‹ Histoire de la philosophie médiévale [microform]Chapitre 26 sur 223 · Physique stoïcienne. — Quatre idées résument la · texte numérisé non relu

Physique stoïcienne. — Quatre idées résument la

physique stoïcienne :

10 U matérialisme. Les êtres corporels sont les seuls êtres réels Par corps, il faut entendre non seulement les substances corporelles, mais les propriétés, même les connaissances, les sentiments, les vertus qui affectent les substances. Cependant, en contradiction à ce principe, les stoïciens enseignent l'existence de certaines choses incorporelles, parmi lesquelles figure le X€ktov ou l'objet de nos représentations générales (60).

Puisque les propriétés des choses se réduisent à de la matière, et que néanmoins elles sont distinctes de la substance où elles apparaissent, les particules matérielles se compénètrent dans un même lieu. C'est la Kpâffiç h\ ôXiuv ').

2" Le dynamisme (8). Le principe de force interne qui habite la matière est l'air chaud (Trv€Ûna), souvent identifié à la chaleur ou au feu. Les tensions diverses (xôvoç) de ce itveÙMa expliquent l'apparition des propriétés et des états des corps (Heraclite).

30 Le monisme. Le uveùna est unique. Toutes les activités

■■) Les stoïciens ont repris bon nombre de problèmes de lopue lormelk tra tés par Aristote, notamment la matière des catégories et des syllogismes. Sat Ivoîr grande vdeur intrinsèque, leur logique n'en est pas moms or.gmale lue est lout entière conce^tualUte.-'^ Les stoïciens ont créé une termmologie philosophique remarquable.

jaillissent en dernière analyse d'une cause suprême et parfaite dont l'unité d'action peut seule expliquer la beauté, l'harmonie' la finalité du monde. Dieu est air, chaleur, feu ; il est aussi mtelligence, bonté, âme du monde. Réunissant les attributs physiques et intellectuels, on peut dire que Dieu est l'intelligence ignee du monde. Et comme la force (jtveÛMa) est un principe interne de la matière (2'), et matérielle elle-même (i»), Dieu est à la fois matière originelle et principe dynamique de toutes choses Les êtres de la nature ne sont que des coulées de la matière divine des effluves du souffle divin. '

Pour désigner cette force plastique du Trv€ÛMa suprême les stoïciens l'appellent Xôtoç airepMar.KÔç, l'idée génératrice, tout comme ,1s appellent Xôto. OTrepuariKoC, raisons séminales les forces particulières des divers corps et notamment celle qui est inhérente à l'âme humaine.

A" Le- détetmùiisvie cosmiçue est une conséquence du monisme dynamiste. Le monde est un système fermé de phénomènes enchaînés les uns aux autres, et qui représentent chacun un stade déterminé de l'évolution divine. Dieu se développe nécessairement, suivant sa nature : cette absolue nécessité de chaque stade de son devenir est la fatalité (eiMapnévn). Dieu la connaît car 11 est providence, mais il la subit. Les stoïciens ont vainement tente de concilier avec cette théorie l'existence du mal physique et moral. r j 1

60. Applications à la psychologie. - Avant de connaître actuellement, l'âme ressemble à un feuillet blanc sur lequel aucun caractère n'est tracé. La sensation est le principe de toute connaissance. De la sensation naît le souvenir ; de souvenirs multiplies naît l'expérience ; de raisonnements sur l'expérience naissent les concepts par lesquels nous franchissons le domaine de l'expérience ; de la combinaison des concepts naît la science Ainsi la pensée n'est qu'une sensation élaborée, une sensation collective. Entre la chose réelle (ruTxdvov) et le mot (<pu,vai annaivov) se place l'objet de nos idées générales (Xcktôv) Les stoïciens défendent contre les sceptiques l'existence de la

Page 1