‹ Histoire de la philosophie [microforme]Chapitre 61 sur 137 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

Op. cit., p

tive: dans la critique négative des doctrines étrangères que dans la parfaite organisation de son système, Aussi son système doctrinal est loin d’avoir la perfection du système thomiste,

“ Les réfutations interminables qui abondent dans chacune de ses questions ne permettent que difficilement de suivre le cour: de ses idées, et le langage incorrect qu'il emploie contribue à rendre ingrate la lecture de ses écrits’ ‘” Gonzalez appelle Scot le Kant du XIII: siècle *. Quoi qu'il en soit de routes ces appréciations, il est au moins vrai de dire que Duns Scot mérite une place prépondérante dans l'histoire de la philosophie.

ROGKR BACON (1210-1294)

188. Vie et œuvres de Bacon. — Roger Bacon naquit en Angleterre. Il étudia puis professa à Oxford. Dans sa jeunesse, il eut un goût très prononcé pour les langues et les sciences. Entré chez les Franciscains, il continua ses recherches et ses travaux sans avoir toutefois la permission de ses supérieurs d'en faire part à ses semblables. Le pape Clément IV, son ami, enjoignit à lacon de lui envoyer l'ouvrage qu'il projetait de publier, et cela, malgré la défense de ses supérieurs. A la mort de Clément IV, Bacon eut à répondre à l'accusation d'écrire et d'enseigner des doctrines suspectes. Cer-

1. Stockl, cité par Gonzalez, op. cif., PP. 331-333 2. lbid., p. 330.

tains historiens racontent qu'il a été incarcéré durant : ce qui n'est pas démontré.

en 1284. Son

Causes de nos erreurs Phie ct des sciences ax 3° Linguistique ; 4° Mathé » 6° Science expérimentale L'Opus mimatières de l'Opus majus; “ommente les deux pre- On doit encore à Bacon deux traités, l’un De multiplicationc Secicrum, l'autre intitulé : Com-

Pendium studii bhilosophie.

189. Caractères de la Philosophie de R. Bacon. 1° Exrpérimentale: il ne faut pas oublier qu'il avait un culte tout à Ja fois pour les sciences philosophiques et physiques. Il était au Courant de toutes les sciences d'observation et reprochait aux scolastiques de ne Pas faire assez de cas de l'expérience, 2° Aristotélicienne, du moins dans l'ensemble de sa doctrine, I] Y a introduit quelques éléments hétérogènes qui font que l'on considère ses théories Corime des déviations de la Scolastique et qu’on le classe parmi les dissidents. I] est rempli d'admiration pour Aristote. mais il regrette que ses contem- Porains, n'ayant sous les YEUX que de fausses traductions du Stagirite, ne l'aient Pas suffisamment Compris. 3° Originale, Surtout dans les questions où il n'est pas d'accord avec les Scolastiques. 4° /ndé- Pendante: c'est une conséquence de sa personnalité. IT énonce des théories Suspectes, fruits d‘un esprit

ss 184 —

insubordonné, qui lui attira bien des déboires et bien des ennuis. 5° Traditionnaliste: Dieu seul a pu enseigner aux hommes la vraie doctrine.

190. Doctrines philosophiques de R. Bacon. — Dans leur ensemble, les doctrines philosophiques de Bacon ont une grande affinité avec l'ancienne scolastique. Ainsi, il admet la plurailté des formes, la matcria spiritualis, les rationes seminales. La théorie des universaux de Bacon nous est plus ou moins connue, Une question capitale dans la philosophie de Bacon est celle de la relation entre la théologie, la philosophie et les sciences. C'est la théologie qui a la prédominance. Par elle-même, la philosophie n'a aucune valeur, elle n'est que l'instrument du dogme. Pour lui, Dieu seul a pu enseigner aux hommes à philosopher, en leur révélant la vérité. Aucune des questions de la philosophie n'aurait pu être résolue sans livres et sans docteurs. C'est du traditionnalisme. À cause de la malice des hommes, Dieu leur octroya les vérités philosophiques avec parcimonie et mélangées de beaucoup d'erreurs. Pour connaître le trésor que contient la philosophie des anciens, il faut étudier l'histoire: d'où la nécessité des langues. L'intellect agent n'est pas une partie de notre âme, c'est Dieu. Il y a trois manières de connaître: par l'autorité, par la raison et par l'expérience. Or l'autorité ne suffit pas sans raisonnement, et si l'expérience ne vient pas confir-

mer les données du raisonnement, celui-ci ne peut nous conduire à la possession parfaite du vrai. L'expérience est donc l'unique source de certitude. Plu-

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sieurs auteurs n'hésitent pas à regarder liacon come Un précurseur de nos positivistes modernes,

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