Op. cit., p
2. Ibid. Voir The Monist, juillet 1911, pp. 357-376. Chs C. Peters. Frederic Nietzsche et sa doctrine. 1bid. 376-398, Max Stirner, le prédécesseur de Nietzsche. F. Palhoriès, Nouvelles orientations de la morale.
3. A. Fouillée, Nietzsche et l'immoralisme, dans la Revue Bleue, année 1899, p. 387.
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XIX: siècle, — 1° Sensualiste : à cause d'un séjour de dix ans en Italie, Condillac put y implanter facilement ses idées et ses théories sensualistes. 2° S piritualiste: ce fut une réaction contre le sensualisme condillacien. 3° Jdéaliste avec Rosmini et Gioberti,
367. Soave, Gioia, Romagnosi, — Le P. Soave, dans ses Ouvrages de Logique, de Métaphysique et d'Ethique, développa les théories de Locke et de Condillac. L'empirisme dans l'ordre spéculatif, l’ütilitarisme dans l'ordre Pratique, résument les idées et les tendances de Gioia qui est l’auteur d’une Idéologie et de la Philosophie de la Statistique. Romagnosi, Contemporain de Gioia, enseigne, comme Condillac, que les facultés et les fonctions intellectuelles ne sont que des sensations transformées.
368. Pasquale Galuppi (1 770-1846) enseigna une philosophie spiritualiste nettement chrétienne, et où prédomine l'élément psychologique. Somme toute, le spiritualisme de Galuppi est assez semblable à celui que Victor Cousin professait en France, à la même époque, avec cette différence que la doctrine du philosophe italien est franchement catholique et n'a aucune affinité avec le panthéisme hégélien. On ne peut pas en dire autant de l'éclectisme du philosophe français.
A la fin de sa vie, Testa répudia les théories sensualistes qu’il avait d'abord défendues. 11 adhéra au criticisme idéaliste de Kant, tout en rejetant le scepticisme du philosophe de Koœnigsberg. Au sujet des relations qui existent entre la philosophie et le catholicisme comme religion révélée, il exprime
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des opinions qui, à première vue, ne semblent pas être très orthodoxes.
ANTONIO ROSMINI (1797-1855)
369. Vie et œuvres de Rosmini. — Né à Roveredo, près de Trente, en 1797, Antonio Rosmini- Serbati se fit remarquer bientôt par sa grande piété, ses talents incontestables, et un goût très prononcé . pour les hautes études. Reçu prêtre en 1821, il fonda, peu après, l'Institut de la Charité. Toute sa vie fut consacrée à l'étude et aux œuvres de charité. Ses connaissances des questions politiques, éconoimiques et sociales, attirèrent sur lui l’attention du Pape Pie IX, qui l'appela à faire partie du Cabinet de Rossi. Après l'assassinat du premier ministre et la fuite du Pape à Gaète, Rosmini se retira dans une maison de son ordre, où il se livra à ses chères études. Il mourut en 1855. Ses principaux ouvrages sont: Nouvel essai sur l'origine des idées, La Renaissance de la philosophie en Italie, Anthropologie, Psychologie et Théosophie.
370. Caractères de la Philosophie de Rosmini.— 1° Spiritualiste: elle fut une réaction eontre le sensualisme de Soave et de Gioia. 2° Jdéaliste: elle enseigne que la notion de l’universel ne vient pas de la réalité extérieure, parce que tout “e qui est en dehors de nous, est concret, singul particulier. 3° Panthéiste: la philosophie rosminie:: e a des affinités frappantes avec la doctrine panthéiste alle-
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mande, et surtout hégélienne. 4° Ontologiste: dans le rosminisme, on retrouve facilement des traces du Système de Malebranche. 5° Composite: elle est faite d'un peu de tout. Le platonisme Christianisé, avec quelques théories augustiniennes et thomistes, et de l'héglianisme aussi, telle parait être la doctrine de Rosmini.
371. Philosophie de Rosmini, — Tout Je rosminisme peut, semble-t-il, se ramener à la question de l'origine des idées. Celles-ci, suivant Je philosophe italien, sont unicersclles, nécessaires, infinies “et éternelles. C'est dire que, à cause de ces “ caractères sublimes et en quelque sorte divins ”, elles ne Peuvent tirer leur origine ni de l'homme ni de la réalité extérieure, lesquels sont limités, finis, imparfaits, et, Partant, elles viennent de Dieu. Voilà Pourquoi elles sont appelées appartenance de Dieu, appartenance de l'essence divine. Pour bien se rendre compte de ces expressions, remarquons que Rosmini Compare toutes nos idées, prises dans l'ensemble, à une espèce de pyramide : “ à la base, se placent les idées plus concrètes et moins universelles : à celles-ci se superposent, comme par couches, des idées moins déterminées et moins concrètes; enfin, le sommet de la pyramide est formé par l'idée indéterminée absolument universelle d'être 1”, Toutes nos idées supposent l'idée générale d'être Et pour ainsi dire, la ren-
1. C'eat nous qui souliguons,. Gonzalez, Æist. de la Philosophie, 1, IV, P. 400.
ferment. Cette idée d'être universel, au sommet de la pyramide, est innée à l'homme, elle vient de Dieu lui-même, elle est une appartenance de l'essence divine; “c'est une actualité non distincte du reste de l'essence divine”. Cette idée d’être constitue la lumière de la raison. Sans elle, dit Rosmini, “ l'esprit humain, non seulement serait incapable de toute opération rationnelle, mais serait privé de la faculté de penser et d'entendre; en d'autres termes, il cesserait d’être intelligent ! ”. L'être, ainsi qualifié, appartenance de l'essence dicine, actualité non distincte de cette essence et, partant, s'identifiant avec elle, prend différents noms. I1 s'appelle indéterminé, s’il n'est appliqué à rien, et n'est que le résultat d'une abstraction de l'esprit; lorsqu'il fait partie essentielle des réalités qui existent, on le nomme virtuel; principe de tout ce qui est, des créatures et de Dieu lui-même, il s'appelle initial. Et par une triple opération, Dieu pose dans chaque réalité cet être, suivant les exigences et les limites de chacune. La première opération est l'abstraction, par laquelle Dieu tire de lui-même l'être à la fois indéterminé, virtuel et initial. Déterminer les limites réelles que l'être initial est susceptible de recevoir, et, par là, constituer l'être virtuel, c’est l'œuvre de la seconde opération, appelée imagination. Enfin, il appartient à la synthèse, troisième opération, d'unir ensemble l'être
1. Cité par L.-A. Paquet, Canada Français, 1. 1, 1888. Rosmini et son système, p. 579;
virtuel et les différentes déterminations ou limites dont il est capable, La synthèse, pour Rosmini, est Proprement l’action créatrice.
La psychologie rosminienne, comme son idéologie, contient aussi des opinions pour le moins étranges. Ainsi, pour ce qui concerne l'âme humaine, Rosmini prétend qu'elle est engendrée, comme le Corps, par voie de génération. Végétative d’abord, puis sensitive, elle devient rationnelle sous l'influence de l'il{umination divine. Quant à l'union entre le corps et l'âme, il l'explique par l'existence d'un sens corporel-fondamental qui permet à l’une (l'âme) de percevoir, d'une manière constante, la présence de l’autre (le corps).
372. Appréciation. —Panthéisme et Ontologisme: ce sont bien là les deux noms sous lesquels doit être désigné le Système de Rosmini, en histoire de la philosophie. L'être initial, appartenant à l'essence divine, est le même en Dieu et dans les créatures ; et, en lui, comme en un miroir, brillent toutes les connaissances auxquelles l’homme peut arriver. Tout est Dieu, et tout est vi: en Dieu: c’est le résumé de la doctrine du philosophe de Roveredo. Il va sans dire que sa psychologie commet une grosse erreur lorsqu'elle prétend que l’âme humaine a été engendrée comme le corps, quitte à devenir rationnelle ensuite sous l'influence d’une illumination divine. Parce qu'elle est spirituelle et subjectirement indépendante de la matière, notre âme ne peut avoir d'autre mode de devenir que la création, ni d'autre auteur immédiat que Dieu. Faut-il ajouter que le
concept rosminien de la création est faux? Créer, c'est faire quelque chose de rien. Or, cette synthèse, dont parle Rosmini, est l'union d'éléments préexistants; créer, suivant lui, ne serait donc que poser l'être déjà constitué des choses dans les limites propres à chacune d'elles. Rien d'étonnant que Léon XIII ait officiellement condamné quarante propositions extraites des ouvrages de Rosmini. Le philosophe de Roveredo fut, dit-on, un saint prètre, passionné pour le salut des âmes et le triomphe de l'Eglise. Ses erreurs proviennent surtout d'un manque de formation philosophique et théologique solide, formation que peut seule donner la philosophie traditionnelle, c'est-à-dire la philosophie scolastique sérieusement étudiée '. Un long commerce avec les théories allemandes eut une influence néfaste sur ce grand esprit, malheureusement trop féru de nouveautés.
373. Vincenzo Gioberti (1801-1852). — Comme son contemporain Rosmini, Gioberti est un ontologiste. Dans ses nombreux ouvrages, le problème de la philosophie qu'il cherche à résoudre, consiste, selon lui, dans la relation qui existe entre le fini et l'infini, entre l'idéal et le réel. Il part de ce principe: l'Etre crée les existences. L'être, c'est-à-dire Dieu, crée, tire librement du néant les existences, à savoir les êtres particuliers, finis. Cette formule idéale, ce principe n'est pas le fruit d'un raisonnement ou d’une réflexion, mais elle est l’ex-