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Les écrivains du V^ siècle. Le Pseudo-Denys

A partir du v^ siècle, la philosophie patristique perd de sa vigueur. On retrouve l'influence du néo-platonisme, dans une mesure

') Parmi les autres écrivains du iv« siècle, moins directement mêlés à la polémique, mentionnons S. Jérôme (f 419), auteur de la Vulgate, du liber de viris illustribus, d'une traduction de la chronique d'Eusèbe. Ses lettres firent les délices des clercs du mo)^enâge, et son histoire littéraire resta pendant de longs siècles le modèle des annalistes et chroniqueurs. Rufin (vers 346-410) qui fut d'abord l'ami de S. Jérôme, plus tard s'aliéna son amitié à cause de ses opinions origénistes, traduisit un grand nombre d'œuvres grecques en latin, notamment l'histoire ecclésiastique d'Eusèbe, des homélies, et le irepi àpxûjv d'Origène. II écrivit aussi des traités originaux en latin. — *) Sous le nom de Grégoire de Nysse. — ^) Domanski, Die Psychologie des Nemesius (dans Beitr. z. Gesch. d. Phil., d. Mitt., III, i). Munster, 1900. Un traité irepi n;uxr|ç, imprimé parmi les œuvres de Grégoire le Thaumaturge (disciple d'Origène), ne serait qu'une compilation de Némésius rédigée entre le v« et vu» siècle par un inconnu, qui aurait peut-être utilisé un fragment de Grégoire. Cf. J. Lebreton, dans Bulletin Littér. ecclésiast., mars 1906, p. 73-83.

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PSEUDO-DENYS L AEOPAGITE.

OÙ il se concilie difficilement avec le christianisme, chez Synésios de Cyrène (vers 370 — 413)- A Procope de Gaza on attribue — peut-être à tort — un traité qui combat la aïoixeîujaiç GeoXoYiKi'T de Proclus. Au point de vue de l'histoire générale des idées, un seul homme émerge dans la littérature orientale de cette période : c'est l'auteur faussement connu sous le nom de S. Denys TAéropagite, disciple de S. Paul. De longues controverses se sont élevées sur cette personnalité. Il semble qu'il faille localiser ses écrits à la fin du v^ ou au début du vi^ siècle. Ils n'apparaissent pas avant l'époque de la grande conférence religieuse de Constantinople en 5 3 3 , et Hypate d'Ephèse les déclara apocryphes. Par contre le pape Martin I soutint leur authenticité et les introduisit en Occident. Les traités du pseudo-Denys sur les jioms divi?is, la théologie mystique, la hiérarchie céleste, la hiérarchie ecclésiastique, ont inspiré la mystique et la scolastique jusqu'à la Renaissance. Ils contiennent une conception systématique du culte chrétien, basée sur l'allégorie. Un des premiers admirateurs et imitateurs du pseudo-Denys fut Maxime le Confesseur (vers 580-662).

La philosophie du pseudo-Denys a pour, pivot Dieu et l'union mystique.

Dieu, en lui-inême, a toutes les perfections des créatures. Il est bonté, beauté, force, unité (traité des noms divins). Mais à raison de sa transcendance (traité de la théologie mystique), il est à un certain point ineffable, obscur, non-être (Plotin).

Dieu, principe des choses, est avant tout bonté et amour. Les autres êtres sont des effusions de sa bonté (processiones divinœ), comme la lumière est une effusion du soleil (Platon, Plotin) ; ils sont l'objet de sa providence. Entre l'homme et Dieu, se place une hiérarchie d'esprits célestes (traité de la hiérarchie céleste) dont la hiérarchie ecclésiastique est le décalque (traité de la hiérarchie ecclésiastique).

Dieu, j^;7 des choses, attire tout vers lui. Le bien après être descendu dans la créature, remonte à son point de départ. La déification, qui réalise ce retour, s'étend aux êtres inorganiques

et organiques, toutes choses portant en elles un appétit du divin. En ce qui concerne l'homme, ce retour vers Dieu se réalise par le ravissement de la connaissance et le délire de l'amour, sous leurs formes variées.

De nombreux parallèles ont montré ') que le pseudo-Denys s'est principalement inspiré de Proclus, non seulement dans une foule de doctrines particulières, mais encore dans sa terminologie et ses formules. De même, sa mystique reproduit la symbolique, les allégories, les états et les voies mystiques des alexandrins, leur théorie de la prière, et du caractère divin de l'extase « où le semblable est connu par le semblable ». Malgré ces emprunts, la philosophie du pseudo-Denys est théiste et non panthéiste, car elle affirme la distinction substantielle de Dieu et de la créature ; sa mystique est chrétienne^ car elle est basée sur la grâce. Il n'en est pas moins vrai que les termes obscurs et exaltés dont se sert l'auteur peuvent s'interpréter dans le sens du panthéisme ou de l'individualisme^). Au moyen âge ils donnent le change, et le mysticisme hétérodoxe, aussi bien que le mysticisme orthodoxe, s'autorise du pseudo-Denys (v. plus loin le mysticisme médiéval).

Par leur race, leur mode de penser et leur influence, les philosophes postérieurs au v^ s. appartiennent à l'époque médiévale.

') H. KocH, Pscudo-Dionysius Arcopacrita in seinen Bcziehungen zum Xeupiatpnismus iind Mystericnives,cn (Mainz, 1900). Sur la question dionysienne, voir en outre J. Sïigl:mayr. Das Aiifkommen dey pseii.dO'dion\'sischcn Schrifte u, ihr Eindrin^en in die christ liche Litcratur bis ziun Latcrankoncil (Feldkirch, 1895) ; Der Ncupiato7iihcr Proklus ah Vorlage des sogenannten D. Areopai^ita in der Lehre vom 6^^?^£'/(Historisches Jahrb. 1895); Otto Siebert, Die Metaphysik u. Etliik d. Pseudo-Dionysiiis Areop. (Jena, 1894). — *) KocH, Op, cit., p. 194.

LA PHILOSOPHIE MEDIEVALE.

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