TS PR CREME
constitue l'homme ou le moi, et le monde en général. Il n'y a d'autre âme humaine que l’Inconscient qui joue le rôle d'âme unique et universelle pour tous les individus.
Tandis que Schopenhauer place le repos, 1à félicité, dans l’anéantissement de la volonté individuelle, de Hartmann, son disciple, enseigne que le bonheur est dans l'extinction de la volonté universelle, la cessation de la volonté absolue et cosmique. Cette cessation est le dernier acte de l'Inconscient. Et, au lieu d'arriver logiquement au suicide, comme Schopenhauer, de Hartmann proclame que c'est une nécessité et un devoir pour l’homme de sicre et d'agir en harmonie avec la vie et les actions de l'Inconscient.
La morale et la religion de de Hartmann sont conformes aux idées panthéistes et pessimistes qui font la base de toute sa métaphysique. L'immortalité personnelle de l’âme est une chimère du mysticisme, l'éthique pessimiste du boudhisme est supérieure à la morale chrétienne : c'est ce à quoi se réduit toute la théologie de de Hartmann.
Sa philosophie, elle est un panthéisme idéaliste, entremèlé de boudhisme et de dualisme manichéen. On y retrouve aussi le pessimisme de Schopenhauer avec quelques variantes. Et c’est Pourquoi, pour éviter toute répétition, nous dirons seulement que la philosophie de de Hartmann peut être réfutée de la même manière que les doctrines panthéistes et pessimistes de ses devanciers.
365. Friedrich Nietzsche (1844-1900), penseur à l'imagination puissante mais mal équilibrée, perdit
Si —
la raison en 1889. Ce qui lui donne une place digne de mention dans l’histoire de la philosophie, c’est sa doctrine morale. A cause de sa nouveauté un peu étrange, avec des préceptes, en apparence, capables de satisfaire les grandes âmes, le système de Nietzsche eut et a encore de fervents admirateurs. De prime abord, le nietsschéisme a tout ce qu'il faut pour séduire, puisqu'il est — essenticllement — le culte exagéré de la nature et l'adversaire redoutable de tout ce qui peut en amoiïndrir ou en arrêter l'élan. La culture intensive de la vie, tel est le grand principe de la morale nietzschéenne. Or, la vie est faite d'instincts puissants: volonté de conquête et de domination, volonté de force physique, volonté de travail, volonté d'audace contre le malheur, etc. Ce sont ces instincts qu'il faut développer, en résistant à tout ce qui les contrarie.
C'est dire tout de suite qu'une morale qui prèche l'abstinence, la souffrance, l'humilité, la résignation, et qui gène les instincts naturels, soit en les entravant, soit en les dirigeant, ne trouve pas grâce devant Nietzsche. Aussi bien toutes les morales qu'il qualifie de traditionnelles ne sont, à ses yeux, que des crimes de lèse-vie, lèse-beauté et lèsc-humanité. Elles sont essentiellement contre-nature. Il les crible d'épigrammes, il les écrase de mépris. Elles sont tout au plus bonnes pour les “ esclaves ”, pour les “ bêtes de troupeau ”. C’est la morale des “tarentules ” et des “ marécages ”. C’est le lot du vulgum pecus, incapable d'atteindre à cette morale qu'il prêche et qui est évidemment la sienne.
Cette nouvelle morale, applicable seulement aux
forts, aux aristocrates, puisqu'elle est le Partage du Petit nombre, à trois maximes fondamentales, trois impératifs: il faut se surmonter — il faut devenir Ce que nous sommes — ;j] faut vivre dangereusement.
Se surmonter, à ces sentiments aristocratiques qui sont : la maitrise de soi-même, la dissimulation des sentiments intimes, la politesse, la
gaité, l'exactitude dans l'obéissance et le commandement.
afin d'arriver
Devenir ce que nous sommes : il faut se surmonter, non pas pour se quitter où pour donner Sa démission de soi-même, mais Pour devenir ce que nous sommes, et davantage, c'est-à-dire être au Maximum ce que nous sommes. C'est l'impératif de l'indiridualisme.
Vivre dangereusement : c'e la noblesse, de l'aristocratie, sonnalité en dominant tout ce qui peut la rétrécir, c'est-à-dire Je danger. Cette troisième maxime aboutit à faire de nous des sur-hommes ou des candidats à Ja Sur-humanité.
“Se surmonter, se développer en beauté nière beauté, le danger — voil Nietzsche. C'est un stoïcisme qui commence par être le stoïcisme Connu, à très peu près, et qui finit par être un stoïcisme Supérieur. Du stoicisme sur-
tout passif, tel qu’il était chez les anciens, Nietzsche fait un stoïcisme actif 1,”
st le signe définitif de C'est accroître sa per-
— derà toute la morale de