‹ Histoire de la physique et de la chimie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 111 sur 197 · Philosoph. Transact., année 1708, vol. XXVI, n · texte numérisé non relu

Philosoph. Transact., année 1708, vol. XXVI, n

;; L’opinion, souvent mise en avant, que les anciens connaissait 1 identité des phénomènes de l’éclair et du tonnerre avec l’électricite, repose sur desdonnées fort incertaines. Voy. Th. H. Martin, la Foudre l Electrxcte et le Magnétisme chez les anciens, p. 133 et suiv. (Pans, 1800).

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■en, il avait imaginé un appareil où le mercure, très- divisé, frottait ces parois d’une cloche, qu’on plaçait sous le récipient d’une machine pneumatique. Il constata en même temps que le vide n’est tas nécessaire pour produire de la phosphorescence.

Afin de mieux approfondir ces phénomènes, Hawksbee construisit. it.ne machine électrique qui a beaucoup de ressemblance avec celle i ’O. de Guericke; seulement le globe, au lieu d’être en soufre,, t tait en verre. L’une des expériences qui lui causa le plus de suririse consistait à mettre un globe, vide d’air, dans un second globe Idectrisé par frottement : il remarqua que la lumière qui se produirait dans le premier globe était faible et passagère, tant que ce idobe restait en repos; mais que, si on le mettait en mouvement, la nrnière devenait intense et persistait. Pour expliquer ce phénomène, il admettait que le globe vide s’électrisait par aspiration. Il uria l’expérience en plaçaut un cylindre de verre, vide d’air, dans in second cylindre plein d’air; en frottant celui-ci avec une é lotie

* laine, et imprimant à tout l’appareil un mouvement de rotation,, awksbee obtenait la lumière électrique la plus intense. Mais voici

1 1 fait qui le remplit surtout d’étonnement : lorsque, après avoir ■sssé le mouvement de rotation, il approchait sa main de la surfacen cylindre extérieur, il voyait le cylindre intérieur sillonné par ‘?s éclairs.

Les phénomènes d attraction et de répulsion fixèrent parliculiè- ' ment 1 attention d Hawksbee. Il fit à cet égard plusieurs expé— mces remarquables. Il attacha, entre autres. ^des fils autour d’une- !îe de fer; puis, en approchant celle-ci d’une boule électrisée par itdtement, il vit les fils se diriger par leur extrémité libre consternant vers le centre de la boule et conserver cette direction encorenndant quelques minutes après la cessation du mouvement rotatoire

• la boule. Il remarqua ensuite que les fils, ayant leur extrémitére dirigée vers le centre de la boule, étaient d’abord attirés, puis 'joussés par le doigt qu’on approchait.

'Après avoir suspendu les fils librement à l’intérieur d’un globe nn électrisé, il les vit se mouvoir à l’approche d’un corps électrisé, ttle expérience conduisit plus tard à l’invention de l’électromèlre. e ne réussissait pas quand l’air était humide, ce que Hawksbee cliquait par l’obstacle que l’humidité, déposée à la surface de la ale, devait opposer aux effluves électriques. Une autre fois, il cn- -sail la moitié de la face interne de la boule de verre d’une ■iche de cire d’Espagne, et, après y avoir fait le vide, il iinpri-

niait à la boule un mouvement de rotation. En se mettant à en approcher la main, il vit celle-ci se dessiner très-nettement à la face interne, concave, comme si cette face n’avait pas été couverte de cire d’Espagne. La même action se produisait quand il substituait à la cire d’Espagne le soufre ou la poix; mais elle n’avait pas lieu avec des fleurs de soufre londues.

Hawksbee varia la matière de sa boule ou machine électrique : elle était tantôt en verre, tantôt en résine ou en soufre. Ses expériences furent, en partie, répétées par Jean Bemouilli et D. Cassini.

Mais les physiciens, qui étaient en même temps mathématiciens, avaient alors l’attention trop absorbée par les nouveaux calculs de Newton et de Leibniz, pour donner suite aux travaux d’Hawksbee. Il s’écoula donc un intervalle d’environ vingt ans (de 1709 à 1729), complètement stérile pour l'étude de l’électricité.

Etienne Gray reprit le fil interrompu de ces importantes recherches. Ce physicien anglais, dont les dates de naissance et de mort nous sont inconnues, essayait, depuis quelque temps, vainement de communiquer aux métaux la vertu attractive pai lachaleui, pai le martelage et le frottement, quand il se rappela, en mars 1729, une idée qui lui était venue il y avaiL quelques années, à savoir que le tube de verre qui, à l’approche d’un corps, rendait des étincelles, devait transmettre de l’électricité à ce même corps. Ce fut le point de dépari de la découverte de la conductibilité électrique. Les expéiiences df Gray avaient d’abord pour but de s’assurer si, en fermant les deu> extrémités du tube de verre avec des bouchons de liège, on modifiait les résultats obtenus. IL ne remarqua aucun changement sensible. Mais en approchant un duvet du bout supérieur du tube il le vit brusquement s’attacher au bouchon, puis en être repoussé comme si l’action avait été produite par le tube même. Celle observation l’étonna beaucoup; il la répéta à différentes reprises avec h même succès, et il en conclut que l’électricité du tube avait éU

communiquée au bouchon.

Gray continua ses expériences. Il fixa dans le bouchon de lieg< une tige de bois de sapin, surmontée d’une boule d’ivoire, et il remarqua que le duvel était plus fortement attiré et repoussé par 1; boule que par le bouchon. En remplaçant la tige de bois par un< ti-e métallique, il vit que l’effet était le même, seulement que 1« duvet était à peine attiré par la tige, tandis qu’il l’était fortemen par la boule. Il varia ses expériences en suspendant la boule à de:

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jlils de lin et de chanvre; le résultat fut toujours le même que clans ce premier cas i.

En juin 1729, Gray reçut la visite de Wheeler et le mit au courant de ses recherches. Ces deux physiciens firent alors des expériences en commun pour savoir si l'électricité pouvait se propager H de grandes distances. A cet effet, ils imaginèrent, le 2 juillet 1729, lée soutenir horizontalement un cordonnet de chanvre avec un fil de ooie, dans la pensée que ce fil, ne laissant échapper, à raison de son loetit diamètre, que très-peu d’électricité, la plus grande quantité de ■cet agent serait transmise par le cordonnet de chanvre. Ce cor- Idonnet, qui avait 80 pieds de longueur, passait sur le fil de soie de manière que l’une de ses parties, longue seulement de quelques 'ieds, descendait verticalement, en portant une houle d’ivoire alla— :lhée à son extrémité; l’autre partie s’étendait le long d’une grande galerie, dans une direction horizontale jusqu’au tube de verre, auquel on l’avait attachée. L’un des physiciens frottait le tube, pendant |t[ue l’autre constatait qu’un duvet, placé sous la boule, était alternativement attiré et repoussé par elle. Le fil de soie s’étant rompu, Cray, qui n’en avait pas d’autre sous la main, y substitua un fil métallique, et dès ce moment tout effet disparut. Les deux physiciens comprirent que l’obstacle qu’avait opposé le fil de soie ci la toerte de l’électricité, dépendait, non pas de la finesse du fil, mais lée la nature de la matière. De là il n’y avait qu’un pas à faire pour liliviser les corps en conducteurs et en non-conducteurs de l’électriité. Mais cette division préoccupait l’esprit de ces physiciens beaucoup moins que la démonstration que l’électricité peut se répandre ur des surfaces aussi étendues que variées de forme, et se propager ii de grandes distances. Ils essayèrent aussi l’action électrique sur - es substances les plus diverses, telles que l’eau, une bulle de savon, ee mercure, la résine, la cire jaune, le soufre, la poix, la gomme, ees cheveux, etc., dans le vide aussi bien que dans l’air. Gray remarqua le premier qu’un enfant, placé sur un gâteau de résine, recevait de l’électricité par communication et répandait de la lumière dans l’obscurité. Il découvrit ainsi le moyen d’accumuler, à 'aide d’un corps isolant, une grande quantité d’électricité sur des ooints donnés.

Dès que les expériences de Gray furent connues en France, Dufay

I. Ces travaux de Gray ont été publiés dans les P hilosophical Transactions, de 1-731 et 1732.

(né à Paris en 1698, mort en 1739) se mit à les répéter avec soin. « Loin que M. Gray, dit Fonlenelle (dans Y Éloge de Dufay), trouvât mauvais qu’on allât sur ses brisées, et prétendît avoir un privilège 'exclusif pour l’électricité, il aida de ses lumières M. Dufay, qui, de son côté, ne fut pas ingrat et lui donna aussi des avis. Ils s’éclairèrent, ils s’animèrent continuellement, et arrivèrent ensemble •ù des découvertes si surprenantes et si inouïes qu’ils avaient besoin de s’en attester et de s’en confirmer l'un à l’autre la vérité; il fallait, par exemple, qu’ils se rendissent réciproquement témoignage d’avoir

vu un enfant devenu lumineux pour être électrisé » On voit par

cette citation combien, dans l’esprit des savants d’alors, les phénomènes électriques tenaient du merveilleux. L’habitude a depuis fait tomber le charme.

Les travaux de Dufay se composent de huit mémoires, publiés dans le recueil des Mém. de l’Académie des sciences, années 1733, 17 3U et 1737. En voici les principaux résultats. L’humidité et une température élevée sont également nuisibles à la production de l’électricité. Ce n’est pas la différence de couleur, comme l’avait prétendu Gray, mais la différence de matière qui fait varier l’intensité de l’électricité. Si l’on suspend à une tige de fer, fixée aux deux bouts par des cordonnets de soie, des fils de lin, de coton, de soie et de laine, et qu’on présente devant chacun de ces groupes ■de fils un tube de verre électrisé, on constate que les fils de lin s’écartent le plus, et les fils de laine le moins; d’où Dufay concluait ■que le fil de lin a le plus de capacité électrique.

Dufay remarqua comme Gray qu’on peut tirer des étincelles ■électriques d’un corps vivant. A cet effet, il se suspendit lui-même librement à l’aide de cordons de soie; et, pendant qu’il restait ainsi suspendu, les personnes qui s’approchaient de lui liraient de sou visage, de ses mains, de ses pieds, de ses vêlements, enfin de toutes les parties de son corps, des étincelles, accompagnées d’une sensation de piqûre et d’un bruit de pétillement. Il ajouta que la sensation de piqûre que ces personnes disaient éprouver, il l’éprouvait lui-même, et que le bruit de pétillement se manifeste, dans l'obscurité, sous forme d’étincelles. * Je n’oublierai jamais, dit l’abbé Mollet, la surprise de M. Dufay, que je partageais moi-même, quand je ■vis pour la première fois sortir du corps humain une étincelle •électrique U »

i. Nollct, Leçons de Physique, vol. VI, p. 408.

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Dufay avait observé que les étincelles étaient surtout intenses lorsqu’on approchait une tige métallique de la personne suspendue par les cordons de soie; d’où Gray conjecturait que si, en renversant l’expérience, on substituait aux corps vivants une barre de métal ou des ustensiles de fer suspendus par des fds de soie, on devrait obtenir les mêmes effets. C'est ce que l’expérience confirma complètement. Ce fut là l’origine des conducteurs métalliques , qui devinrent depuis d’un usage si général.

Dufay fit l’un des premiers la remarque qu’en frottant avec la main le dos d’un chat, on en tire des étincelles électriques, surtout si l’on fait asseoir le chat sur un coussin de soie. Il espérait aussi, au moyen des étincelles électriques, allumer des substances inflammables, telles que l’amadou et la poudre à canon ; mais ses expériences ne répondirent pas à son attente. Cette découverte était réservée à d’autres.

Les recherches de Dufay ranimèrent le zèle de Gray. Nous devons ici rapporter une expérience qui fil sur l’esprit de Gray une impression si vive, que Mortimer, secrétaire de la Société royale de Londres, auquelGrayen avait communiqué les résultats, ne semblait pas éloigné de croire qu’elle détermina la mort prématurée de l’éminent physicien. Dans tous les cas, ce fut la dernière de ses expériences. « Qu’on prenne, dit Gray, une petite boule de fer, de 1 à 1 pouce l de diamètre, qu’on la pose au centre d’un gâteau de résine électrisé, de 7 à 8 pouces de diamètre, et qu’on tienne entre le pouce et l’index, droit au-dessus du centre de la boule, un corps léger, tel qu’un petit fragment de liège, suspendu à un fil mince de 5 à 6 pouces de longueur : on verra le corps léger commencer de lui-même à se mouvoir autour de la boule, et cela de Toccident à l’orient. Si le gâteau de résine est de forme circulaire et que la boule de fer en occupe exactement le centre, le corps léger décrira un cercle autour de la boule; mais si la boule n’occupe pas le centre du gâteau électrisé, il décrira une ellipse dont l’excentricité est proportionnelle à la distance du centre de la boule au centre du gâteau. Si le gâteau est de forme elliptique et que la boule en occupe le centre, l’orbite tracée par le corps léger sera encore une ellipse, de même excentricité que la forme du gâteau. Si la boule est placée à l’un des foyers de Tellipse, le corps léger se mouvra plus vite au périgée qu’à l’apogée de son orbite. » Ces effets furent si étranges, que Gray, revenu de sa surprise, espérait avoir trouvé la clef de la dynamique du système solaire; il avoue cependant qu’on ne les obte-

nait que lorsque le fil auquel le corps tournant était suspendu, était tenu par la main d’un homme ou par un être vivant. Mortimer répéta l’expérience de Gray avec le même succès. Mais Dufay, qui la répéta également, avoue ne pas avoir tout à fait réussi; il obtenait, il est vrai, le mouvement circulaire, mais tantôt de droite à gauche, tantôt de gauche à droite l 2.

C'est à Dufay que l’on doit l’établissement de deux électricités différentes et opposées. Il y fut conduit par l’observation suivant laquelle un tube de verre élecPisé fait flotter un feuillet d’or librement dans l’air, tandis qu’un morceau de résine électrisé l’attire aussitôt et l’y fait adhérer. De là il conclut à l’existence de deux électricités différentes : il appela électricité vitrée celle que l’on obtient en frottant du verre avec de la laine, et électricité résineuse celle que l’on obtient en frottant de la cire à cacheter avec de la laine. Dufay établit le premier en principe que les électncités semblables se repoussent et que les électricités différentes s'attirent. Pour expliquer les phénomènes électriques, il suppose que, par le frottement ou par la communication, il se forme un tourbillon autour du corps électrisé; qu’un corps à l’état naturel, placé dans le tourbillon, est attiré jusqu’au contact par le corps électrisé, et qu’alors il s’électrise de la même manière ; que deux corps électrisés de la même manière sont environnés de tourbillons, qui se repoussent, tandis que les tourbillons de deux électricités différentes s’attirent. Enfin par ces deux électricités et par les tourbillons qu’elles devaient former autour des corps, Dufay cherchait à expliquer les mouvements d'attraction, les mouvements de répulsion et les étincelles électriques, les seuls phénomènes connus de son temps.

Desaguliers ~ s’était livré à des expériences sur l’électricité presque en même temps que Gray, mais sa modestie lui avait interdit de les mettre au jour. Il n’en publia une partie qu’en juillet 1739, dans les Transactions philosophiques de Londres. Il y fil ressortir à la fois l’étrangeté de ces phénomènes et l’impossibilité d’en établir une théorie générale. Ses premières expériences

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