‹ Histoire de la philosophie médiévale [microform]Chapitre 23 sur 223 · VI. — POÉTIQUE · texte numérisé non relu

VI. — POÉTIQUE

55. Le beau et l'art. — La science poétique a pour objet la production des choses extérieures et notamment des œuvres d'art. Aristote a étudié le beau et les beaux-arts, principalement

l'art poétique.

Comme Platon, il recherche le beau dans les éléments objectifs de l'ordre : « le beau consiste dans l'ordre uni à la grandeur » ; ontologiquement, il est identique au bien, au bien moral surtout. L'art est une imitation - non d'une ombre, comme dit Platon — mais de la réalité, de l'essence interne des choses. Aristote accentue la portée morale de l'art, et c'est en tenant compte de cette idée qu'on comprend le mieux son obscure théorie de la Kàeapmç dans la définition de la tragédie. En inspirant au théâtre la terreur et la pitié, le drame étouffe dans l'âme du spectateur les passions désordonnées dont la mise en scène provoque ces sentiments ; à ce titre, le drame est une purification morale.

L'esthétique d'Aristote ne diffère point de cellle de Platon, dans dans ses principes fondamentaux ; les divergences qui séparent le disciple du maître proviennent de ce que leur système philosophique général a déteint sur leur esthétique.

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