Aristote, liv. I, ch, i PACA
b) Divergences : 1° Is ne Coiprennent pas de la même manière la relation qui existe entre le général et le particulier. Pour Platon, l'umversel ou l'idée existe séparément, en dehors des choses. D'après Aristote, l'idée ne fait qu'un avec les choses d'où l'intellect agent l'abstrait. Le premier ne voit dans la raison qu'une faculté Passire qui, à l'occasion des choses sensibles, se soutient des idées antérieurement reçues : c'est la faculté de se souvenir. Le second enseigne que la raison est une faculté active. 2° Krappé par le mouvement, Aristote monte du relatif à l'absolu, de l'imparfait au parfait, du réel à l'idéal en partant de ce principe: tout ce qui est mü, est mü par un aütre, Ft pour ne pas procéder à l'infini, il déclare nécessaire d'arriver à un moteur qui meut mais n'est pas mü. Platon Y arrive par l'échelle des idées, parce que les choses ici-bas réalisent une idée, un modèle, et il doit exister une ressemblance entre le modèle et la copie. 3: Ce Dieu auquel aboutit la connaissance, dans la philosophie d'Aristote, est un motcur intmobile, un acte pur qui semble attirer tout à lu, sans connaître les créatures ; AU contraire, dans la philosophie de Platon, ce Dieu est amour, ordonnant et gouvernant le monde. 4° L'idée réalisée par le monde est, selon Platon, une forme séparée, existant en elle-même ; pour Aristote, cette idée existe dans l'intelligence divine. 5° Platon est poète, s'abandonne facilement à l'enthousiasme de l'inspiration, sa dialectique est quelque peu nuageuse, flottante ; Aristote est savant, au sens strict du mot ; sa mé-
thode est rigoureusement scientifique, sa dialectique est précise, démonstrative, 6° La morale et la politique d'Aristote l'emportent sur celles de Platon; celui-ci a compromis sérieusement la liberté en confondant la science avec la vertu, en absorbant la morale dans la science. Sa République est une utopie. Celui-là à nettement distingué le monde moral du monde intelligible, il a donné à la morale son véritable Principe, sa véritable base : la liberté. Sa République, n'est Pas purement idéale, mars quelque chose de concret, répondant aux besoins, à la mentalité d'êtres véritablement existants. 7° Platon dédaigne l'observation ; Aristote, au contraire, a un culte pour elle. Platon a des ailes, Aristote en a aussi, mais avec cette différence qu’elles touchent le réel, le concret.
78. Conclusion. — Platon et Aristote sont, sans conteste, les plus hauts représentants du génie grec. Tous deux ont eu une très grande influence sur la pensée humaine, Mais à qui doit-on donner la palme ? La supériorité revient certainement à Aristote. C'est le jugement impartial de l’histoire. A part quelques défaillances, on peut dire que tout se tient dans son système. “ Tandis que les contradictions abondent chez Platon, l'ordre rigoureux et l'unité logique dominent l'œuvre d'Aristote. Celuici ne dépasse Pas seulement son maître de toute la hauteur qui sépare une philosophie pétrie de réalité, d'une philosophie hantée d'abstractions, il prend place, en dehors de tout classement chronologique Où national, au rang des grands penseurs qui illus-