L'attitude des hommes de science. Conclusion
— Devant des fautes si étranges, les hommes de science eurent la raillerie facile : ils rendirent la philosophie scolastique responsable des égarements de la science et jetèrent sur l'une et l'autre un même discrédit.
Le malentendu était inévitable ; il perdure encore. Les hommes de science ont voulu abattre un chêne encore puissant,
•) L'arrêt ordonnait « que le dit Aristote sera toujours suivi et enseigné par les dits professeurs et regens de la dite Université, sans que pour ce ilssoient obligez de le lire ni sçavoir son sentiment ; et sur le fond de sa doctrine les renvoyé à leurs cahiers ». Puis entrant dans les détails il parlait du cœur, des nerfs, du chyle, du foie, du sang, remettait « les entitez, identitez, petreitez. polycarpeitez et autres formules scotistes en leur bonne famé et renommée », réintégrait « le feu dans la plus haute région de l'air, suivant et conformément aux descentes faites sur les lieux », reléguait « les comètes au concave de la lune avec défense d'en jamais sortir pour aller espionner ce qui se fait dans les cieux », cité par Féret, L'arisiotélisme et le cartésianisme, ds Ann. Philos, chrét., 1903, pp. 16 et 17. -')Édit. partielle, Paris, 1861 ;édit. complète Orvieto 1859-1860. - A. Bellanger, De A. GoudÎJi philosophia. Thèse faculté Poitiers, 1905. — 0 Trad. frçse par Th..Bourard, Paris, 1865.
6l6 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE DU XV^ AU XVIl'^ SIÈCLE.
parce qu'il portait du bois mort dans sa couronne ; les aristotéliciens ont cru qu'on ne pouvait toucher à l'arbre séculaire, et qu'en le dépouillant d'une branche desséchée, on lui ôtait la vie. La scolastique est tombée faute d'hommes, mais non faute d'idées.
492. Bibliographie. - Monchamp, Histoire du cartésianisme en Belgique Bruxelles, 1886 ; et : Galilée et la Belgique. Essai historique sur les vicissitudes du système de Copernic en Belgique, Bruxelles. 1892. Féret, Uaristotélisme et le cartésianisme dans l'Université de Paris au XVII- s. (Annales de Philos, chrét. avril 1903). PiCAVET, Galilée, destructeur de la scolastique et fondateur de la philosophie scientifique (ds Conférences de société d'études ital. de G. Guenard, 1895 pp. 116-130). Titre trompeur. De Wulf, Hist. de la philos, en Belgique, pp. 235 et suiv. ; Introd. à la p'Ulos. néo-scolastiquc, § 19. Proost, U enseignement philosophique des (bénédictins de Saint- Vaast à Douai à la fin du XVin<^ s. (Revue bénédict., janvier 1900).
aBRÉYIATIOXS : P. L. -. Patrologie latine de Migne. Beitr. Gesch. Philos. Mitt. ^ Beitràge zur Geschichte der Philosophie des Mittelalters, collection éditée par Baeumker. V. p. 1. = Voir plus loin.
Not. et extr. qq. man. lat. = Notices et extraits de quelques manuscrits latins de la Bibliothèque nationale.
R. des se phil. et th. :.= Revue des sciences philosophiques et théoîogiques Jahrb. Ph.l. spekul. Theol = Jahrbuch fur Philosophie und spekulative Théologie.
Phil. Jahrb. -= Philosophisches Jahrbuch. Chart. = Chartularium Universitatis Parisiensis.