R. DE MIDDLETON
1284, auteur de q. disputatae ; Nicolas Ockam, lecteur à Oxford (comment, sur les Sentences) '), Jean de Persora ; Hugo de Petragoris ; Roger Marston dont il sera parlé ailleurs (Chap. V), Alexandre d'Alexandrie (général de l'ordre f 1314» rédige sous forme de compendium les commentaires de S. Bonaventure sur les sentences, auteur des qiiàest. disputatae, de commentaires sur la Métaphysique, publiés en 1572 sous le nom d'A. de Halès), et surtout Richard
de Middleton.
Vers 1281, Richard de Middleton (de Mediavilla) est titulaire de la chaire des Franciscains et commente le maître des Sentences. En 1283, il est cité parmi les juges de P. de J. Olivi. Dans la liste de ses ouvrages figurent trois Quodlibeta, des commentaires sur les Sentences et des quaestiones disputatae de grande valeur. Ces dernières, sauf une, sont inédites. Richard est un fidèle disciple de Bonaventure, mais sur certains points il suit la doctrine thomiste. Partisan de la création temporelle du monde, de l'identité de 1 ame et de ses facultés, de la pluralité des formes ^), il rejette la doctrine des rationes séminales, hésite sur la composition hylémorphique des substances spirituelles, nie en s'appuyant sur des arguments peu nets la distinction réelle de l'essence et de l'existence, et n'interprète pas autrement que Bonaventure et Thomas la théorie augustinienne des rationes aeternae '). Son autorité fut grande dans l'ordre franciscain, dont il fut le maître le plus considéré pendant les années qui séparent Bonaventure de Duns Scot : ses disciples lui donnèrent les titres de doctor soliduSy fundatissimus .
A la fin du xiif s. et au xiv' s., les Commentaires de Bona-
■) Daniels, op. cit., en donne courts extr., p, 82; Little. The GreyFriars in Oxford, p. 158. — ') Comme la plupart des partisans de la pluralité des formes, il admet wnQfonfia completiva, qui n'est pas seulement principe d'une perfection propre, mais en outre complète intrinsèquement les autres formes, dans leur être et dans leur causalité. De graduformaruvi, cod. 15962 lat. Pans Nationale. Cf. notre étude sur Gilles de Lessines (Chap. VI). — ') A en juger par les extraits de la « questio disputata » publiée dans le de hum. cognit. rat. etc., pp. 220 et suiv.
388 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE AU XIIl' SIÈCLE.
venture sur les Sentences furent l'objet de travaux exégétiques nombreux dans les diverses branches de l'ordre franciscain ; — les éditeurs de Quaracchi relèvent les noms de sept théologiensphilosophes don^ l'exégèse demeure inédite et de vingt-trois dont elle est imprimée'). Mais le succès du scotisme ralentit et finalement interrompit dans l'ordre l'étude bonaventurienne.
296. BibUographie. Ehrle, Das Studiuvi d. Handschriften etc., (no 243) ; Dissertatio de scriptis de S. Bonaventure, ds t. X édii. QuAracchi, et Dehnmanae cognit ratione. etc. Prolegomena (n^ 292). Mathaeus ab Aquasparta, Ouaestiones disputatae selectae, T. I. Quaestiones de fide et de cognitione (Quaracchi, 1903) ; édit. critique. Longs extr. du i«r Livre des Sentences de M. ab Aquasparta'chez Daniels, ^AaV.,p. 51 et suiv. Grabmann,D/.//»7o5o///. undthcobg. ErkenntnissUhre d. Kard. Matthaeus von Aquasparta, Wien, 1906 (ds Theolog. Studien d. Leo-Gesellschaft de Ehrhard u. Schindler). Chez DaxNIELS, longs extr. des Sentences de G. de Ware, et extr. du L. I des Sentences de Peckham. — Fr. J. Pecham quondam arch. Cantiiariensis tractatus très de paupertate, cum bibliogr. ediderunt Kingsford, Little, Tocco, Aberdeen, 1910. In-S^ vm-198 p. a) tractatus pauperis contra insipientem norellarum haeresium confictorem etc. (extraits). ^; tract, contra R. Kihvardby. c) Defensio fratrum mendicantium, (British Society of franciscan Studies, t. II). Kingsford, excellent art. sur Peckham, ds Dictionary of national bibliography, t. XLIV, p. 190-197- On prépare à Quaracchi la publicat. des quaestiones disputatae deR. deMiddleton. Les quodlibeta et le comment, des Sentences de ce dernier ont été édités plusieurs fois au XVI« s. On a retrouvé les Quo dlihet ^OWm^n 1878 (Bibl. Borghèse). Controverse sur le sens de la définition du Concile de Vienne entre Palmieri (Anthropologia,\%']^)^\. Zighar^i fDe viente concilii Viennensis, i^^s), Palmieri CAnimadversationes in recens opus de mente concilii ViennensisJ. La question a été tranchée par Ehrle, Olivi's Leben und Schriften (Arch. f. Litt. u. Kirchengesch. d. Mittelalt. 111, 409, 188?) ; Zur Vorgeschichte des Concils von Vienne (ibid. II, p. 353, 1886, 111, p. 1. 1887) ; Ein Bruchstiick d. Acten des Concils von Vie7ine (ibid.im, p. 361) /b. Jansen, 2:>ie Définition d. Koncils von Vienne (Zeitsch. f. kath. Theol., IQ08, 288, 471)- Résumé état de question.
§ 5. — Les maîtres dominicains.