DAVID DE DINAN
Ainsi, maigre la nouveauté de ses opinions psycologiques, Alfred de Sereshel ne fut pas inquiété, n'ayant lui-même, comme il paraît, inquiété personne. En effet, on resta longtemps sans reconnaître qu'il n'était guère possible de raisonner librement sur le siège de l'àme sans compromettre plus ou moins quelque article de la croyance traditionnelle, et, quand enfin on le reconnut, le promoteur du vitalisme, Alfred de Sereshel, était déjà complètement oublié. Alexandre Neckam ayant abrégé son livre pour le mettre plus correct, plus lisible, entre les mains des écoliers, c'est au complaisant abréviateur que la responsabilité du délit fut imputée tout entière. Il ne faut pas s'étonner de cette erreur ; on Ta souvent commise. Quelquefois pourtant la justice est plus curieuse et s'égare autrement. Ayant trouvé d'incontestables analogies, elle suppose des affiliations qui n'ont pas existé. Celui qu'elle condamne alors comme le premier et principal auteur du crime, c'est elle qui le fait connaître à ceux qu'elle lui donne pour complices. Tel fut le cas de David ; mais lorsqu'on eut acquis la notion de son
étonnante impiété, il était dopnis longtemps couché dans la tombe, et l'on ne put brûler que ses livres.
David, de Dinan en Bretagne ou de Dinant sur la Meuse, on ignore sa patrie, ne paraît s'être occupé ni de l'homme physique ni de l'homme moral. Gela peut-être Ta sauvé d'un péril, mais pour le faire tomber dans un autre. On risque toujours moins à parler de l'homme, même sans bien le connaître, qu'à discourir sur l'être en général, et particulièrement sur les lois supérieures dont Thomme subit la contrainte. Nous prouverons que le système de David est encore un système d'emprunt. En a-t-il même compris toute la portée ? Cela n'est pas certain. Un chroniqueur anonyme nous le représente à la cour dlnnocent III, faisant quelque figure parmi les familiers de ce pape, qui avait, dit-il, trop de goût pour les raffinements de l'esprit (1). C'est le seul renseignement (il est loin de sufi^re) qu'on ait sur la vie de David. On connaît mieux sa doctrine, qu'il avait exposée en deuxlivres différents.
Nous ne possédons plus, il est vrai, ni l'un ni l'autre ; ils ont été pieusement supprimés ; cependant, iln'estpas douteux que la doctrine de David ait été le vrai panthéisme. De ces deux livres perdus l'un avait pour titre Quarterni ou QuaternuU, Cahiers on Petits cahiers. L'autre n'était pas intitulé, comme on l'a dit, Des atomes, et n'avait aucunement pour objet de reproduire les In-pothèses recommandées par Leucippe à l'école d'Épicure. On s'est trompé sur ce point. David de Dinan n'a pas pu placer le nom des atomes en tête d'un livre composé pour faire valoir de tout autres chimères. Albert le Grand l'intitule non pas De atomis mais De
(i) Chronicon Landun. canoniciy dans le Rec, des Histor. delà France. t. XVIIl. p. 71o.
tomis ; De tomis, dit-il, id est de dwisionihus (1). Ce titre est donc, en abrégé, celui d'un écrit analogue, et que nous avons précédemment fait connaître. D^^orms, c'est à dire de divisionihus ; ainsi le grand ouvrage de Jean Scot Erigène est intitulé De clivisione naturee. David de Dinan devait d'abord considérer la nature ou l'ensemble des êtres comme un grand tout, et ce grand tout comme le premier objet de la science ; il devait ensuite, descendant de l'un au multiple, diviser ce tout en autant de sections, tomos^ en autant de partis q^i'il y a de genres, d'espèces, d'individualités distinctes. C'est la méthode ordinaire des philosophes qui tiennent pour l'unité de substance. C'est évidemment la plus commode. Il n'est pas facile de prouver l'unité par la diversité ; mais, l'unité d'abord supposée, la diversité se prouve sans peine. N'est-elle pas affirmée par tous les témoignages de Texpérience ?
Quant à la doctrine de David, saint Thomas nous l'expose en ces termes : « L'erreur de quelques anciens «philosophes, » c'est à dire deMelissus, de Parménide, de Xénophane, si souvent cités et combattus dans la Physique et la Mètai^hijsique d'Aristote, « fut d'ad- « mettre une essence commune à Dieu et à toutes les « choses. Ils supposaient, en effet, que toutes les (( choses sont un seul être et ne diffèrent, comme l'a « dit Parménide, que par de simples apparences, au « jugement de nos sens. Cette opinion des anciens (( philosophes a été suivie par quelques modernes, au « nombre desquels on peut nommer David de Dinan. « En effet, celui-ci partageait les choses en trois caté- « gories, les corps, les âmes et les substances
(1) Albertus Magniis, Summa theoL, part. IL tract, iv, quaesl, 20. Dans le tome XVII des Œuvres d'Albert.
«t séparées. Il appellait liyle le premier indivisible « qui est le fondement des corps, et noys ou mens le « premier indivisible qui est le fondement des âmes ; « quant au premier indivisible parmi les substances <( éternelles, il le nommait Dieu. Il disait enfin que « ces trois choses sont une seule et même chose, et « conséquemment que toutes les choses sont une « seule chose essentiellement (1).» Ainsi l'opinion de David était, au rapport de saint Thomas, que les trois principales divisions de l'être sont la matière, Tintelligence et Dieu. Mais, (hsait-il. sous ces formes diverses la pensée n'observe que des êtres imparfaits. L'être parfait est l'être unique au sein duquel toutes les diversités se confondent : c'est l'essence vraiment fondamentale, en qui la matière, Tintelligence et Dieu ne se distinguent plus. Voilà ce que nous apprend saint Thomas sur la thèse de David, assimilée très judicieusement à celle de Parménide.
D'autres exphcations nous sont fournies sur la même thèse par le maître de saint Thomas, Albert le Grand. David, suivant Albert, raisonnait ainsi : Le genre contient la matière de l'espèce ; à l'égard de l'espèce, le genre est la matière : Quodformahile estinpluramateria est, vel ad minus principiuyn materiale. Or, quel
(1/ Thomas in sec. libr. Sententiar., dist. xvii, q. 1 : a Quorumclain antiquorum philosophorum error fuit quod Deus esset de essonlia omnium rerum. Ponebanl enim omnia esse unum simpliciter et non differre, nisi forte secundum sensum vel .Tstimationem, ut Parmenides dixit ; cl illos otiam antiquos pbilosophos seculi sunt quidam moderni, ut David de Dinanto. Divisit enim res in partes très, in corpora, animas et substantias separalas. Et primum indivisibile ex que constituuntur corpora dixit Yle; primum autem indivisibile ex quo constituuntur anima^ dixit Noym, vel mcnletn ; primum autem indivisibile in substantiis a'ternis dixit Deum. Et h'd?c tria esse unum et idem .• ex quo iterum consequitur esse omnia per essentiam unum. »
DE LxV PHILOSOPHIE SCOLASTIQTJE 77
est le genre suprême, le plus général des genres? C'est rètremême dont la notion comprend celle de tous les êtres. Cet être est donc la matière de tous les êtres subalternes, ou, en d'autres termes, de toutes des divisions dont il est le fondement. Les principales de ces divisions étant la matière des corps, celle des âmes et celle des substances séparées, il est ainsi prouvé que ces trois matières n'en font qu'une au sein do l'être en général. D'où l'on doit conclure que cette matière unique est l'être même, ou, sous un plus beau nom, Dieu ; Et sic videtur quodDeus sitmateria omnhini (1). Nous trouvons enfin, dans plusieurs écrits d^'Albert, quelques phrases littéralement empruntées aux livres perdus de David, et nous allons citer à notre tour quelques-unes de ces phrases précieuses. « Il est, ditce il, évident qu'il n'y a qu'une substance, commune « à tous les corps, à toutes les âmes, et que cette « unique substance est Dieu lui-même. » Il est bien vrai (c'est une objection qu'il se fait à lui-même) que l'on appelle matière la substance des corps, et celle des âmes intelligence ; mais, se répond-il, il ne semble pas moins évident que ce sont là des distinctions purement verbales. En fait, et telle est expressément la conclusion de David, « Dieu, la matière etl'in- (( telligence sont la même substance, » sous des noms divers (2). Nous insistons, nous devons insister sur ce point de doctrine, qui est vraiment capital. Se-
(1) Albertus Magnus, Sumnia theol. part. II, tract, iv, qua;st. 20.
[2) « Ponit (David) lalem conclusionem, sic dicens : — Manifestum est unam solam substantiam esse, non tantuni omnium corporum, sed etiam omnium animarum, et hanc nihil aliud esse quam ipsum Dcum, quia substanlia de qua sunt omnia corpora dicitur byle, substanlia vero de qua sunt onines anim;e dicilur ratio vel mens. Manifestum est igitur Deum esse substantiam omnium corporum et omnium animarum. Patel igitur quod Deus et liyle et mens una sola substantia sunt. » Albert Magnus, Summa
Ion David, Tètre qui possède la plénitude de la substance est quelquefois diversement considéré, et de cette considération diverse résulte la double notion des âmes et des corps. Les corps et les âmes étant donc ainsi diversifiés, on nomme matière le fondement des corps, intelligence le fondement des âmes ; mais ces noms particuliers ne désignent pas des entités concrètes ; ils expriment simplement des vues abstraites de la pensée. La vraie substance contient toutes les âmes et tous les corps, sans être pourtant ni tel corps ni telle àme, et le seul nom qui lui convienne est le nom de Dieu. Voilà la thèse de David. C'est, en propres termes, celle de Spinosa : « Tout ce qui est est en « Dieu, et rien ne peut être ni être conçu sans Dieu (1). » Voici maintenant la démonstration de David. C'était, nous a-t-on dit, un raisonneur très subtil. Les citations que nous allons reproduire prouveront, en effet, qu'il savait très-bien manier toutes les armes que fournit l'arsenal de la logique : « L'intelligence, dit-il, conçoit « à la fois Dieu et la matière. Or, l'intelligence ne com- « prend une chose qu'à la condition de s'assimiler à « cette chose ; il faut donc qu'elle s'assimile à Dieu, à « la matière. Mais s'agit-il ici d'une complète identifi- « cation ou d'une assimilation toute simple ? Il ne s'a- « git pas de cette assimilation toute simple qui a lieu « par le moyen d'une forme abstraite de l'objet intelli- « gible ; en effet la matière et Dieu n'ont également « aucune forme. Si donc l'intelligence les conçoit, elle « les conçoit parce qu'elle leur est identique. Donc
theolog. part. IL tract, xii, quccst. 72, memhr. 4, art. 2. Le même fragment de David est reproduit dans une autre Somme d'Albert, Summn de creaturis, part. II, quKSt. o, art. 2.
(1) Spinosa, Ethique, prem. part., p. 16 de la trad. de M. Suisset.
« l'intelligence, la matière et Dieu sont un même (1). » Cette proposition est encore ainsi démontrée : « Le • « point est le principe de la quantité continue, et l'uni- « té le principe de la quantité discrète. Or, le point et « Tunité ne diffèrent pas comme principes ; ils diffèrent <c en ce que le point se rapporte à la chose continue, l'u- « nité à la chose discrète. Si donc on fait abstraction de « ce qui diffère entre eux..., le point et l'unité sont une « même substance. De même, Dieu, la matière et l'in- (( telUgence sont des principes chacun en sa sphère, « et ils ne diffèrent pas en tant que principes, car la « cause de leur différence ne peut être celle de leur « convenance, mais ils diffèrent en ce que Dieu est le « principe actif et la matière le principe passif. Si donc « on fait abstraction de cette différence, ils sont un « même. Pour conclure, il y a qu'une substance, « laquelle est la fois matière, intelligence et Dieu (2). » Ainsi conclut, avec la même rigueur, avec la même
fl) « Intcllcctus intelligit Deum et liyle, sive materiam ; sed niliil intelligit intellcctus nisi pcr assimilationem ad ipsum ; oportct igitur quod assimilatio sit inlellectus ad Deum et hyle. Hsec autem assimilatio vcl est per idcntitatem vel per simplicem assimilationem. Sed non est pcr simplicem assimilationem, quia assimilatio non fit nisi pcr formam abstraclamab eo quod intelligitur ; hyle autem et Deus nullam habent formam. Si ergo intelliguntur, oportct quod per identitatem quam habent ad intellcctum intelligantur; intcllectus igitur et hyle et Dcus idem sunt in substantia. » ' Albert. Magn. Siimma theol. ibid... Voir aussi Summa de creaturis, part. II, quaest. 5^ art. 2.
(2) Albertus Magn., Summa theol. ibid. : « Quod eiiam... sic probat David : — Idem est a quo non differt differcntia, sicut dicit Aristolcles in VII Topicorum, et dat exemplum quod punctus est principium continui et unitas principium discreti ; et non differunt in eo quod prima sunt, sed differunt in hoc quod punctus habct positionem continui et unitas discreti ordincm. Si ergo abslrahantur ab cis istic differentise, cum idem sit a quo non differt differcntia, punctus et unitas erunt idem in substantia. A simili Deus et materia et intcllcrtus, six c mens, sunt prima unumquodque in ordine suo, et, sicut dicit, non differunt in eo quod prima sunt, aliter enim esset idem principium con-venicntia} et dififerentia', quod inconveniens est, sed
franchise, rillustre philosophe d'Amsterdam : <( La « pensée est un attribut de Dieu ; en d'autres termes, « Dieu est chose pensante. L'étendue est un attribut de « Dieu ; en d'autres termes, Dieu est chose étendue (1).» Le système de David est donc, comme on le voit, sans aucune différence, celui de Spinosa. C'est un système purement logique, où le nom de Dieu ne figure que pour signifier l'entéléchiede l'univers éternel.
Il n'en faut pas douter, David en a fait l'emprunt a quelque livre venu de Tolède. Parmi les livres de cette provenance, on pourrait en désigner plusieurs comme ayant fourni la matière qu'il a tantôt abrégée, tantôt développée. Pour ne citer que le Fous vitœ de Ben-Gebirol, ce livre de si grand renom et de si mauvais conseil ne tend-il pas à démontrer aussi l'unité substantielle des êtres ? On était donc en droit de supposer que David y avait pris sa thèse (1). Cependant cette conjecture ne semble pas exacte. Albert et saint Thomas, qui se sont tour à tour et très-vivement prononcés contre la doctrine de Ben- Gebirol et celle de David, avaient entre les mains les écrits de l'un et de l'autre, et pourtant ils ne les ont jamais rapprochés l'un de l'autre pour les accuser de la même erreur et les accabler des mêmes arixuments. Au rapport d'Albert, la doctrine de David vient directement de la Grèce, et, nullement embarrassé de dire quel fut, parmi les philosophes grecs, le maître de David, Albert désigne Anaximène, Xénophane et surin hoc qiiod Deus <'>t prinium efTiciens et liyle primuin suscipiens. Si orgo abstrahanlur ab his dilTerentiis^idcm erunt. Una ergo substantia est, quoe est Deus, hyle et inteDeclus...
(1) Spinosa, Ethique, deuxième partie, p. ol,o2.
(i) M. Aug. Jundt, Hi^t. du panthéisme au moyen â(je, p. 20.
Dl<: LA PHILOSOPlIiE SCuLASTIOT'E 81
tout un disciple de Xénopliaue qu'il nomme Alexandre ; il assure même (il l'assure plusieurs fois) avoir entre les mains, sous le nom de cet Alexandre, l'abominable petit livre où David a trouvé tout ce qu'on lit dans les siens.
Xénophane n'ayant eu paraii ses disciples aucun Alexandre, on s'est demandé quel pouvait être l'auteur du livre dénoncé par Albert. N'était-ce pas Alexandre d'Aphrodisias ? Assurément il était permis de le croire. Quand il n'explique pas Aristote, Alexandre d'Aphrodisias n'observe pas toujours fidèlement les règles de la méthode péripatéticienne ; il s'est plus d'une fois égaré, plus d'une fois débauché dans la compagnie de Platon. Ce n'est pas lui néanmoins qu'Albert a mis en cause comme inventeur du système reproduit par David. Après avoir beaucoup recherché le petit livre dont Albert dit tant de mal, nous l'avons enfin retrouvé. Si, dans quelques manuscrits, il porte les noms de Boëce, d'Algazel, dans la plupart il offre celui du philosophe Alexandre, et la doctrine qu'il contient est, en effet, conforme à celle qu'Albert et Thomas imputent à David. Mais l'auteur de ce petit livre n'est pas plus le philosophe Alexandre qu'Algazel ou Boëce ; à des indices qui ne peuvent tromper on reconnaît aussitôt que c'est un théologien de la secte chrétienne ; de plus, son latin barbare prouve avec la même évidence qu'il n'appartient pas à l'antiquité ; enfin, d'autres manuscrits plus dignes de foi nous apprennent que ce théologien moderne est le savant archidiacre de Ségovie, Dominique Gundisalvi. Voilà ce que nous croyons avoir clairement démontré dans une dissertation particulière sur cette question très-obscure (l).
(1; Mémoires de l'Acad. des InscripX., t. XXIX, deuxième partie,
Ainsi, comme on l'a toujours pensé, la doctrine de David n'est pas originale. Il l'a bien, en effet, reçue de Tolède, et Tolède la tenait de Gordoiie, Gordoue de Bagdad, Bagdad, plus ou moins directement, d'Alexandrie. Ce qui lui est personnel, c'est de l'avoir méthodiquement exposée, sans réserves, sans faux-fuyants, avec une si sereine confiance dans les déductions de l'idéologie. Ses livres, avons-nous dit, n'existent plus ; mais les fragments qu^en ont cités ses adversaii^es attestent une rare franchise. Nous croyons néanmoins qu'il n'a pas clairement compris Topposition de sa doctrine et de la croyance traditionnelle. C'est là ce qui le distingue de Spinosa. On objecte à Spinosa que son Dieu n'est pas le Dieu fait homme ; un Dieu fait homme est, répond-il, une thèse « absurde. » qu'il dédaigne de réfuter (1). Mais ni Jean Scot Erigène, ni Dominique Gundisalvi, ni David de Dinan n'ont dit cela. Notre opinion est même qu'ils ne l'ont pas pensé. Ge qui paraît encore plus extraordinaire c'est que, dans la vigilante légion des théologiens orthodoxes, personne n'ait signalé sur le champ l'impiété commise par le favori du pape Innocent III. On ne les entendit pousser le cri d'alarme que le jour ou l'hérésie formelle d'un autre maître, Amaury de Bennes, leur eût enfin appris que le vrai Dieu des philosophes n'est pas le vrai Dieu des chrétiens.
(1) Spinosa, Lettre vin ; i. III de ses Œuvres, p. 367.