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Caractères de la Philosophie de Reid

1° Psychologique : pour le philosophe écossais, $ philosophie se réduit à ‘une histoire naturelle de l'âme ”, à l’observation des faits psychiques afin d'en dégager les lois qui les régissent. 2° Ennemie de toute spéculation métaphysique: dans les solutions de cause, d’origine, de fin, dans celles qui sont relatives à la légitimité de nos connaissances, il fait appel au sens commun et à la croyance générale. 3°

Anti-cmpiriste: elle fut une réaction contre la philosophie de Lock et, par suite, contre l’idéalisme de Berkeley et le phénoménisme de Hume.

293. Doctrines philosophiques de Reid, — À ja théorie des idées représentatives de Locke, Reid oppose le système de l’immédiatisme, de l'intuitionnisme. Ce que nous percevons directement, avait enseigné Locke, ce ne sont pas les choses extérieures, mais les idées qui les représentent. Le philosophe écossais, au contraire. soutient que nous percevons ]s choses extérieures directement, sans intermédiaire ; nous en avons l'intuition. L'idée représentative de Locke, indépendante et du sujet qui connait et de l'objet connu, n'est qu'une pure abstraction, La perception extérieure, pour Reid, est une suggestion immédiate qui se ramène à trois éléments : la sensation, l'idée ou conception d’un objet extérieur, et la croyance irrésistible à l'existence de cet objet. Lorsque nous avons la sensation d'une chose, elle nous suggère immédiatement la conception ou l'idée d'un objet extérieur et la conviction invincible de son existence. “C’est une loi de notre nature, dit-il, que la conception de l’objet perçu et la croyance à sa réalité suivent constamment et immédiatement la sensation. ”

À part l'immédiatisme et l'intuitionnisme connus sous le nom de perception extérieure, il y a encore, chez Reid, la théorie du sens commun. S'il faut l’en croire, le sens commun est comme la racine, le fondement de toute philosophie. Pour lui, le sens

commun, c'est l'ensemble de ces jugements primitifs, de ces principes premiers, immuables, universels, implantés dans l'esprit de tout homme. Nous voyons par là qu'il n'accepte pas la théorie de la table rase. Et sur cet ensemble de jugements primitifs, de vérités a priori qui constituent le sens commun, lequel, à son tour, prend la place de la raison, est fondée la croyance invincible à la réalité du monde extérieur, de l'âme et de Dieu.

294. Appréciation. — La philosophie de Reïd a un caractère superficiel. Elle se borne à recueillir une foule de faits intéressants, sans nous en offrir la synthèse. Pour s'être trop défié de la métaphysique et avoir tout ramené au bon sens, Reid enlève à son œuvre le cachet vraiment scientifique. Comme bien d’autres, il a été trop loin. Voulant combattre l'hypothèse des idées représentatives, il fait une guerre exagérée à toute supposition et déclare que toute philosophie doit être assise sur des principes qui sont évidents par eux-mêmes. La philosophie de Reid exerça une grande influence en France, au commencement du XIX° siècle. “ A son école, dit M. Boutroux, se sont formés de solides ou brillants écrivains. .… toute une phalange de maîtres qui, par leurs écrits théoriques, polémiques, historiques, ont vaillamment soutenu après Cousin et Jouffroy, la cause du spiritualisme platonicien et cartésien !. ”

295. Dugald Stewart (1753-1828).—En rigueur de date, Stewart devrait être classé dans le XIX°

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