ALBERT DE GRAND
168. Vie et œuvres d'Albert le Grand.— Albert vit le jour en Souabe, vers 1193. Il appartenait à l'illustre famille comtale de Bollstadt. Frappé par
les prédications du second maître de l'ordre de saint Dominique, Jourdain de Saxe, il revêtit l'habit des Dominicains en 1223. Il enseigna tour à tour à Cologne, Hildesheïm, Fribourg, Ratisbonne, Strasbourg, puis de nouveatt à Cologne où il eut pour élève saint Thomas d'Aquin. Il fut successivement provincial de son Ordre en Allemagne, puis évêque de Ratisbonne. 11 abdiqua la charge épiscopale et se retira au couvent de Cologne dont il fit sa résidence habituelle. 11 défendit les doctrines de saint Thomas quand elles furent condamnées par l'évêque de Paris. en 1277. Il mourut à Cologne en 1280. On l'a appelé: Docteur universel. Ses œuvres forment une bibliothèque. Mentionnons seulement les principales: De animalibus.—Ethicorum, libri X.—Politicorum, libri VIII — Metaphysicorum, libri XIIT.
__De unitate intellectus, contra Averrocm.—Quin-
decim problemata contra Averroistas.—De causis ef
processu universalitatis. — Summa theologie. —
Summa de creaturis.
169. Caractères de la Philosophie d'Albert le Grand.—1° Péripatéticiennc: le péripatétisme fait le fond de sa philosophie ; celle-ci, en effet, vulgarise Aristote. 2° Erudite, C'est-à-dire qu’elle fait montre d'une érudition qui tient du prodige. Il possède s de son temps. 3° Inorganique,
toutes les science pas un tout compact,
en ce sens qu'elle ne forme uni. Au reste, il était assez difficile pour Albert le Grand de se débarrasser de certaines influences traditionnelles et surtout des idées néo-platoniciennes de l’arabisme. Ce qui a fait dire à certains auteurs
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que sa synthèse P'hilosophique n'était pas albertine, 170. Philosophie d'Albert le Grand.—La matière et la forme sont l'objet d'une des thèses de sa métabhysique. Quoique péripatéticien dans l'exposé qu'il en fait, il ne l'est Pas jusqu'au bout, 11 a résolu le problème des universaux dans le même sens que saint Thomas d'Aquin. Sa théodicée est frauchement aristotélicienne, I] complète la notion qu'Aristote a donnée de l'acte pur et en fait l'âme de sa doctrine théologique. 11 défend la distinction réelle entre la créature et Je créateur, critique l'émanation, rejette l'éternité de la matière et n'accepte pas la Possibilité de la création du monde ab «terno. Sa psychologie enseigne que ‘’âme est la forme substantielle du corps, le principe vital: mais elle ne dit pas que l'âme est aussi forma corporcitatis. Albert le Grand ne semble Pas complètement fixé sur la nature de l'union de l’âme et du Corps, il admet, cependant, la distinction réelle entre les deux. I] distingue trois genres de facultés : les facultés végétatives, les facultés sensitives, les facultés intellectuelles. L'immortalité personnelle de l’âme humaine est aussi une de ses thèses favorites. L'influence d'Albert Je Grand fut considérable. Un de ses plus beaux titres de gloire Sera d'avoir été le maitre de saint Thomas d'Aquin. Et le docteur angélique, te at en dépassant le docteur universel, lui doit sa vocation philosophique et son initiation au péripatétisme,
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