CHIMIE DES GAZ DANS LA SECONDE MOITIÉ DU XVII® SIÈCLE
La chimie des gaz ou chimie pneumatique date des travaux de Van-Helmont et de Boyle. Ces travaux furent continués par Wren, Hook, mais surtout par Mayow, et Jean Bernouilli.
Pour recueillir le fluide élastique (gaz acide carbonique), qui se dégage d’une matière en fermentation, Ch. Wren se servait d’une vessie adaptée au goulot du ballon qui contenait le mélange fermentescible. Il constata que ce fluide élastique ressemblait à l’air et pouvait être absorbé par l’eau. Cette expérience fut faite en 1664.
Une expérience analogue fut faite, dans la même année, en présence de la Société royale de Londres par Hooke. Ce physicien chimiste employa, à cet effet, un matrasà deux ouvertures, à chacune desquelles s’adaptait un tube en verre; il y introduisit des coquilles d’huîtres concassées (carbonate de chaux) et de l’eau-forte. Le gaz acide carbonique qui se dégageait par la réaction des deux matières, fut recueillie dans une vessie. Mais ce fluide élastique ne devint l’objet d’aucun examen.
Moray, Birth, Boccone, Pozzi, la Morendière, etc., racontèrent des cas nombreux d’asphyxie, occasionnés par des gaz irrespirables. Ant. Portius composa toute une dissertation sur l’irrespirabilité de l’air de la grotte de Chien, près de Naples K Jessop, Lister, Browne, Ilogdson , Shirley, etc., rapportent un grand nombre d’accidents, arrivés dans les mines d’Angleterre par suite de l’explosion d’airs inflammables. Leurs observations se trouvent consignées dans les premiers volumes de la Société royale de Londres.
jean Mayow. — Frappé de ces phénomènes étranges qui se passent dans le monde des fluides élastiques, J. Mayow (né en 1645, mort en 1679) se livra à une série de travaux qui devaient particulièrement contribuer au développement de la chimie des gaz. Ces travaux ont été imprimés dans un livre fort remarquable, qui a pour titre : Tractatus quinque medico-physici, quorum primus agit de sale nitro et spiritu nitro-aereo; secundus de respiratione, etc., Oxford, 1674, in-8°. Avant d’en donner une analyse succinte, nous devons rappeler, une fois pour toutes, que le mot sel avait alois