‹ Histoire de la physique et de la chimie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 142 sur 197 · Pline, Hist. nat., XXXIV · texte numérisé non relu

Pline, Hist. nat., XXXIV

humaine. « On falsifie, dit Pline, Yœrugo de Rhodes avec du marbre pilé. D’autres le sophistiquent avec de la pierreponce ou de la gomme pulvérisée. Mais la fraude qui trompe le plus, c’est celle qui se fait avec Yatramentum sutorium h »

Ainsi, il y a deux mille ans, on était aussi habile à frauder qu’aujourd’hui. Demandez à nos épiciers, à nos droguistes, etc., à quoi la poudre de craie ou de plâtre peut leur servir ? — Mais, si le mal est prompt à l’attaque, on songe aussi promptement à se défendre. Après avoir signalé la fraude, Pline indique immédiatement le moyen de la reconnaître. Pour s’assurer si la couperose bleue ( œnigo ) est mêlée avec de la couperose verte ( atramentum sutorium), il recommande d’appliquer Yœrugo sur une. feuille de papyrus, préalablement trempé dans du suc de noix de galle. « S’il y a, ajoute-t-il, fraude, le papier noircit aussitôt, nigrescit stalim.

Tel est le premier papier réactif dont il soit fait mention dans l’histoire. Ce même réactif n’a jamais cessé depuis lors de servir à déceler la présence d’un sel de fer dans un mélange quelconque; nouvelle preuve que le vrai levier du progrès est bien moins l’amour du bien que legénie dumal, contre lequel on cherche à se défendre.

Le fer brute, en masses non travaillées, était probablement connu depuis la plus haute antiquité. L’arme de fer, dont il est parlé dans le Pentateuque et dans le livre de Job (xx, 2ù), pouvait n’èlre qu’une simple massue. Quant au passage du Lévitique (I, 7) où il est question du partage de la victime offerte à la Divinité, les prêtres avaient la coutume d’employer, à cet effet, des couteaux en silex, kheref tsourim. Enfin l’épithète «r»«v, qui accompagne, dans Homère 2, le mot atSn pos, fer, signifie à la fois noir et brillant, ce qui semble indiquer que le fer, mentionné par le poète, était du fer météorique ou de la sidérite.

Un fait certain, c'est que du temps d’IIomère, environ mille ans avant notre ère, les outils du forgeron, l’enclume, le marteau et les tenailles, étaient en airain 3. Avec un pareil outillage il aurait été

d. Pine Hist. naL, XXXI Y, 11. — U atramentum sutorium, noir de cordonniers, était le sufate de fer ou coupe-rose verte qui, traitée par ur.e infusion d’écorce de chêne ou de noix de galle, donnait de l’encre, appelée noir des cordonniers.

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