LA PHILOSOPHIE À ROME
111. Origine de la Philosophie romaine.— Avant tout, hommes d'action et hommes pratiques, les Romains n'avaient que du dédain pour les spéculations des Grecs. Vainqueurs par les armes, ils furent bientôt les captifs de l'hellénisme : Grecia capta ferum v'ictorem cepit. Le stoïcien Diogène, le péripatéticien Critolaus et l'académicien Carnéade, venus en ambassade à Rome, eurent un tel ascendant sur la jeunesse, que Caton le Censeur se vit dans l'obligation de les congédier. Mais ils laissèrent de leur passage des traces ineffaçables. Et l'on vit surgir à Rome des représentants des différentes écoles philosophiques de la Grèce. Mais, parce que gens pratiques, les Romains eurent une prédilection prononcée pour l’épicurisme, le stoïcisme et l’Académie. Lucrèce exposa à ses compatriotes le système d'Epicure ; la Nouvelle Académie trouva un fervent adepte dans Cicéron ; Sénèque, Epictète, Marc- Aurèle se firent les champions du stoïcisme. On
peut donc affirmer sans crainte, que la philosophie
latine a eu une origine grecque.
112. Lucrèce (95-52 avant J.-C). —- Dans son ème De natura rerum, divisé en six livres, Le crèce ne fait que développer les idées épicurienr Délivrer les hommes de toute crainte, de la peu
des dieux et de la mort, tel est son but. Sensualiste, sa doctrine trouva bon accueil chez tous les jouisseurs et les grands débauchés de l'époque impériate,
113. Cicéron (106-43 avant J.-C.).— Cicéron éclectique avec des préférences marquées pour la nouvelle Académie, surtout dans les questions théoriques. Dans ses volumes de philosophie morale, le De Senectute, le De ÆAmicitia, par exemple, il s'inspire du stoicisme. Platon est son modèle dans k De Legibus et le De Republica. W fait l'éloge de l'immortalité dans le Songe de Scipion (De Republica, liv. VE). Seul, l'épicurisme n'a jamais pu capter sa confiance.
114. Sénèque naquit à Cordoue en Espagne, l'an 2 de l'ère chrétienne. l'our obéir à Néron, dont il fut le précepteur et le ministre, il s'ouvrit les vetnes dans un bain, et mourut en 65. Il représente à Kome la morale stoïcienne. Il applique aux cas particuliers le: principes moraux de la philosophie du Portique. Aussi l'a-t-on appel“ le directeur de conscience. Certaines de ses senten »s nous portent à croire qu'il a entrevu quelque peu les beautés du christianisme. Ses principaux ouvrages sont de courts traités, qui ont pour titres : De constantia sapientis, De Beata vita, De brevitate vite, de bencficiis.
115. Epictète, esclave d'Epaph-odite, affranchi à la mort de son maître, enseigna le stoïcisme surtout par ses exemples. Sa philosophie, essentiellement pratique, est une sorte de dogmatisme moral, On lui doit certaines formules célèbres : “ Abstiens-tri et
sualiste, jouisnpériate, éron pour la ns théoorale, le il s'insdans le loge de ce Repu-
nais pu
me, l'an n, dont les vet- ‘sente à iuxX Cas osophie teur de portent utés du ont de nstantia le benc-
anchi à surtout lement On lui s-toi et
supporte, ” * Veux-tu que tes dés leur effet ? Ne désire que ce Cette morale d'Epictète est k chrétienne, Le christianisme ne le stoicisme, la charité.
116. Marc-Aurèle (121-180), l'empereur philosophe, a le mérite d'avoir introduit la bienfaisance dans le sanctuaire qu stoicisme, Ce n'est pas encore la charité chrétienne, quoi qu'en disent certains historiens de la Philosophie : tout de mème, ça lui ressemble un peu, Sa formule favorite était : “ Corrige et supporte. " I] est étonnant que Marc-Aurèle n'ait pas mis en pratique les belles maximes de morale que renferment ses Pensées. On le présente généralement comme le plus inhumain des empereurs, et, au dire de M. Paul Allard, * les dix-neuf années du règne de Marc-Aurèle sont les plus
cruelles et les plus troublées que l'Église ait encore traversées ! ”,
S aient toujours qui dépend de toi, ” pin d'être la morale proscrit pas, comme