Laforet, op. cit, pp
entière de l'âme en Dieu, il enseigne l'indifférence
dans les actions ; aussi, Je sage peut-il tout se
permettre impunément. Comme toutes les philosophies de l'Inde, il va sans dire que celle du V'édanta prêche la métempsycose ou migration des âmes.
La science qu’elle appelle supérieure, voilà le moyen
que doit employer l'âme Pour se soustraire complè-
tement à la loi tyrannique de la transmigration et arriver à la délivrance complète qui n'est ni plus ni moins que son absorption dans le Brahma,
Cette philosophie panthéiste du l’éganta ne résiste pas à une critique tant soit peu rieuse,
20. Le Boudhisme. — Le boudhisme est plutôt une religion qu'un système de philosophie. 11 eut pour fondateur un solitaire de la famille des Çakyas, appelé Çakya-Mouni. La religion du Boudha est pour le moins étrange : on n'y trouve aucun vestige de la divinité, Dieu y est ignoré complètement. Ce qui, dans le boudhisme, intéresse quelque peu le philosophe, c'est le sort réservé à l'âme humaine après la mort, Le terme de tout être est ce qu'il appelle le nirväna, qui est l'extinction complète de la vie. De sorte que Çakya-Mouni place le suprême
bonkeur dans le néant.
On est parfois frappé de l'analogie qui existe entre les maximes boudhistes et les préceptes évangéliques. L’explication en est simple. Tout le monde sait que le boudhisme, encore très florissant en Chine, s'introduisit au Thibet vers le VIT: siècle de notre ère. Plus tard, vers le XIIIe où XIVe siècle, il
sé-
y prit une organisation extérieure qu'il emprunta à la hiérarchie et à la liturgie catholique !.
21. Conclusion. — Ce qui caractérise la philosophie orientale, c'est qu'elle est une philosophie panthéiste et qu'elle enseigne la métempsycose. Les plus graves questions, Dieu et l'âme, l'ont tour à tour intéressée. À ces questions elle n'a pas toujours répondu d'une manière satisfaisante et, malgré quelques lueurs de vérité, elle se traîne dans les ténèbres des erreurs les plus grossières.
Première Période