‹ Histoire de la philosophie médiévale [microform]Chapitre 159 sur 223 · La Philosophie byzantine. — La philosophie · texte numérisé non relu

La Philosophie byzantine. — La philosophie

byzantine au xiv^ s., et jusqu'à hi chute de l'empire grec en 1453, ne secoue pas sa léthargie séculaire. Elle continue avant tout de commenter, sans originalité, les deux grands penseurs qui alimentent ses controverses. Grégoire Palamas '), archevêque de Thessalonique (vers 1347), souscrit à des solutions platoniciennes dans son TTpocTujTTOTroua, qu'on peut appeler un réquisitoire de lame contre le corps, suivi d'une défense présentée par ce dernier. De même, Nicéphore Gregoras se déclare hautement pour Platon. Au contraire^ l'empereur Jean VI Cantacuzène prône vigoureusement Aristote et paraphrase les premiers livres de l'Ethique à Nicomaque. Théodore Metochita et Sophonias commentent d'autres traités aristotéliciens. Un personnage non moins remarquable de ce^ temps, Nicolas Cabasilas, écrit une réfutation des Hypotyposes Pyrrhonieimes de Sextus Empiricus qui, depuis le v^ s., sous l'influence des idées chrétiennes, avaient disparu de la circulation littéraire. Tous ces théologiens et ces

') d'Argeni'RÉ, ^Z». cit., I, 322 rapporte de lui pour l'année 1330 : « lumen quoddam increatum et coaeternum Deo commentus est, quod quidem nostris oculis aspectabile esset. Praelerea, ipsas virtutes Dei ab essentia rêvera distinctas esse dicebat ». D'Argeniré rapproche la seconde erreur de celles de Gilbert de la Porrée et de Jean de Briscain.

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philosophes ont contribué en même temps à la renaissance byzantine des lettres anciennes.

Malgré les rapports de plus en plus nombreux entre Byzanco et l'Occident, la philosophie byzantine n'a jamais reçu de la philosophie occidentale autant de services qu'elle lui en a rendus. Enregistrons néanmoins quelques traductions du latin en grec, qui perpétuent le mouvement inauguré par Maxime Planudes (p. 294). Vers 1350, le moine Grégoire Akindynos reproduit presque littéralement la Somme contre les Gentils dans son traité Tiepi ou Tiaç xai èvepYtiaç. Georgius Scholarius (Gennadius, t vers 1464), traduit les Summulae de P. Hispanus, le de sex principiis de G. de la Porrée et des traités de S. Thomas ; Demetrius Kydones traduit la Somme contre les Gentils (1335), la Somme ïhéologique et divers opuscules ; Prochore fait une version du de mundi aeteniitate.

383. Philosophie juive. — Pendant la première moitié du xive s., les juifs établis au sud de la France continuent de traduire Averroës de l'arabe en hébreu. Calonyme d'Arles, Samuel BEN-JuDA-BEN Meschullam de Marseille, Todros ToDROSi d'Arles sont les principaux traducteurs de cette nou velle série. Il y eut aussi des versions du latin en hébreu de traités scolastiques d'Albert le Grand, de Thomas d'Aquin, de Gilles de Rome '). Levi ben Gerson (né vers 1288) et Moïse DE Narbonne sont les philosophes principaux de l'école provençale. Auteurs de commentaires d'Averroès et de traités personnels, ils accentuent la tendance rationaliste inaugurée par Maimonide. C'est ainsi que Levi ben Gerson admet sans détours l'éternité du monde ^). ^

384 Philosophie occidentale. — La philosophie occidentale demeure le mouvement d'idées le plus important. Comme à la période précédente, étudions successivement :

') Rexax, op. cit., pp. 190 et suiv. — ') De Levi ben Gerson, Renan écrit : « Pour quelques parties, sa glose devint inséparable du texte d' Averroës, comme le Commentaire d'Averroès lui-même l'était devenu du texte d'Aristote », op. cit., p. 193.

décadence de la philosophie scoLASTiguE. 507

L Les philosophies scolastiques (Chapitre II)

IL Les philosophies non scolastiques (Chapitre III)

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