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SOURCES ANCIENNES ET MODERNES

Aux divisions de la philosophie occidentale se rattachera rhistoire de la pensée byzantine et orientale. Pendant la première période, ces trois courants intellectuels se développent parallèlement dans une entière indépendance ; Paris, Byzance, Bagdad sont trois centres d'études isolés l'un de l'autre : des sections distinctes seront consacrées à l'exposé de ces mouvements divers. Mais à partir du xiir' siècle, les trois courants se fusionnent : la philosophie occidentale puise dans l'infiltration des idées arabes et byzantines une vitalité nouvelle et durable ; par contre, la philosophie arabo-juive disparaît rapidement et la philosophie byzantine languit jusqu'à son extinction au xv® s. Voilà pourquoi, dans les trois dernières périodes, on traitera incidemment des philosophies byzantine, arabe et juive, sans leur consacrer des sections spéciales.

Enfin, il n'y a pas lieu de tenir compte, en Occident, d'un principe de classification géographique, la philosophie étant internationale, comme toute la culture scientifique et la civilisation du moyen âge.

119. BIBLIOGRAPHIE. — Pic.vvet, Le moyen âge. caractéristique théologique et philosofyhico-scientijique. Limites chronologiques. Dans Entre Camarades (Paris, 1901). Considérations très générales. — V. de nombreuses divisions de la philosophie dans les traités signalés.

§ 3. — Sources ajicienncs et modernes d'ordre géiiéral,

120. Les sources anciennes. — Les manuscrits philosophiques du moyen âge constituent évidemment la source primordiale d'une histoire philosophique. Ils sont disséminés, en très grand nombre, dans les fonds des bibliothèques européennes. Beaucoup sont inédits et même inconnus. L'histoire de la philosophie bénéficiera de la publication entreprise, un peu partout, des catalogues de manuscrits pour les diverses bibliothèques. D'autre part, la publication des textes inédits, la réédition critique, et surtout le travail d'attribution des œuvres, particulièrement délicat pour la philosophie du moyen âge, se poursuivent rigoureusement depuis quelques années. Il conviendrait de dresser la

bard à Albert le Grand ; 2) d'Albert le Grand à Durand ; 3) de Durand jusqu'à Lutlîjr. 11 n'y est pas question de philosophie byzantine, et il ne connaît les arabes que comme les inspirateurs de la scolastique (v. p. 107).

liste des iyicipit des manuscrits philosophiques du moyen âge.V, p. 1. Beaucoup d'œuvres sont anonymes ou d'attribution douteuse ; l'application des méthodes modernes de critique historique interne et externe peut seule conduire à des résultats certains.

En dehors des œuvres de philosophie, il faut, pour trouver d'autres documents, consulter les sour-ces générales de l'histoire des idées, le moyen âge n'ayant pas laissé des travaux consacrés ex professo à l'histoire de la philosophie. Ces sources sont très nombreuses et de valeur inégale. Ce sont, par exemple, les œuvres des annalistes anciens, continuateurs du deviris illuslribus de S. Jérôme (Isidore de Séville, Sigebert de Gembloux, Honoré d'Autun, etc.) et dont les renseignements ont été rassemblés par Trithemius au xv", Miraeus au xvii®, Fabricius au xviiF s. Ce sont surtout les histoires-biographies de tous les écrivains d'un ordre religieux : chaque ordre eut son ou ses annalistes; très souvent ils sont tentés de magnifier le passé, mais des compilations comme celle de Quetif- Echard, 5^;'///^;'^s Ordinis Praedicatorvm, Paris, 1719,2 vo1.,Wadding, Scriptores ord. minor. {ei le supplément de Sbaralea; se réédite à Rome, 2 vol. parus 1906-1908), ont une grande valeur historique. R. Coulon annonce une réédition de l'encyclopédie dominicaine. Scriptores ord. Praedicatorum. etc. cmendata, plurimis accessionihus aucta et ad hanc nostram aetatem perducta, curis et lahore Fr. R. Coulox (Paris, à partir de 1910). Continue d'abord l'œuvre depuis 1701 jusqu'à nos jours. Ce sont aussi les dictionnaires de biographies nationales, constitués par pays (parfois par provinces), comme V Histoire littéraire de Franccy commencée par lés Bénédictins de St-Maur au xviii® siècle. Les nombreux recueils de Scriptores Ecclesiae fournissent aussi des documents, à raison des liens qui ont uni la philosophie à la théologie.

Ces sources anciennes n'étant pas propres à la philosophie du moyen âge, nous renvoyons aux bibliographies modernes qui s'en occupent nous réservant toutefois de mentionner l'une ou l'autre de ces sources à propos d'une question spéciale. Les principaux ouvrages modernes de bibliographie générale sur le moyen âge sont : Ebert, Allgemeine Geschichte d. Litteratur d. Mit te lait ers im Ahe7îdla7ide{^ Bd. 1874-1887) ; Maxitius. Geschichte d. lat. IJltcratur d. MUtelalters. Erster Teil : von Justinian bis zum Mitte d. 10 Jahrh. (Munich, 191 1). La deuxième partie est annoncée pour 1913 ; H. Oesterlev, Tr^^^rem^;' dur ch die Litteratur der Urltmidensammlungcn (2 Bd. 1885, 1886) ; U. Chevalier, Répertoire des sources historiques du moyen âge. i . Bio-Bibliographie, 2° édit . ) ; Potthast A., Bibliotheca historica mcdii aevi ( 2 , Aufl . 1 896) ; Bernheiim E . , Lehrhuch d. historischt n Méthode und d. Geschichts-philosophie (4." Aufl. 1903) et les bibliographies relatives h des pays particuliers commeWATTENBACH, Deutschlands Geschichtsqucllen im Mittelalter bis zur Mitte d. 13. Jahrh. (7 Aufl. 1904) ; Lorenz O., Deutschlands Geschichtsquellen im Mittelalter seit der Mitte des 13. Jahrh. (3. Aufl., 2 Bd., 1886). — Sur la scolastique certains traités d'humanistes, de Réformateurs et de Cartésiens fournissent des renseignements qu'il faut interpréter en tenant compte de leur parti pris. L. Vives, De causis ccrruptaruni artium {i^SS) î ^- Tribbechovius, op. cit., p. 106, n. 4) ; Jac. Tho:^iasius, De doctoribus scholasticis; A. Geu-

LA PHILOSOPHIE MEDIEVALE.

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