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CHAPITRE III

PLATOiN

La doctrine de Socrate était assez complexe et assez féconde pour donner naissance à divers systèmes. De son enseignement la plupart de ses disciples ne retinrent que ce qui répondait à leurs préoccupations personnelles. Les Mégariques sont siirtout des dia« lecticiens ; les Gyrénaïques et les Cyniques sont surtout des moralistes. L'identité du vrai et du bien, de la science et de la vertu, la dépendance réciproque de la dialectique et de la morale est méconnue. Seul Platon s'efforce de comprendre toute la pensée du maître, et, l'enrichissant d'éléments empruntés aux systèmes antérieurs, de résumer tout le travail philosophique de la Grèce dans l'unité d'un système qui en concilie les idées contraires.

Arîstîppe : les Cyrénaïqiies. — Antisthène : les Cyniques. — Euelîde de llég^are : les Mégariques»

Aristippe (né à Cyrène vers 435) vécut longtemps à la cour de Denys, tyran de Syracuse; il s'y rencontra avec Platon , dont la franchise eut moins de succès que la servilité spirituelle du Cyrénaïque. Nous ne connaissons que nos sensations; non seulement l'objet qui les cause reste en dehors de nos prises, mais nous ne savons même pas si nos sensations ressemblent à celles de* autres hommes. C'est le subjectivisnie de Protagoras: pas de concept, pas de Jugement, pas de science. Socrate fait de la vertu la condition du bonheur, de la science la condition de la vertu: le bonheur n'est pas si loin de nous, il est dans le plaisir actuel (^ôovi^ èv xivrjasi), dans le mouvement agréable et doux de

H sensation présente. Ne nous inquiétons pas de l'avenir, l'avenir ne nous appartient pas ; il n'y a de bon que le plaisir ; il n'y a de vertu que la recherche du Dlaisir La vraie liberté, c'est de s'affranchir du désir par la jouissance. Parmi ses disciples il faut citer Evhémère, qui soutint que les dieux étaient des hommes remarquables , auxquels après leur mort on avait rendu des honneurs divins Mais ce fut Hégésias qui tira les dernières conséquences de la doctrme du plaisir. Le plaisir est la fin de la vie, mais il ne dépend pas de nous; en fait la douleur s'impose à nous sous mille formes : le mieux est de mourir. Hégésias, qui vivait à Alexandrie sous les Ptolémées, fut surnommé Vorateur

de la mort, xeia'.Bivaxoç. ... , i •

Antisthène (né à Athènes vers 444 av. J.-C.) fut surtout frappe par la simplicité de Socrate, par la modestie de sa vie, par son indépendance de tous les désirs superflus. Avant de suivre les leçons de Socrate, il avait été le disciple de Gorgias : sa dialectique est sophistique. Il soutient quil n est pas possible de contredire une affirmation (oùx ecttiv àvfAiye'.v), et il me qu on puisse attribuer à un sujet un autre prédicat que le «"J«V"""'fTv'nZ'p ou n'a pas le droit de dire : l'homme est bon ; offpeut dire seulement : 1 homme est homme, le bien est le bien. Établir des rapports entre les idées g^^^f J^j^^' ^^^ la science même. La thèse d'Antisthène revenait à la négation de 1 idée générale et par suite de toute connaissance scientifique. La vertu est le souverain bien, tout le reste est indifférent. Le travail etlapeme lom ^ «^re J»^\^ ; 7^; vent être recherchés. Hercule est le modèle de la vertu. Le heu ou Antisthène et ses disciples se réunissaient était le Cynow^e gymnase consacré à Hercule, et c'est du nom de ce lieu qu'ils prirent d'abord le nom de Cymques, qu'on rattache aussi à la racine xucov, chien. L'honjme le plus ^^^^^^^^^l qui a le moins de besoins, qui est le plus capable de mépriser ^^^ aux biens que les hommes estiment. La liberté, c'est l'absence du ^ésir. Ce u qui une fois possède la vertu ne peut plus la perdre. Le sage se suffit à lui-même tout lui appartient , il est le plus riche des hommes dans ^^ p^^jf ^ '^^^^^^ connaît d'autre loi que la nature, dont le vœu est la vertu On sait à quels excès donna lieu cette indifférence des Cyniques, qui devint la grossièreté d'un Diogène (Diogène de Sinope , mort vers 323 av. J.-C). Au lor siècle après J.-C. , il y eut une renaissance du cynisme , qui conserva quelques partisans jusqu'au triomphe définitif du christianisme, lo .^nrf d,i Euclide de Mégare donna asile aux disciples de Socrate, après la mort du mdtrt II est surtout célèbre comme dialecticien. Sa doctrine est une combinaison des idées de Socrate et de Parménide; ^^"«!V?"''^??d nattait une' logue de Platon le Sophiste, qui en contient une réfutation. ^^ ^f^^^^^f "J^j^^ pluralité d'idées, d'essences immuables, iocorporelles, saisissables par la seule pensée. Mais ces idées, qui constituent 1- ^^alité véritable, sont isolées san

rapport entre elles; dès lors tout mouvement est ^«ÎPf ^^^^^^ "j,?;i' ^^ ^^ jugement et tout discours. On ne peut affirmer une idée ^ "^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^ mouvement de la nature et le mouvement de l'esprit ^u même coup s arrê tent. Ces essences semblent avoir été pour Euchde /^«^.^«^^^^^ .^^^"^,^'3^^^^ même nrincipe • le Bien. « L'Un c'est le Bien, quoique le Bien reçoive plusieurs nonTs et soU appel^^^ Providence, tantôt Dieu, tantôt raison; ce qui n est

Tas le Bien r^a 'aucune existence. » (D. L., H, 106.) Une doctrine qui supprime la Dluralité et le devenir, fait du monde sensible une apparence du jugement unton sens e^t vite ai bout de ses affirmations. ^^ ;\*^2-^ '/^ï^^s Zenon d'Élée s'attachèrent surtout à réduire à l'absurde les «P ?^^f ^f^/^^^,^ adversaires, ils inventèrent un grand nombre f ^^f "?^f ^.^^P^^^^^^^^ sieurs sont restés célèbres (le menteur, le tas de blé, le chauve), et xette subtilité leur mérita le nom d'école éristique,

Platon. - Sa vie et ses écrits. - Caractère de

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sa philosoptiie. — Platon est né à Athènes ou à Égine en 428. Il appartenait à l'une des plus iHustres familles d'Athènes. Par sa mère il descendait de Solon, par son père de Godrus, le dernier des rois. A partir de 408 il devint le disciple de Socrate.

Après la condamnation de son maître il se réfugia à Mégare, chez Euclide. Il entreprit ensuite un long voyage qui le conduisit à Cyrène où il suivit les leçons du mathématicien Théodore, en Egypte, en Asie Mineure. A l'âge de quarante ans (vers 390) il partit pour l'Italie, où il connut les Pythagoriciens. De là il passa en Sicile et à Syracuse, se lia d'une étroite amitié avec Dion, le beau-frère de Denys l'Ancien. Mais sa franchise déplut à Denys, qui le ht vendre comme esclave. Racheté par un ami, il revint à Athènes, où il ouvrit une école philosophique dans les jardins d'Académus (Académie). Peu après la mort de Denys l'Ancien (mort en 367), il retourna à Syracuse. Il espérait trouver dans Denys le Jeui^e, tyran bel esprit, un Télémaque dont il serait le Mentor. Né au moment même où mourait Périclès et où commençait la terrible guerre du Péloponèse, il avait assisté aux défaites d'Athènes, à la prise de la cité; il avait sous les yeux les fautes et les incertitudes de la démocratie athénienne qu'il méprisait, et dont il devait faire une si vive satire au VJI1« hyre de la République, Dans sa patrie il était isolé, suspect, sans influence. « Jamais la Grèce n'avait été plus agitée que depuis le fatal traité d'Antalcidas, qui devait finir toutes les querelles. Les Béotiens réclamaient contre les Ihébams, les Thébains et les Arcadiens contre les Spartiates; Athènes et Corinthe penchaient tantôt pour Thèbes, tantôt pour Lacédémone. Toutes les villes étaient déchirées de factions; les uns voulaient l'aristocratie, les autres le triomphe du peuple, et beaucoup aspiraient à la tyrannie. .. (Denis, Hist. des Idées morales dans l'antiquité, t. 1er, p. 172.) piaton crut trouver en Sicile un champ d expériences favorable; il avait l'ambition d'agir, de faire du bien ; il avait loi en ses idées, et naïvement imaginait déjà Syracuse régénérée par la réalisation de ses théories politiques. Denys, qui par vanité l'avait bien accueilli, fut ^lentot las du philosophe, de ses remontrances et de ses plans de réformes. Dion, lami de Platon, fut banni, et Platon lui-même dut s'enfuir. En 361, il entreprit pourtant un troisième voyage en Sicile; il voulait réconcilier Dion exilé avec Denys le Jeune; mais il échoua, fut un instant en danger de mort, et ne dut la vie qu'à l'intervention du pythagoricien Archytas de Tarente. sa mort enlll " ^^ consacra exclusivement à la philosophie jusqu'à

Nous avons sous le nom de Platon un grand nombre de dialogues (35), dont quelques-uns sont apocryphes, d'autres douteux, et quelques lettres, dont la septième seule paraît authentique. Il est difficile de retrouver l'ordre chronologique dans lequel ces dialogues ont été composés. Les opinions les pliis diverses ont été émises par les critiques. On peut dire toutefois qu'au début Platon, encore sous 1 influence de Socrate, se préoccupe surtout des problèmes de la morale : les principaux dialogues de cette première période seraient : V Apologie de Socrate, le Menoa,VEutyphron, le Criton, le Protagoras, le Gorgias. Dans la seconde période Platon établit sa doctrine, il l'expose à mesure qu'il la dé- /p/rî"! '^ ^l' ^ t'^Sf?^. " compose les dialogues les plus abstraits : le Théétête, \^ Sophiste, lePhlebe, le Parménide, le Cratyle, le Politique, Enfin il est lihiff'''-P'''-??'r ^^ '"' idées, et il les exprime avec une aisance, une otTl T ""^ . ^0^5''""" ^' ^^ dialectique la grâce et l'éclat de la poésie : c est le Banquet, le Phedon, le Ti?née, la Républiqt^, les Lois.

La sophistique n'était pas morte avec Socrate ; ses disciples 1 avaient reprise, développée pour leur compte. C'est une chose

remarquable que, pour des raisons d'ailleurs opposées, les Gyrenaïques, les Cyniques, les Mégariques, s'accordent à affirmer que le iuffement est impossible. Tous arrêtent le mouvement de la pensée. Selon Antisthène et Aristippe, il n'y a pas d'idées générales, il ny a que des choses particulières, individuelles ; je connais le cheval, objectait le premier à Platon, je ne connais pas la ckevahté : Wov aev ôpû) iTTTT^TT.Ta S'oô^ ôpù). Pour Euclide, il y a des idées, elles sont même les seules réalités ; mais elles n'ont entre elles aucun rapport ; on ne peut porter que des jugements identiques : l'homme est l'homme, le bien est le bien. Or tout raisonnement suppose qu il V a des idées générales et qu'elles peuvent être affirmées l'une de Vautre. C'est dans ce milieu philosophique que Platon a vécu. D'une part il veut donner à la science un objet fixe, permanent; de l'autre il veut établir entre ces idées des rapports qui permettent la pensée. Sa métaphysique est en même temps une théorie de la connaissance, une logique, une philosophie du concept. Au heu de voir dans les contradictions des philosophes une raison de scepticisme, il reconnaît dans leurs opinions opposées des ventés partielles qu'il faut concilier. Il a suivi les leçons de Cratyle, disciple d'Heraclite, et il s'en souvient; il a pour « le grand >> Parmémde une admiration profonde ; de plus en plus il fait entrer dans son enseignement les considérations mathématiques des Pythagoriciens ; enfin, disciple de Socrate, il ne distingue pas le vrai du bien, la théorie de la pratique, la science de la morale.

Théorie de la co^inmsIiS^e : ses quatre degrés. - Dialectique ascendante : la réminiscence. - Dialectique descendante : la division. - Pl^\«!^ ^f surtout préoccupé de la science. L'objet de la science, l intelligible est l'être même : la logique et la métaphysique sont inséparables. Savoir, c'est faire ; celui qui sait le bien le pratique ; il n'y a qu une vertu, la sagesse ; la dialectique des actions ne se sépare pas de la dialectique des pensées. Toute la doctrine de Platon repose donc sur sa théorie de la connaissance.

Tout s'écoule, disait Heraclite, naître c'est mourir, et dans ce perpétuel devenir il est impossible à l'esprit de saisir un phénomène qui ne lui échappe aussitôt. Heraclite a exprimé fortement la loi du monde sensible. Conclurons-nous avec Protagoras iîue toute science est impossible? La conclusion dépasserait les prémisses ; tout ce que nous pouvons accorder au sophiste, c est qu il n'y a pas de science de l'apparence, du phénomène mobile et ephé-

mère. Celui qui s'en rapporte aux sens ne peut avoir qu'une opinion, ooça, une routine, une habitude d'attendre telle apparence après telle autre. L'opinion comprend deux modes de connaissance : la^taxt;, la foi, la croyance, qui porte sur les objets (acoixa-ra) qui nous apparaissent : c'est ainsi que nous connaissons les arbres , les rochers, les animaux, les hommes; Tsty-aa^a, la conjecture, qui porte sur les images des choses sensibles (elxovs;). La o6$a est un jugement irréfléchi (01X0^0;), où Ton ne se rend pas compte de ce que l'on atïirme ; celui qui s'y fie croit, ne voit pas : olojxevo; cppovwv os [xr]. Il est comme les devins qui annoncent des choses vraies, mais « ne savent rien des choses qu'ils disent ». Utile dans la pratique, l'opinion est chancelante, incertaine ; elle a pour objet ce qui naît et périt, ce qui devient toujours et n'est jamais.

Mais au-dessus du monde sensible il y a le monde intelligible, au delà de ce qui passe ce qui demeure, au delà des apparences les principes permanents, les réalités éternelles. Le monde intelligible est le seul objet de la science véritable (eTrKruTijxY)). L'firiTcriijir,, comme la oo^a, comprend deux sortes de connaissance : la oiàvota et la voTjfft;. La S'.àvota est la faculté de raisonner; elle part d'une idée comme d'une hypothèse , et en examine toutes les conséquences. Son œuvre propre est d'aller d'une idée à l'autre logiquement, sans s'inquiéter de la valeur propre de la première idée. Elle prépare et elle vérifie la vor^ai;. La vor,(ji? est un acte simple, immédiat; elle est l'inteUigence pure, l'intuition rationnelle ; elle atteint les principes, elle se sert des hypothèses de la Siàvoia comme de points d'appui pour s'élever à la contemplation de l'intelligible. Son objet propre c'est le principe suprême, ce qui se suffît à soi-même, ce qui n'a plus besoin d'hypothèse : -o àvuiroôsTov — xo Ixavov. Ainsi, pour Platon il y a deux objets à connaître : le monde sensible (ôpaTov ^ivo; — ^(hz(7i(;), le monde intelligible (votjtôv ^ivo; — oùcr^a), auxquels répondent l'opinion et la science, dont chacune comprend à son tour deux sortes de connaissance.

L'œuvre de l'homme, c'est d'aller de ce qui passe à ce qui demeure, du phénomène à l'être, de l'opinion à la science. Le problème semble insoluble. Nous sommes dans le monde sensible, nous ne saisissons autour de nous que des apparences ; comment, emprisonnés dans le temps, pouvons-nous nous élever à l'éternel ? La méthode de Platon n'est pas une méthode mystique, qui cherche à nous soustraire aux conditions de la connaissance humaine : c'est une méthode rationnelle. Si nous pouvons du phénomène aller jusqu'à l'être, c'est par une progression lente, par une marche dia-

lectique. Entre les apparences et les réalités intelligibles il y a une série d'intermédiaires qui nous conduisent des unes aux autres.

Ce qui d'abord nous frappe, c'est le monde sensible. H faut donc que la sensation soit le point de départ de la connaissance, le premier pas de la marche dialectique qui nous élève à l'absolu. Il y a des sensations toutes simples qui n'éveillent pas l'activité de l'esprit; mais il en est d'autres qui, par leurs contradictions, provoquent le premier effort de la réflexion. Phédon est à la fois petit et grand, selon Te terme auquel je le compare. Qu'est-ce donc que la grandeur et la petitesse? « Nous voyons la même chose à la fois une et multiple à l'infini; l'àme se trouve embarrassée, et, réveillant en elle l'entendement, elle est contrainte de faire des recherches et de se demander c& qu'est l'unité. »

(Rép, VII.)

Le'second moment de la dialectique ascendante, c'est l'étude des sciences,

de l'arithmétique, de la géométrie, de la musique, de l'astronomie. {Rép., Vil.) Ces sciences nous habituent à spéculer sur l'un et le multiple, à poser des idées à titre d'hypothèses, et à suivre par la ciavota ces principes jusqu'à leurs dernières conséquences. Les lois nécessaires de la géométrie , les rapports numériques qui régissent l'accord des sons et le cours des astres, les types rrénéraux qui se retrouvent dans les êtres particuliers, tout nous invite à nous élever au-dessus des choses sensibles, et déjà nous fait entrevoir la réalité permanente sous l'apparence éphémère. Il faut quelque chose qui fonde la possibilité de ces rapports généraux, de ces lois fixes : il faut une raison à rordre que déjà nous découvre l'étude seule du monde sensible. Cette raison, c'est l'idée. Si tous les hommes ont des traits communs, c'est que tous participent à une même idée. Cette idée est le principe qui rend l'homme possible ; elle n'est pas une abstraction, elle est la réalité éternelle qui contient toutes les perfections qu'elle communique aux hommes individuels. Ainsi l'idée, dans le domaine de la connaissance, ramène la pluralité à l'unité, la multitude des hommes qui vivent et meurent, par exemple, à l'idée une de l'homme, en soi qui ne meurt pas. « Nous avons coutume de poser une idée distincte pour chacune des multitudes auxquelles nous donnons le même nom... Le caractère essentiel de cette idée est d'être une dans une multitude : êv icepl xà r.oXkd. » IRép X.) Platon n'admet donc pas avec Parménide l'unité absolue; il pose autant d'unités diverses qu'il y a de multitudes diverses : £Îôd; xi §v ëxaaxov TtEol ëxacrra xà xoUi. {Rép„ X.) « Le dialecticien sait démêler comine il faut l'idée une, répandue tout entière dans une multitude d'individus, dont chacun existe séparément. >> {Sophiste.) « Le propre de l'homme est de com-

tique s'achève par la uenniuon, qui

Mais si chaque idée ramène à l'unité une multitude de choses particulières, les idées elles-mêmes sont encore une multiplicité qui doit être ramenée à l'unité. La dialectique ascendante ne peut s'arrêter qu'au principe qui ne suppose plus rien et que tout suppose, tô dvuT:ô6eT0v - tô lxav6v Au-dessus de toutes les idées s'élèVe l'idée du Bien, principe des principes, « duquel tous les êtres intelligibles tiennent leur être et leur essence ». {Rép.) La dialectique, n'étant que la loi de la pensée qui cherche le parfait, s'arrête nécessairement quand elle a trouvé la perfection suprême.

L'esprit humain s'élève ainsi du sensible à l'intelligible par une série d'intermédiaires, dit Platon ; mais y a-t-il des degrés qui conduisent de l'apparence à l'être? d'un monde à un autre monde? Du

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