‹ Histoire de la philosophie [microforme]Chapitre 24 sur 137 · ÉCOLE SOPHISTIQUE · texte numérisé non relu

ÉCOLE SOPHISTIQUE

41. Caractère de la Sophistique.—A n’envisager que le mérite intrinsèque des doctrines de Démocrite, de Zénon et de quelques autres, il faudrait classer ces philosophes parmi les sophistes. C’est ce qu'ont fait certains historiens, “ Dans l’histoire de la philosophie grecque, le nom de sophiste a un sens déterminé et plus restreint ; il ne s'applique qu’à un certain nombre d'hommes qui, n'ayant nul souci de la vérité et ne poursuivant que les triomphes d’une dialectique fallacieuse, se jouaient effrontément de tous les principes 1.” Au commencement, le nom de sophiste n'avait rien de déshonorant. Ceux qui savaient mille belles choses, suivant l'expression de Platon, et les communiquaient aux autres, étaient appelés sophistes. Mais, peu à peu, ce nom fut pris dans un sens défavorable, Pour Platon, “le sophiste est celui qui fait de la dialectique un instrument de fortune et souvent de mensonge ” ; pour Aristote, c’est “celui qui gagne de l'argent au moyen d’une science apparente et non réelle ”.

Les principales causes de la sophistique en Grèce furent d’abord l’éclosion des doctrines les plus contradictoires sur l’origine du monde, sur l'âme et Dieu, et ensuite, l'envahissement de la démocratie dont le flot menaçant charriait toute une pléiade d'oratenrs très habiles à manier les passions du peuple par des babillages vides de raisonnements

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