PREMIÈRE ÉPOQUE
PHILOSOPHIE DE L'ANTIQUITÉ (600 av. J..C * 529 ap. J.-C.)
5. Caractères de la Philosophie Ancienne, — 1° Physique : elle est l'étude approfondie de la nature, du monde physique. 2° Logique-Métaphysi-
Que : laissant de côté le concret elle se tourne vers l'abstrait, l'idée fait l'objet de ses recherches, surtout à la seconde période. 3° Morale : elle devient dans la suite plus pratique, la question du bonheur et du Souverain Bien l'intéresse.
6. Divisions, — Aux trois caractères de !, philosophie de l'Antiquité Correspondent trcis Périodes qui en sont la division. 1° Période Anté-Socratique ou la Philosophie Physique (VII au VIe s. av. J.- C.). 2° Période Socratique ou la Philosophie Logique-Métaphysique, qui va de Socrate à la mort. d’Aristote, (Ve au IVe S. av. J.-C). 3° Période Post-Socratique qui s'étend de la mort d'Aristote à l'édit de Justinien (TV® 5. av. J.-C. au Vre s. ap. J.-C.). C'est la philosophie morale.
La philosophie ancienne est surtout la philosophie
grecque. Vu cependant l’importance que l'on donne aujourd'hui à la Philosophie Orientale, surtout de l'Inde et de la Chine, nous en parlerons tout d’abord, quoique brièvement.
Philosophie Orientale
7. Quelques opinions. — S'il faut en croire certains sinologues, la philosophie existait déjà en Chine au moins douze siècles avant notre ère, et six siècles avant la philosophie grecque *.
D'autres historiens ne partagent pas cette opinion. Selon eux, la philosophie chinoise ne remonte pas à
une aussi haute antiquité, parce que, disent-ils, les monuments que l'on invoque à l’appui de cette thèse, n'ont rien de philosophique et leur date est très incertaine. D'après ces auteurs, la philosophie en Chine n’a commencé qu'avec Lao-tseu (604 av. J.-C.) et Confucius (551 av. J.-C.).
Quant à la philosophie de l’Inde, elle n'avait guère excité la curiosité des savants jusqu'au commencement du XIX® siècle. A cette époque, en effet, vers 1823-1827, Colebrook, savant anglais, communiqua à la Société asiatique de Londres des mémoires qui sont une des sources les plus abon-
1, Pauthier, Æsquisse d'une Histoire de la Philosophie grecque.
2. Laforet, Histoire de la Philosophie, t. 1, p. 60. Premare, Recherches sur les temps antérieurs au Chou-King.
dantes et les plus précieuses pour la Connaissance. de la philosophie hindoue.
Dans l'Inde, comme partout ailleurs, on constate que les écrits religieux sont antérieurs aux travaux philosophiques. Et Pour quelques-uns, les J’édas 4 — livres saints du brahmanisme — remontent au XIIe siècle av. J.-C. D'autres les placent à une époque beaucoup plus reculée, Quoi qu’il en soit, il est généralement admis que le XIVe siècle av. J.-C. est la limite extrême fixée à la naissance de cette littérature, Chaque Véda se compose de deux parties : la partie disciplinaire ou liturgique appelée mentras et la partie dogmatique connue sous le nom de brahmanas. Ordinairement, on A place cette dernière Composition entre les années s 800 et 600 av. J.-C. Ft tout porte à croire que la | philosophie de l'Inde naquit vers cette époque, un s peu avant l'apparition du boudhisme. Nous étue £
dierons successivement la philosophie en Chine et dans l’Znde.
t LA PHILOSOPHIE DE LA CHINE ë n 8. Lao-tseu. — La0-tseu vit le jour vers l'an , 1 604 av. J.-C. Il est l’auteur de l'ouvrage intitulé : S Ë Tao-te-king ou Livre de la voie et de la vertu qui 4 3 renferme ses doctrines philosophiques. Le Tao-te- 4 É king contient deux parties : Ja métaphysique et la ki = morale.
4 9. Métaphysique de Lao-tseu. — Le trait carace-
5 téristique de la métaphysique de Lao-tseu est le
panthéisme. Ce philosophe croit à l'existence d’une substance suprême, immuable, spirituelle, invisible, infinie, bref, à l'Etre éternel, principe premier dont toutes choses procèdent par voie d'émanation. Quelques commentateurs du Tao-te-king vont jusqu’à croire que Lao-tseu soupçonnait l'existence de la Trinité ?.
10. Morale de Lao-tseu. — Plutôt moraliste que métaphysicien, Lao-tseu a laissé tout un code de préceptes et de devoirs, incomplet, il est vrai, mais qui, par l'élévation et la pureté, l'emporte sur toutes les maximes des philosophes de la Grèce païenne. Rattachant la morale à la métaphysique, il donne Dieu (Tao) comme la source de la vertu (Te) et le propose comme modèle à l’homme vertueux.
Le grand principe sur lequel repose toute la morale du philosophe chinois, est celui du nouagir. “ Le non-agir est, selon le père de la philosophie chinoise, le faîte de la perfection morale et marque l’état de sainteté accomplie par l’homme ; arrivé à cette hauteur, l’homme reproduit en soi l’image du Tao, l'être parfait, qui pratique constamment le non-agir ©.”
N’allons pas chercher dans ce non-agir la condamnation de toute activité, d'où qu'elle vienne, soit de l'intelligence, soit de la volonté. C'est ce qu’enseignent certains disciples de Lao-tseu. Pour eux, le non-agir, c'est l'immobilité complète, l’immobi-