Zbid., p
lité de la statue, l'homme doit tendre de toutes ses forces.
Au contraire, par une étrange confusion de mots, le non-agir du maître est l'expression de l'activité conforme à la raison, et Partant, en contradiction avec toute activité désordonnée et sans règle. Au surplus, le texte même du Tao-te-king confirme cette interprétation du non-agir. Nous y lisons, en effet, des Passages comme ceux-ci 1 : “]] (le sage) venge ses injures par des bienfaits. ., Il commence par des choses aisées, lorsqu'il en médite de diffiiles, par de petites choses, lorsqu'il en brojette de plus grandes. .,?" Le sage agit donc... 1] 'enge, il Mmédite, il projette... ctc. N'est-ce pas là avoir une conduite tout à fait active ? Et cette activité bannit toute préoccupation inutile, tout souci, tout ennui. Elle n'est, ni plus ni moins, que cette sérénité d'âme, cette quiétude semblable à l'éternel repos du Tao, de Dieu qui fait toutes choses et les gouverne sans
jamais sortir de son immuable béatitude.
L'idée d’humilité et de simplicité pe::e dans toutes les maximes morales de Lao-tseu :
; et certaines pages du Tao-te-king nous semblen! tirées de l'Evangile, Mal com
prises, la simplicité et l'humilité Pour lui, sont opposées à tout mouvement d'ordre social ou politique nécessaire à la civilisation. On Peut en juger par les lignes suivantes : “ (Si je
8ouvernais) un petit Toyaume et un peuple peu
1. Citations faites par Laforet, Op. cit., p. 75. 2. C'est nous qui soulignons,
une sorte de quiétisme béat auquel
nombreux, n'eût-il des armes que pour dix ou pour cent hommes, je l’'empêcherais de s’en servir. J'apprendrais au peuple à craindre la mort et à ne pas émigrer au loin. Quand il aurait des bateaux et des chars, il n'y monterait pas. Quand il aurait des cuirasses et des lances, il ne les porterait pas. Je les ferais revenir à l'usage des cordelettes nouées (moyen dont les hommes, avant l’usage de l'écriture, se servaient pour communiquer leurs pensées). Il savourerait sa nourriture, il trouverait de l’élégance dans ses vêtements, il se plairzit dans sa demeure, il aimerait ses simples usages. Si un autre royaume se trouvait en face du mien, et que les cris des coqs et des chiens s’entendissent de l’un à l'autre, mon peuple arriverait à la vieillesse et à la mort sans avoir visité le peuple voisin ?, ”
11. Confucius est plutôt moraliste que philosobhe. Il naquit vers 551 av. J.-C. Ses compatriotes l'ont surnommé “ le plus grand instituteur du genre humain que les siècles aient jamais produit ”. Ses dits et ses marimes ont été recueillis par ses disciples et réunis en quatre volumes appelés les Quatre livres classiques ou les Sse-chou. Dans ces écrits on ne trouve aucun aperçu sur l'existence et la nature de Dieu, ni sur la nature de l’homme, ni sur l’origine des choses. Ils n’ont donc aucun caractère philosophique. De l'aveu de tous, “le plus grand instituteur du genre humain ” est un simple moraliste dont les maximes ne se rattachent nulle-