LA PHILOSOPHIE DE LA RENAISSANCE
215. Les causes de la Renaissance. — Suivant Cousin, la Renaissance est “ l'éducation de la pensée moderne par la pensée antique ”, Cette définition s'applique aussi bien à la philosophie qu’à la littérature. C'est le retour vers l'antiquité, Elle constitue l'époque de transition entre la philosophie du moyen âge et la philosophie moderne. Ce mouvement de retour, commencé d'abord en Italie, se propagea rapidement en France, en Angleterre, en Allemagne. Il eut pour causes Principales: 1° L'incention de l'imprimerie, qui contribua à répandre en Europe, avec Une prodigicuse rapidité, des œuvres nouvelles inconnues jusque là. 2° L'erode des savants grecs en Italie. Deux raisons expliquent cet exode: l'hos- Pitalité princière qu'ils reçurent en Italie, même avant 1453, et la prise de Constantinople. Ces savants apportèrent avec eux les Ouvrages originaux d'Aristote, de Platon et de Plotin. 3° La réforme protestante: d'où est sorti le libre examen qui engendre nécessairement l'indépendance, ennemie de toute autorité: 4° Les grandes découvertes scientifiques qui créèrent une mentalité nouvelle et accentuérent outre mesure la soif du nouveau.
216. Caractères de la Philosophie de la Renaissance. — 1° Mépris cragéré de la Scolastique: cette Philosophie, en effet, se donne pour mission de supplanter Aristote et de le remplacer par des philo-
sophes de second ordre. 2° Dédaigncuse du dogme catholique : autant la philosophie scolastique du XIII siècle avait été respectueuse de la vérité révélée, autant la philosophie de la Renaissance se montra dédaigneuse à son égard. 3° Passionnée pour toute noureauté: tout ce qui est nouveau a ses préférences. Pour elle, les anciens systèmes sont passés de mode. 4° Hétérogène: elle renferme les systèmes les plus opposés et les théories les plus incompatibles. 5° Inorganique: les éléments épars dont elle est faite, empêchent qu'elle forme un tout compact et une syathèse harmonieuse, à l'exemple de la scolastique, à l'époque précédente.
217. Influences des différentes écoles. — A cette période de renouvellement, les anciennes écoles exercèrent une influence prépondérante. Ainsi les idées pythagoriciennes avaient été remises en honneur. L'illustre et savant cardinal Bessarion, Marcile Ficin, Jean Pic de la Mirandole, François Patrizzi, qui, d'aristotélicien qu'il était, devint fervent adepte de Platon, représentent l'école platonicienne. Alexandre Achillini, André Cesalpini, se montrèrent les antagonistes des L'atoniciens en Propageant |. ; idées de l'école péripatéticienne. L'école panthéiste trouva un fervent adepte dans Giordano Bruno, moine domiricain qui, à cause de ses erreurs et de ses égare ents, fut jugé comme relaps et condamné à être brülé à Rome, en 1600, L'alchimie et la magic eurent à cette époque de nombreux partisans.
218. Les philosophes. — Ta Renaissance eut un double courant. Elle se Mauifesta dans les sciences Philosophiques et Physiques. Nommons simplement
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quelques philosophes et quelques sazants époque. Pomponat (1462-1226), d en S'appuyant sur l'autorité d'Aristote, tâche de prouver la mortalité de l'âme humaine et la nonexittence de la liberté qui, d'après lui, est inconciliable avec la Providence. Son disciple Vanini (1585-1619), interprète Aristote à la d'Averroès et enseigne l'éternité de la matière. Telesio (1508-1588), lui, lutte avec acharnement contre le Stagirite ; d'où son surnom d'* égorgeur de la philosophie péripatéticienne ”, Campanella (1563-1639), auteur de la Cité du Soleil, soutient les idées que Platon expose dans sa République. Giordano Bruno (1548-16: >) se signale pour son panthéisme mystique. Ramus (1515-1572) combat Aristote, principalement sur le terrain de la logique.
219. Les savants. — On cite au premier rang, le Célèbre peintre Léonard de Vinci (1425-1519), qui fut un savant de grand renom. On lui doit de nombreux et remarquables travaux scientifiques.
les sciences astronomiqu
manière
Dans es à cette époque, brillent Coperaic (1473-1543), qui présenta comme hypothèse la théorie de l'héliocentrisme: Galilée (1473- 1543) qui énonça cette même théorie comme thèse : Kébpler (1570-1630), auteur de lois astronomiques qui portent son nom. Dans les sciences naturelles, sont dignes de mention: Paracelse (1493-1541). Van Helmont (1577-1644), Michel Servet (1509- 1543), Vésale (1514-1553). Au rang des mathématiciens citons Tartaglia, Cardan (1501-1575) et Viète (1540-1603).
de cette ans ses ouvrages,
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