ÉCOLE D'ÉLÉE
35. Caractère de l'Ecole d'Elée. — Ce qui prédomine dans l'école éléatique, c’est la recherche de l'un, l'absolu, l'éternel, l'immuable * et voilà pourquoi les idéalistes de nos jours ne cessent de vanter les doctrines de l'école d'Elée, parce qu'ils y trouvent l-- germes de leurs systèmes. Les ioniens S'OCCu.rent Surtout du côté sensible des choses, c'étaient des physiciens : les Pythagoriciens envisageaient surtout le côté Mathématique, tout en ne négligeant pas la multiplicité et la variété des COrps ; les éléates ne font aucun cas du variable, du multiple, du sensible, c’est le côté métaphysique, abstrait des choses qui les attire.
Les trois Principaux représentants de cette école Sont Xénophane, Parménide et Zénon.
36. Xénophane ( 575-470), naquit à Colophon en lonie. Après de nombreux et longs voyages, il vint, très vieux, se fixer à Elée, dans la Grande Grèce, où
il fonda une école de Philosophie, 11 nous reste quelques fragments d’un poème sur la nature dont il est l’auteur,
Adversaire acharné de l'anthropomorphisme grec, il condamne la mythologie qui attribue aux dieux des passions et des vices de tout genre. Il appelle toutes ces doctrines les mensonges d'Homère et d'Hésiode, et proclame Partout que l'anthropomorphisme est plutôt l'œuvre de l'imagination désordonnée que de la saine raison, Il enseigne l'unité de Dieu, mais aussi il soutient que le monde ne fait qu'un avec Lui, Donc la réalité qui nous entoure, n’est qu'une illusion, une apparence. Elle n’est pas véritablement elle-même, mais elle est Dieu, C’est du panthéisme idéaliste.
37. Parménide, — Héritier direct et immédiat des doctrines de Xénophane, Parménide, dit-on, naquit à Elée, vers l'an 519 av. J.-C. Lui aussi, est auteur d’un poème swr Ja nature, en deux parties ; la première traitant de la vérité, et la deuxième de l'opinion. Dans l’une, il expose sa doctrine ; dans l’autre, il discute la physique des philosophes ioniens.
T1 commence par récuser le témoignage des sens ; seule, la raison, et la raison bure, est un critère de vérité. Disons tout de suite que c’est la méthode de l'idéalisme, du Pur rationalisme de tous les temps.
L'objet de sa science, c'es l'être. Et pour ce philosophe, l'être est une conception de l'esprit. N'étant qu'un concept logique, l'être doit donc s'identifier avec la pensée, “La pensée, dit-il, est
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la même chose que l'être, Cet être, abstraction de l'esprit, est seul, immobile, infini, éternel. Hors de lui, il n'y a rien, Car, il absorbe toute la réalité, il est tout, Ce Philosophe a donc professé l'unité absolue. La pluralité, selon lui, n'existe pas, c'est une chimère, Héraclite Soutenait, au contraire, la pleuraiité existe, Avec Parménide, tout est, tout reste, rien ne devient. Avec Héraclite, tout devient, rien n'est, rien n'existe. Comme on le voit, c'est le panthéisme idéaliste de Xénophane, plus approfondi, mis à jour, devenu Mmonisme, et dont plus tard, Hégel et beaucoup d’autres feront leur profit. 38. Zénon d'Elée, surnommé le dialecticien, Je Cuntroversiste de l'école d'Elée, vécut vers la fin du Ve siècle avant J.-C. Tout son mérite — et non le moindre — est d'avoir défendu avec une ardeur et une subtilité remarquables les doctrines de Parménide. Il combat la thèse de ja bluralité prônée par les Joniens : et, indirectement, il défend l'unité de l'être. Pour cela, il s'applique à démontrer l'immobilité du mouvement, partant, de la pluralité. SUN grand argument, c'est la divisibilité à l'infini de l'espace et du temps, et il apporte deux exemples qui, dans les manuels de philosophie, avec raison, sont classés parmi les sophismes. Ce sont l'Achille et la Flèche, On sait que pour toute réponse, Dio-
gène le Cynique se contentait de marcher en présence de Zénon.
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