‹ Histoire de la philosophie médiévale [microform]Chapitre 72 sur 223 · INDIFFERENTISME ET THEORIE DE LA COLLECTIO · texte numérisé non relu

INDIFFERENTISME ET THEORIE DE LA COLLECTIO

L'auteur envisage la species non pas au point de vue de la compréhension de l'idée, mais à celui de son extension, et il a tort de ne pas étendre la sphère des êtres que cette collectio embrasse, au delà des sujets existants à un moment donné. Pourquoi ne pas y inclure aussi les êtres possibles ? Mais cette particularité, dont l'auteur tire quelques conséquences au point de vue de la prédication logique, ne l'empêche pas de souscrire aux thèses fondamentales de l 'antiréalisme ').

J. de Salisbury attribue à Joscelin de Soissons une théorie de la collectio, qui concorde assez bien avec l'exposé du traité De gefieribus et speciebus : « Est et alius qui, cum Gausleno Suessionensi episcopo, universalitatem rébus in unum collectis attribuit, et singulis eamdem denuit» "").

177. Conclusion. — Qu'on parle de respectus avec Adélard de Bath, de status avec Gautier de Mortagne, de non differens avec les indifférentistes, de collectio avec Joscelin de Soissons : toutes ces théories sont des déclarations de guerre au réalisme outré, et malgré leurs nuances, elles constituent des étapes vers la solution défifiitive. Leur imprécision s'explique, dès qu'on les replace dans leur milieu ^).

178. Bibliographie. — V. les textes de Jean de Salisbury, Metalogicus, II, 17. — D' Adélard de Bath les Ouaestiones naiurales existent dans un incunable de Munich, le De eodcm et diverse est édité par Willner. Des Adélard von Bath Traktat de eodcvi et diverse (Beitr. Gesch. Phil. Mitt., IV, i. Munster, 1903) avec une bonne étude. — Le Tractaius de S. Trinitate de G. de Mortagne ds Pez,

quae est in aliquo alio individuorum, sed totam illam collectionem ex singulis aliis hujus naturae conjunctam », pp. 524 et 525. « Neque enim diversum judicaverunt unam essentiam illius concollectionis a tota collectione, sed idem, non quod hoc esset illud, sed quia similis creationis in materia et forma hoc erat cum illo », p. 526. — ') Nous ne pouvons admettre le jugement de M. Reiners qui voit dans cette théorie un réalisme plus grossier que l'indifférentisme. Reiners, Der aristotelische Realismus in der Friihscholastik. 1907, p. 43. — ') Métal., II, 17. — ^) J. de Salisbury parle encore d'un auteur qui remplace status par maneries rerum. Métal., II, 17. (Migne imprime erronément materies rerumj et l'écrivain anglais donne à cette solution un sens ultra-réaliste. C'est après avoir rappelé la théorie des maneries rerum qu'il conclut : « Longum erit, et a proposito penitus alienum, si singulorum opiniones posuero, vel errores ; cum, ut verbo comici utar : Fere quot homines, tôt sententiae », II, 18.

222 LA PHILOSOPHIE MÉDIÉVALE JUSQU'A LA FIN DU XIl* S.

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