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nerveux sans conscience ", et Ja psycho-plysiologie s'occupe “ des phénomènes nerveux accompagnés de conscience ”, Point n'est besoin de dire que la méthode de cette nouvelle psychologie est crpérimentale. Les phénomènes crternes ou biysiologiques, étant intimement liés avec les phénomènes internes, de conscience ou PsYchiques, il s'énsuit qu'en faisant varier ceux-ci on fera varier ceux-là. Alors, la méthode changeant, la psychologie n'est plus seulement une science descriptive, mais aussi explicatisc; et à la connaissance naturelle et directe de la conscience prônée par l'ancienne psychologie, la nouvelle oppose une connaisance scientifique, et, Partant, indirecte.
Weber et Fechner ont tour à tour, à leur manière, formulé, en une loi, les rapports de variation entre les phénomènes internes et externes, ou entre la sensation et l'excitation. Les sensations, dit Weber, croissent de quantités absolument égales, lorsque les excitations croisseni de quantités relatirement égales. Fechner donna une autre loi qui porte son nom: /a sensation croît comme le logarithme de l'excitation. Autrement dit, si l’ercitation est représentée par une progression géométrique, la sensation correspondante devra être représentée par une progression arithmétique.
Le premier laboratoire de psycho-physiologie fut inauguré, en 1878, à Leipzig, par Wundt, le fondateur, où tout au moins, le principal représentant de l'école psycho-physiologique. Pour Wundt, la raison suffisante, première et dernière de tous les phéno-
mènes de la vie mentale et spirituelle, doit être cherchée “ dans la connaissance exacte de l'organisation anatomique et des fonctions physiologiques du cerveau ”. Tous les faits psychologiques se ramènent à la sensation; ils ont leur source dans les phénomènes physiologiques et physiques, ou mieux, dans l'inconscient. La Sen. ation est une espèce de syllogisme dont les prémisses sont des actes inronscients (phénomènes physiques et physiologiques), €: la conclusion, des actes conscients (phénomènes psychologiques et spirituels).
On voit que cette psychologie verse dans le matérialisme. Sans nier l'influence mutuelle du physique sur le moral, sans contester les relations qui existent entre l'interne et l'externe, il n'est ni utile, ni inoffensif, ni scientifique, de confondre l'un avec l’autre, c'est-à-dire, de ramener la psychologie à la physiologie et les faits d'ordre mental à de pures sensations.
357. Karl Vogt (1817-1895), -kob Moleschott (1822-1893), Ludwig Büchner - it les principaux représentants du matérialisme. !.e premier expose ses idées dans un ouvrage intitulé: Circulation de sa rie; le second est l'auteur de Force et matière; le troisième écrivit les Leçons sur l'homme.
358. Hæckel représente le darwinisme radical. Il est suriommé avec raison le chef de la gauche arwiniste : il en est le plus savant et le plus logique .…ierprète. Ses priricipaux ouvrages sont: Morphologie générale, Histoire naturelle de la création, et Anthropogénie. T est le fondateur du monisme.
Entre le règne végétal et le règne animal, Hæckel admet l'existence probable d'un règne intermédiaire qu'il appelle le règne des brotistes, Ces trois règnes Ont pour origine commune la monère primordiale, petite masse de matière albumineuse qui est le résultat spontané de certaines cembinaisons chimiques. La condensation de la monère primordiale donne naissance à une autre mn se plus petite appelée nucleus, dont la cruissance et la multiplication Par segmentation produisent les formes rudimentaires et primitives des plantes et des animaux. En vertu de la sélection naturelle, ces formes, à leur tour, constituent les espèces, les genres, les familles qui sont les deux règnes existant après une série infinie d'années et de siècles. Pour lui done, “ l'histoire du monde n'est qu'un processus physico-chimique, et... l'âme est la somme des phénomènes moléculaires ”, 1] ajoute que “les propriétés physiques et chimiques, infiniment variées et complexes des corps albuminoïdes, sont les causes essentielles des phénomènes organiques et vitaux ”.
Selon Hæckel, l'échelle généalogique de l'homme comprend vingt-deux degrés. Le premier est la monère primordiale sans nucleus, le vingt et unième représente l’homme singe. Il appelle l'évolution une nourelle ‘période d'une haute culture intellectuelle.
Ce qui domine dans le matérialisme de Hæckel, c'est la note antichrétienne. En effet, suivant le philcsophe allemand, malgré son insuffisance, l'immense mérite du darwinisme, consiste en ce qu'il Permet d'exclure toute intersention de Dieu.
359. Quelques autres. — Sous cette rubrique, mentionnons les philosophes qui développèrent surtout le côté anti-chrétien de la pensée d'Hegel : Strauss (1808-1874), auteur d'une Pie de Jésus, Bruno Bauer (1809-1882) et Feuerback( 1804-1872).
SCHOPENT \UER (1788 1860)
360. Vi: st œuvres de Schopenhauer. — Schopenhauer naquit à Dantzig, de parents très riches. Après quelques voyages en France et en Angleterre, pour les affaires de son père, qui était banquier, il prit la résolution de se consacrer uniquement à l'étude des sciences naturelles et de la philosophie. Successivement élève aux universités de Gaættingue et de Berlin, il passa à Iéna où il obtint son diplôme de docteur. Quelque temps professeur, il n'eut pas de grands succès. Retiré à Francfort, il y élabora, en attendant la renommée, son système de pessimisme, dans lequel on retrouve des traces de la philosophie boudhique qui, autrefois, avait eu le don de le charmer. Il mourut en 1860. Ses principaux ouvrages sont: La quadruple racine du principe de raison suffisante, Le monde comme volonté et comme représentation, La r'olonté dans la nature et Les deux problèmes fondamentaux de l'Ethique.
361. Caractères de la Philosophie de Schopenhauer. — 1° Manque d'originalité: cette philosophie fait de larges emprunts aux théories boudhiques surtout. 2° Panthéiste, au fond, comme la doctrine
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d'Hegel et de Schelling. S'il ÿ a une distinction entre eux et Schopenhauer, elle n'est que nominale. Pour Hegel et Schelling c'est l'/dée et l'Absolu qui s'extériorisent ; pour Schopenhaue: ‘st la l'olonté qui s'objective. 3" Matérialiss : ans la philosophie de Schopenhauer, l'esprit et l'âme, comme substances immatérielles, sont des mots des de sens. 4 Pessimiste: elle enseigne qu'en s'objectivant, la volonté produit une illusion qui est le monde, “ le jlus mauvais des mondes possibles ",
362. Philosophie de Schopenhauer, — Selon le philosophe allemand, toute la philosophie se réduit à la cosmologie. Elle consiste à connaitre l'essence intime du monde en s'élevant des phénomènes et des apparences à l'essence et à la chose en soi, D'où vient le monde, où il va, pourquoi il est, voilà autant de questions que nous ne pouvons résoudre. Ce qu'est le monde en lui-même, voilà l'objet propre et véritable de la philosophie, Et donc, le philosophe doit toujours rester sur le terrain de la cosmologie, sans jamais entrer sur celui de la théologie, La méthode philosophique est l'expérience extérieure et interne.
Tout ce que le monde contient : individus de différentes natures, êtres multiples et complexes, êtres matériels et spirituels, voire l'intelligence, bref, tout ce qui existe, est l'effet. l'évolution, le produit d'une force, d'une essence unique, impersonnelle, inconsciente appelée [’olonté. Cette Volonté n’est autre que l'Idée d'Hegel, l'Absolu de Schelling, la chose en soi ou le noumène de Kant.
Elle devient consciente dans l'homme et par l'homme. Pour parler plus brièvement, le monde n'est que l’objectivation, d'une force unique, identique en toutes choses, nommée la Folonté.
Force aveugle et inconsciente en elle-même, la l’olonté, dans l'homme, devient un effort conscient, éncrgique, permanent, non seulement pour exister et pour vivre, mais aussi, pour accroître et perfectionner l'existence et la vie. Et cet effort de perfection se révèle d'autant mieux dans l’homme, que celui-ci éprouve plus de nécessités difficiles à satisfaire, à cause des nombreux obstacles qui se présentent. La non-satisfaction de la nécessité ou du désir produit.la douleur. Et, comme la vie de l’homme se résuine dans la volition et le désir, il s'ensuit qu’elle est une série continuelle et inévitable de souffrances et de douleurs, qui ne disparaitront qu'avec la mort. “La vie, dit Schopenhauer, n'est qu'une lutte pour l'existence avec la certitude d'être vaincu. Vouloir sans motif, toujours souffrir, toujours lutter, puis mourir, et ainsi pendant des siècles, jusqu’à ce que la croûte de notre planète s'écaille en morceaux, voilà la vie.” C'est la théorie du Pessimisme. Lans ce système, la suprême sagesse consiste à comprendre que la réalité est une illusion,
un ensemble de phénomènes et d'apparences ; que la
destinée à laquelle doit tendre l’homme, est la destruction, l’anéantissement de la volonté, de la vie elle-même, d£ l'être, non par le suicide, mais par une espèce de désintéressement, d’assoupissement de la vie. C’est le nirzâna boudhique. Et comme moyens les plus propres à diminuer et à tuer les forces de la
aie
vie et de la volonté, à produire cette extinction nircânique, Schopenhauer conseille aux jeunes la résignation passive, l'inaction, etc.
Quant à la morale, elle se ramène à la pitié. Compatir aux souffrances dont nous sommes témoins, tel est tout notre devoir à l'égard du prochain. La vertu, la sainteté, la perfection morale, consiste dans les efforts que l'on fait Pour arriver au quiétisme complet, à la suppression totale du mouvement et à l'extinction nirvânique de l'activité et de la vie.
363. Appréciation. — Il est facile de reconnaître que Schopenhauer a subi, et beaucoup, l'influence de Kant. Pour s’en convaincre, qu'il suffise de dire que la l'olonté de Schopenhauer est la chose en soi, le noumène di philosophe de Kœnigsberg. Pour lui, comme pour Kant, le monde n'existe que tel qu'il le pense, qu'il se le représente.
Avec le subjectivisme kantien, on trouve, dans la philosophie de Schopenhauer, et du banthéisme, et du positivisme, et du matérialisme. Le monde, dans son système, n'est que l'évolution de cet être unique qu'il appelle la F’olonté. À ce point de vue, il se rapproche des grands panthéistes qui ont nom Hegel, Schelling. D'après lui, nous ignorons les causes et les fins des choses ; seul, le problème cosmoiogique doit nous occuper. N'est-ce pas là du positivisme? Et l'accusation de matérialisme portée contre Schopenhauer se justifie par cette assertion du philosophe : “ Dans le fond, l'animal est la même chose que nous”. L'auteur de ces paroles n'admet, entre l’homme et la brute, qu'une distinction de degrés.
Ce qu'il y a d'original chez lui, c'est d'avoir voulu construire l'édifice de la métaphysique sur la seule expérience. Quant à son pessimisme, disons seulement que c'est une doctrine décevante, dont le terme logique est le suicide. C'est une des nombreuses manifestations de cette philosophie orientale appelée Boudhisme, qui eut une influence si délétère sur la pensée contemporaine.
364. Edouard de Hartmann (1842-1896) est le plus illustre disciple de Schopenhauer. Sa doctrine est appelée Philosophie de l'Inconscient. C'est le titre de son principal ouvrage. Il considère le :.:1onde à un double point de vue: comme essence et comme existence. Le principe du monde comme essence,
.c'est l’/dée. Le principe du monde comme existence, c'est la l’olonté. Ces deux principes sont les deux attributs opposés d'un être antérieur, fondamental, commun, appelé Inconscient. La lutte de ces deux principes, bon (l'idée) et mauvais (la volonté), constitue toute l’histoire du monde. C’est le principe mauvais qui l’a emporté; de sorte que le monde est une duperie, un mensonge, une illusion. L’Inconscient de de Hartmann, appelé encore Absolu, être Un, Tout, n’est pas lui-même la cause immédiate et effective des choses, mais le sujet commun, le substractum de l’Idée et de la Volonté: principes actifs et opposés de ce que existe. L’Absolu ou l’Inconscient se développe par l’/dée et la Volonté qui sont ses deux fonctions primordiales, et en se développant, il produit l'univers. L'Inconscient est la substance même de l’univers, la somme de ses actions
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