‹ Histoire de la philosophie médiévale [microform]Chapitre 22 sur 223 · V. — PHILOSOPHIE PRATIQUE · texte numérisé non relu

V. — PHILOSOPHIE PRATIQUE

53. Éthique. — La philosophie pratique subordonne la connaissance à la direction de la conduite. Sous le nom de Politique, Aristote entend en général la science de l'ordre à établir dans nos actes. Mais il distingue l'Éthique et la Politique

proprement dite.

L'éthique a pour objet l'étude des actes de l'individu dans leur rapport avec la fm dernière. Que l'activité humaine tende vers une fin dernière, cette thèse n'est qu'une application de la loi de la finalité (42). Or, la fin de l'homme consiste dans l'exercice harmonieux de toutes ses facultés (y compris les

facultés sensibles), et formellement, dans le déploiement de ses activités les plus élevées, les activités intellectives. La possession de la fin constitue le bonheur; et comme la vertu n'est que l'exercice bien approprié d'une activité, la fin de l'homme s'appelle tantôt la vertu, tantôt le bonheur.

De même qu'il y a une raison théorique et une raison pratique, de même il y a une double série de vertus, les verttis dianoétiqties , les plus élevées, les vertiis morales subordonnées, mais non moins essentielles au bonheur. Il est d'autres éléments du bonheur, tels la fortune, le plaisir, mais ils sont secondaires. La morale d'Aristote est un eudémonisme rationnel.

Les vertus morales forment l'objet propre de l'éthique. Elles sont définies : une disposition de la volonté à suivre les jugements de la raison qui nous indiquent quel est, entre des tendances opposées de notre nature, le juste milieu qu'il convient de garder. Dans sa psychologie, Aristote admet la liberté, sans s'étendre sur les difficultés que cette notion soulève. Il ne scrute pas davantage cette idée en éthique ; par contre, il se livre à une étude détaillée de plusieurs vertus morales particulières, notamment de l'amour (cpiXia) et de l'amitié, fondements de la famille et de la société.

^ 54. Politique. — La politique est l'étude des actes sociaux. L'homme est naturellement social (cpùaei ttoXitikôv Ziujov) et la forme parfaite de la société est l'État. Assurer le bonheur du citoyen dans la société et, de ce chef, élever le peuple dans la pratique de la vertu, qui seule conduit au bonheur, telle est la mission de l'État. Quant à la forme de l'État, la meilleure n'est pas nécessairement la république (Platon), mais celle qui convient le mieux au caractère et aux besoins du peuple — ce qui n'empêche pas Aristote de trouver l'idéal absolu de l'État dans la forme aristocratique.

La famille est un élément de l'État ; elle comprend les relations de l'homme et de la femme, des parents et des enfants, du maitre et du serviteur. La femme est la libre compagne de l'homme, mais est soumise à son autorité ; l'enfant n'a aucun droit vis-à-vis du père dont il est partie; l'esclavage Qst nécessaire et légitime.

ARISTOTE

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