‹ Histoire de la philosophie [microforme]Chapitre 31 sur 137 · RET · texte numérisé non relu

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sensible. Celle-là dépend de celle-ci jectivement, mais objectix faculté sensitive fournit l'objet d'où cst extrait l'universel, terme de la connaissance intellectuelle.

L'appétit raisonnable, ou r'olonté, et l'appétit scnsitif sont consécutifs à la double Aristote, le premier, a arbitre.

+ Non pas sub- ‘ment, en ce sens que la

connaissance, reconnu l'existence du libre Il est vrai que la volonté tend nécessairement au bien, mais pour y arriver, elle pe différents moyens. C'est en cel liberté.

ut choisir a que consiste sa

Bien que l'âme raisonnable soit unie au corps et en dépende objectivement : dans ses opérations propres, cependant, elle échappe à son contrôle, et pour cause, elle est spirituelle. La spiritualité entraine l'immortalité. Aristote a-t-il réellement cru à l'immortalité de l'âme ? Cette levé beaucoup de controverses chez les commentateurs, A-t-il admis l'immortalité personnelle ou impersonnelle? I] s'est abstenu de tion précise de ce dernier problè soit, on doit dire que le Survie du principe pensant.

74. Ethique d’Aristote. — La condition essentielle de toute moralité est le libre arbitre. L'homme, bère de ses actes

question a sou-

donner une solume. Quoi qu'il en Stagirite a enseigné la

* tend vers sa fin, non d'une Manière aveugle, comme les animaux privés de raison et de liberté, mais d'une façon consciente et libre, Quelle est la fin de l'homme? C'est le souverain bien, non pas au sens absolu,

mais dans ses rapports avec l'activité humaine.

Autrement, il ne serait pas

quelque chose de pratique ni d'attingible pour nous. Ce souverain bien, c'est le bonheur, et ce bonheur résulte de l'activité humaine satisfaite. Or l'acte humain par excellence, étant l'acte de la raison, la bensée, il s'ensuit que le bonheur, la sie heureuse consiste essentiellement dans une activité conforme à la raison. Mais l'activité de la raison, de la pensée, c'est la contemplation de l'intelligible, Le suprême intelligible, c'est la pure intelligence, c'est la pensée sans autre objet qu'elle-même, c’est la pensée de la Pensée. Cette contemplation daons laquelle la pensée se touche, pour ainsi dire, se possède elle-même, est le terme de la félicité humaine. Cependant le bonheur complet suppose certaines conditions extrinsèques, comme la santé, la fortune, la réputation. La vertu est le moyen unique et indispensable de Parvenir à ce bonheur parfait. Et pour Aristote, contrairement à son maitre Platon, la vertu n’est Pas une science que l’on obtient par l'étude, mais une habitude que l'on acquiert par l'effort constant de la volonté libre luttant contre les mauvais penchants. Comme il est évident. Aristote voulait réagir contre les sophistes, qui, autour de lui, proclamaient que l'éthique individuelle pouvait se ramener à l’art de vivre au gré de ses passions. La vertu est donc comme la résultante de cet effort continu de la volonté dans la lutte contre le mal. C'est une habitude qui se tient dans un juste milieu : elle évite le défaut aussi bien que l’ercès. Ainsi la vertu de courage se meut entre la timidité et la iémérité.

75. Politique d’Aristote, — L'homme est un individu social, un être appelé à vivre en société domestique d’abord, et civile, ensuite. La famiiie est une institution essentiellement naturelle, Elle ne doit pas être englobée par l'Etat, comme l’a prétendu Platon. La femme doit être traitée en personne libre. Toujours,” sous l'influence des préjugés de l'Antiquité païenne, Aristote donne droit de cité à l'esclavage, en recommandant, tout de même, que l'esclave soit traité humainement.

Le rôle de l'Etat est de procurer la paix et le bonheur des individus et des familles. 11 doit travailler à faire régner la vertu en observant la justice commutative et la justice distributire. Celle-ci se rapporte au mérite, elle a pour règle la proportionnalité; celle-là se rapporte au droit strict, elle a pour règle l'égalité. Aristote réprouve le socialisme et le communisme grossier de Platon e- enseigne que le respect de la propriété privée est un élément indispensable à la prospérité de l'Etat. Platon construit a priori une République idéale, Aristote procède par ‘l'observation et l'expérience. Ce n'est qu'après avoir étudié cent quarante-huit constitutions qu’il arrive à cette conclusion qui est loin d’être absolue : la meilleure forme de gouvernement pour un peuple est celle qui répond le mieux à son génie, à son tempérament et à ses besoins. Cependant, en théorie, il montre des préférences pour la république tempérée, laquelle, selon lui, est “la seule constitution stable qui accorde l'égalité en

de

Proportion du mérite, et qui sait garantir les droits à tous les citoyens ! ”,

76. Poétique d'Aristote. — Pa: poétique, Aristote entend cette partie de la philosophie qui a pour objet la production des choses extérieures et surtout des œuvres d'art. On pet l'appeler encore l'esthétique. Pour le philosophe :de Stagire, ‘le beau consiste dans l'ordre uni à la grandeur ”, L'art est une 1mitation de la réalité, Somme toute, l’esthetique d'Aristote — dans les parties essentielles du moins — ne diffère point de celle de Platon, Les divergences que nous Y rencontrons sont le résultar tout naturel de la diversité de leurs opinions philosophiques.

77. Platon et Aristote. — On met souvent, et comme à plaisir, en Opposition, ces deux grands génies de l'antiquité, en exagérant l'idéalisme de l'un et le réalisme de l'autre. Enumérons brièvement les ressemblances ct les divergences qui existent entre eux.

a) Ressemblances : 1° Tous deux admettent que l'objet de la science est le général qui demeure et non .l'individuel qui Change. 2 Platon et Aristote enseignent qu'il Y à une perfection à laquelle doit tendre l'être : c’est le parfait, l'absolu, l'idéal, qui précèdent l’imparfait, le relatif, le réel. 3° Pour les deux la connaissance aboutit à Dieu. 4 Tous deux prétendent que les choses de ce monde réalisent des idées.

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