‹ Histoire de la philosophie [microforme]Chapitre 59 sur 137 · Cf: Gonzalez, Æistoire de la Philosophie, t. IT, p · texte numérisé non relu

Cf: Gonzalez, Æistoire de la Philosophie, t. IT, p

sa détermination intrinsèque de la forme substantielle, elle est susceptible d'en recevoir d’autres (formes substantielles) ultérieures. Et c'est pourquoi il admet une série successive de principes déterminants, depuis les formes génériques, spécifiques, jusqu’à la forme individuelle qui est la dernière et la plus parfaite. 2° L'individuel et l’universel. Suivant saint Thomas, l'essence secundum se, qui est individualisée dans le monde réel (Pierre) et universalisée dans la représentation intellectuelle, n’est qu’un concept abstrait par l'intelligence de l’individu, parce qu’en réalité seul l'individu existe dans la nature. La notion essentielle par laquelle je me le représente, ce par quoi il est ce qu'il est, son essence en soi n'est qu'une construction de l'esprit basée sur la réalité individuelle. Scot prétend que cette essence secundum se, avant de revêtir l'individualité ou l'universalité, est une réalité objective sui generis ayant son unité propre. Et pour lui, chaque élément d'essence qui entre comme constituant dans une substance, possède son être spécial : cuilibet universali correspondet in re aliquis gradus entitatis in quo conveniunt contenta. Maïs alors, si chaque élément constitutif a son être spécial, comment concilier cette théorie avec l’individualité des substances? Scot répond que l'unité d'essence qui convient à tout élément constitutif, avant de former le singulier, est moindre que l'unité individuelle qui résulte de l'union des éléments ensemble. Ainsi l'unité d'essence d'animal est moindre que l'unité individuelle de Pierre (singulier) qui résulte d’ani-

mal et de raisonnable. Cette unité d'essence qui convient à tout élément essentiel est incapable de donner ce complément d'actualité qui constitue la sub- Stance complète, individuelle. Pour accentuer Ja nuance entre l'unité d'essence et l'unité individuelle, le docteur subtil a imaginé la distinction formelle a parte rei. Avant lui, les philosophes admettaient deux espèces de distinctions : la distinction réelle et la distinction de raison. La Première se fait indépendamment de l'esprit entre deux ou plusieurs entités, comme, Par exemple, entre deux individus ; la deuxième est le fruit de l'intelligence, elle s'opère dans et par elle: ainsi, les concepts d'une seule et même chose sont distincts d'une distinction de raison, par exemple, l'animalité et la raisonnabilité, Entre ces deux distinctions, Scot en place une autre appelée distinction formelle à parte rei: formelle, Parce qu'elle existe entre les formalités objectives qui constituent une substance individuelle, q parte rei (fondée sur la réalité), Parce-que, indépendamment de tout acte intellectuel, il Y a dans la réalité une Cause qui la justifie. C'est cette distinction que le célèbre philosophe établit entre Dieu et ses attributs, entre l’âme et ses facultés. Ce formalisme de Scot pénètre tout un Système. Pour le docteur subtil, le principe d’individualisation est l’hœcceitas, l'heccéité. Cette hecceité est la détermination conférée à l'être Par sa forme la plus parfaite, c'est-à-dire par sa forme individuelle. Cette forme imprime à l'essence spécifique un sceau définitif et la détermine à être telle individualité et non telle autre,

186. Psychologie de Scot. — A part la connaissance abstraite et universelle, Scot admet une connaissance intuitive préalable qui nous représente d'une manière confuse l'être concret et singulier. Cette connaissance intuitive s'appelle species specialissima. I a combattu la théorie de l'illumination spéciale. Dans la psychologie scotiste, la volonté est supérieure à l'intelligence. Et c'est pourquoi on dit que saint Thomas est intellectualiste, et Scot, T'olontariste. I est conséquent avec lui-même. En effet. d'après lui, la volonté n'est pas nécessitée par la présentation intellectuelle du bien universel, * mème en face du bien universel, elle conserve son pouvoir d'autodétermination absolue, sa liberté d'exercice. . elle est maîtresse de se détourner de la présentation intellectuelle. Henri de Gand maintient avec saint Thomas, la distinction de la volition nécessaire et de la volition libre; D. Scot la supprime. Nihil zoluntas necessario vult"”.

La volonté est aussi le sujet des vertus morales. parce que la vertu est une habitude élective, et l'élection concerne la volonté. À part l'âme humaine, forme raisonnable, il admet l'existence d'une forme substantielle (forma corporcitatis) qui confère au corps sa perfection organique.

187. Théodicée et morale de Scot. — Le concept d'être convient univoquement et à Dieu et aux créatures ; à Dieu, per se, aux créatures, per participationem. Saint Thomas enseigne que l'être est une

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