite. L'induction, opposée au syllogisme, est un procédé qui va du particulier, c'est-à-dire de l'observation des faits, au général, c'est-àdire à l'abstraction de l'essence ou du type qui se révèle dans les

non sujette au mouvement et considérée, par abstraction, à part de la matière (tt. ciKivriTa juèv où xwpiaià 5'ïaujç, àW wq èv uXr)). — 3° La 7nétaphysique, appelée théologie ou philosophie première^ ou l'étude de l'être dans ses déterminations incorporelles (par abstraction ou par nature) et immobiles (tt. x^ipicrrà xai aKÎvnTa).

La philosophie pratique comprend \ éthique, M économique et la politique j la seconde se rangeant souvent avec la troisième.

Il est difficile de faire rentrer les traités mêmes du Stagirite dans cette classification, à raison du désordre dans lequel plusieurs sont arrivés jusqu'à nous. D'ailleurs elle ne fait pas place à la Logique^ le vestibulum de la philosophie, qu'Aristote a longuement étudiée. Nous reprendrons la division indiquée, en y ajoutant comme préliminaire la logique.

Page 1