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Décadence de la philosophie scolastique. — La

décadence de la scohistique suit de près son apogée. Les causes qui doivent miner son influence historique exercent sur elle une corrosion lente, mais ininterrompue. Elles sont imputables aux générations nouvelles qui n'ont pas su soutenir l'œuvre des grands penseurs du xilP s.

Ces causes sont d'ordre général : l'insuffisance des philosophes ; le relâchement des études ; les envahissements progressifs des philosophies antiscolastiques.

L Lmsiiffisance des scolastiques. i) Le manqiœ d'originalité est le premier symptôme d'épuisement. A partir du xiv^ s., le nombre de ceux qui s'occupent de philosophie croît dans d'énormes proportions '). Les universités se multiplient et facilitent l'accès des études philosophiques (II) ; des ordres entiers s'engagent dans la mêlée des controverses. Mais cette légion de philosophes s'in-

') En 1406, la Faculté des Arts de Paris compte à elle seule plus de mille magistri eide dix mille membres (stipposita) Chirt., t. III, p. 604.

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corporent dans quelque grande école '). Au lieu de penser par eux-mêmes, ils réduisent leur travail au commentaire de la pensée d'autrui. C'est l'époque des compendium ; c'est aussi l'époque des œuvres apocryphes, beaucoup de ces compendium étant attribués au docteur compilé et non au compilateur.

A mesure que les écoles se multiplient, les individualités se font plus rares. Le xiip s. est un siècle de personnalités ; le xiv^ et le y.w s. sont des siècles de pensée impersonnelle. En dehors du « terminisme », on peut dire que la scolastique postérieure au XllF s. n'a pas trouvé de nouveaux modes de spéculation. Un phénomène similaire se produit dans l'évolution de l'architecture gothique : après le xiv« s. elle ne trouve plus d'inspirations nouvelles, c'est le règne des « formules » et des répliques. ^ Cependant il convient de signaler que la doctrine scolastique s'amplifie dans une direction spéciale, où le xiiF s. s'était timidement engagé : à mesure que le commerce s'active, on s'occupe davantage des questions qui intéressent la vie économique. Le Xive s. produit des traités sur l'usure, sur les rentes, sur la monnaie, et ce sont principalement les terministes qui tiennent la tète du mouvement^).

2) \J altération de la synthèse doctrinale. La nouvelle systématisation que propose G. d'Occam, s'allie mal, en plus d'un point, avec la synthèse scolastique, sans cependant être en contradiction avec ses principes organiques. Elle accuse une faiblesse de structure, un manque d'harmonie dans l'ensemble. Les querelles passionnées du terminisme, du scotisme et du thomisme ont contribué, elles aussi, à troubler l'économie de la scolastique. Et l'on peut dire la même chose des sottes discussions dialectiques que certains milieux mirent à la mode (50). A mesure qu'on avance dans le temps, la doctrine qui fît la force de la philosophie du xiip s. s'altère.

3) Plus funestes encore que les innovations maladroites furent

•) L'usage de donner des titres honorifiques aux philosophes théologiens se généralise au xv s. - ') Brants, op, cit., pp. 14 et suiv.

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