Op. cit., p
3. Ritter, Æ7rs/. de la Phil, t 1, p. 59. — Abel Rémusat, élanges Dosthumes, p. 178.
le raisonnement sar= s'occuper de l'autorité des Védas ou livres reugieux. La philosophie Sankhya se divise généralement en deux écoles : l’école de Kapila (athée), celle de Patandjali (théiste). 14. Ecole de Kapila. — Où est ré Kapila, à quelle époque a-t-il vécu ? On ne saurait le dire. Toute la philosophie de Kapila peut se résumer comme suit : 1° Science idéale, science parfaite, science éminemment pratique, la philosophie a pour but de procurer à l’homme la béatitude suprême ; et Kapila enseigne trois moyens pour arriver à la possession de cette science: la perceftion qui, pour lui, n'est que sensible, l'induction et l'affirmation, c.-à.-d. le témoignage des sages et surtout de la révélation. 2° La connaissance approfondie des principes — au nombre de 25 — tél est l’objet de la philosophie. La nature procréative, cause matérielle et fatale, est le premier et la source de tous les autres principes. II refuse l'intelligence à la nature ; et, pourtant, il fait naître celle-là de celle-ci. L'intelligence à son tour donne naissance au moi qui produit le monde. Ce moi n'est pas le moi propre à chaque homme en particulier, mais le moi primitif, en qui l’Intelligence s’est individualisée. 3° Pour Kapila, l'âme humaine est un principe éternel, ni produit ni producteur, distinct du monde et de la nature. Tout en étant simple, tout en jouissant de l’individualité substantielle, elle n’est en soi et par sa propre nature ni intelligente, ni consciente. Elle devient intelligente, consciente et sensible lorsqu'elle s’unit au corps. Aussitôt qu’elle quitte le corps, elle perd
dentellement. 4° Cette âme in émigre tout de même non seulenent dans un autre Corps humain, mais aussi dans le corps d’un animal, dans une plante, voire dans une pierre immo-. bile. Parce qu'inactive, l'âme ne peut certainement Pas passer d’un corps à un autre. Comment résoudre la difficulté ? Kapila répond que l’âme a un compagnon inséparable qui lui sert de véhicule dans ses transmigrations, c'est une espèce de corps subtil qui ne la laisse jamais. Leibniz, piusieurs siècles après, a énoncé à peu près la même opinion. Ce passage, cette transmigration, est un Sapplice. Le philosophe hindou se vante d’avoir trouvé le moyen d’en libérer l'âme complètement : ce moyen, c’est la science. Il croit à l’immortalité de l’âme, non pas à l’immortalité personnelle. L'âme ira dans un monde supérieur à celui des dieux. Ce monde, que sera-t-i] ? Il n’en dit rien. Bien que Kapila admette La mythologie orientale, on ne trouve dans sa philosophie aucune notion de la divinité. Et voilà pourquoi l’athéisme est le trait Caractéristique de sa doctrine. 15. Critique.—I1 est facile de voir que Kapila se heurte à bien des contradictions et que sa philosophie, à côté de vérités dignes de ce nom, contient des absurdités. Comment la nature privée d'intelligence peut-elle être la cause de celle-ci ? Qu'est-ce qu’il entend par ce moi primitif où
active en elle-même,
s’est réfugiée
n'est unie qu’acci-
l'Intelligence ? Et l’âme humaine, comme l'enseigne la saine philosophie, n'est pas éternelle, elle a eu un commencement ; c'est une substance créée ex #ihilo immédiatement par Dieu, intelligente, consciente en elle-même, communiquant au corps l’activité ; substance complète en. elle-même, s’unissant à tel corps plutôt qu’à tel autre, parce qu'elle a été créée pour lui, s'en séparant par la mort, pour vivre éternellement, jouir d'une immortalité propre et personnelle. Nous sommes loin des théories et de la métempsycose de Kapila.
16. Ecole de Patandjali.— Contrairement à Kabila, Patandjali admet le dogme de l'existence de Dieu et professe que la véritable voie au bonheur est ron pas la science, mais la dévotion à Dieu. Il dé .t avec précision et avec exagération toutes les phases de l’union à Dieu. Ses théories, loin d’être philosophiques, sont de l’illuminisme et du mysticisme qui confinent à la folie.
17. Philosophie Nyaya.— Au dire des Indianistes les plus distingués, le Nyaya est le plus célèbre et le plus important de tous les systèmes philosophiques de l'Inde. Gotama, dit-on, est .le fondateur du Nyaya. A dire vrai, les historiens de la philosophie ne sont pas absolument fixés sur Île nom de l’auteur du Nyaya ni sur la date de sa naissance. Le nom donné à la philosophie de Gotama en indique le caractère. Nyaya, en effet, signifie raisonnement. C’est une philosophie qui s'occupe donc spécialement du raisonnemnt, de sa nature, de ses lois. C’est une dialectique, avant tout ; et par
me là, elle se distingue complètement de la philosophie un de Kapila. Parce que dialectique, cette philosophie ilo n’est pas une Logique dans l’acception rigoureuse À en du mot, ce n'est i ; Es.
l'art de discuter. Elle fournit un ensemble de règles 4 rps qui conduisent habilement quelqu'un à triompher de ur son adversaire, |:
lle- Selon Gotama aussi, la science a Pour mission de à le. Procurer le bonheur à l'homme ; et cette science, il ‘4 sy- Y 4 quatre moyens de l'acquérir : Ja Perception, 1 l'inférence ou induction, la COMparaison et le témoi- pe: Ca- à Jnage. Ces quatre facultés ne sont que sensibles, : de De la raison, puissance spirituelle, le Philosophe eur hindou ne dit rien.
Il On a souvent comparé la dialectique de Gotama les à l'Organon d’Aristote. Voici ce que dit à ce sujet, tre Monsieur Barthelémy Saint-Hilaire dans les Mesti- moires de l’Académie des sciences morales et politiques (t. III, PP. 236-239) : : “Il est de toute évilia- dence que le Nyaya et 1 Organon ne se sont rien emlus Prunté ; c’est là une vérité incontestable, qui, en nes présence des pièces même du procès, doit frapper Je
et impartial... Gota-
comme la Grèce, a le voulu se rendre compte du raisonnement ; mais la a1S- Première tentative a été, comme elle devait être, ma
moins profonde que la té aux abords, Aristote ire, À n- AS