DENYS LE CHARTREUX. GERSON
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et de mettre en valeur les opinions de S.Thomas, et de les défendre contre les objections « d'Aureolus, de Scot, de Durand, de Jean de la Rive, de Henri de Gand, de Warron, d'Adam et d'autres adversaires de S. Thomas » '). Aussi le traité de Capreolus constitue un répertoire documenté de la doctrine thomiste, mise en regard du scotisme et de l'occamisme, et on peut dire une encyclopédie des controverses scolastiques des deux derniers siècles. Malheureusement, l'œuvre de Capreolus est déjà entachée de certains défauts de méthode de la scolastique décadente.
AntonIxV DE Florence (1389-1459) se fit dominicain en 1406 et devint évèque de Florence en 1446. Son œuvre principale, une Sicmma théologien, aborde d'importantes questions de droit social (p. ex. la richesse, les facteurs de la production, la valeur, le prix, la monnaie, la propriété, le contrat de travail), politique (p. ex. la prudeiitia regnativa, de dominis temporalibus, le droit de guerre) et familial (p. ex. l'éducation). L'auteur les traite avant tout au point de vue de la morale générale ; toutefois il fournit de précieuses données pour l'histoire des théories économiques et sociales du xiv^ et du xv^ s. Thomiste convaincu (il dit de S. Thomas dans son Prologue : quem omnibus propono), Antonin de Florence a su appliquer à des domaines nouveaux les principes posés par le maître.
411. Denys le Chartreux. Gerson.— Écrivain mystique de grand renom, Denys le Chartreux peut être rangé parmi les thomistes, et il est le philosophe scolastique le plus remarquable des Pays-Bas au xv« s. Né à Ryckel (Limbourg) en 1402, il reçut sa première éducation à St-Trond, conquit le titre de maître es arts à l'Université de Cologne, entra dans la chartreuse de Ruremonde en 1423, et mourut en 1471.
Les commentaires sur les sentences et sur le de co?isolatio?ie de Boèce, la Summa fidei catholicae, le Compendium philosophiciim et theologiciim, le Dialogion defide catholica sont ses principales productions philosophico-théologiques. Elles constituent de vrais
manuels scolastiques, sobres et précis, 011 l'auteur a, de parti pris, évité les controverses subtiles qui encombraient la scolastique de son temps '). Denys est un thomiste fer^^ent. On peut s'en convaincre, en jetant un coup d'œil sur la Summa fidei orthodoxae ( L. I-III), que lui-même appelle jnedulla opernm S. Thomae, et dans laquelle il suit pas à pas les matières traitées par la Som7?ie théologique. Sur quelques points spéciaux cependant, il s'écarte du thomisme ; c'est ainsi que dans son commentaire du livre des sentences, il avertit qu'il a changé d'avis sur la question des rapports de l'essence et de l'existence, et qu'après avoir défendu la distinction réelle (thèse magistrale à Cologne), il s'est rangé depuis contre cette opinion.
Il semble qu'il faille aussi rattacher au thomisme du xv^ s. un antre mystique dont l'œuvre philosophique est peu connue et qu'on range parfois parmi les terministes : Jean Gerson (415), chancelier de Paris. Placé au cœur des mêlées philosophiques, Gerson n'eût pu se désintéresser des débats entre scolastiques. Dans deux ouvrages, Centilogium de conceptibus , de inodis significandi^ et le de concordantia metaphysicae cum logica, il mène campagne contre le formalisme scotiste qu'il suspecte de panthéisme.
412. Bibliographie. — Ouodliheta undechn^ etc. de Hervé de Nédellec, Venise, 1513. Contient aussi d'autres traités de Hervé : de heatitudine,' de verho, de eternitate mundi . de mater ia celi, de relationibiis, de unitate formarum, de virtutibu^, de motu angeli, édit. rare. Une partie du de unitateformunim, que les anciens éditeurs d'Alemannus (v. p. 1.) attribuaient à S. Thomas, et qui est contenue in extenso ds l'édit. de 1513, est réimprimée par Ehrle, en appendices aux: œuvres à!Alaniinnus. t. III, pp. 523-582 (Paris, 1894.). Lire Prolégomènes de Pars 2. — Oans les Beitr. Gesch. Phil. Mittelalt., Krebs fera paraître une étude sur Hervé de Nédellec, avec des extraits de sa Defensio doctrimie S. Thomae Aqitin., et de son traité de cognitione primi principii. J, Jel- LOUSCHEK, Verteidigung d. M'ôglichkeit einer anfanglosen WeltschÔpfung durch Herveiis Natalis, Joannes a Neupoli, Greg. Ariininensis und Joannes Capreolus (Jahrb. Phil. u. spek. Theol. içn). - Édit. des œuvres de Capreolus en 1483, 1514, 15 19. Nouv. édit. des Defensiones theologicae, par Paban et Pègues, Tours. Sept vol. 1900 à 1908 ; La biographie de J. Capreolus (R. Thomiste,
') Proœmium.
*) « Impertinentes subtilitates vitare propono. » In psalmos, Proœmium.