‹ Histoire de la physique et de la chimie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 3 sur 197 · Aristote, Quxst. mechan., XXXI · texte numérisé non relu

Aristote, Quxst. mechan., XXXI

les corps qui tombent. Quoi qu’il en soit, c’est un fait acquis à la science que tous les corps de la terre, s’ils n’étaient pas retenus par les obstacles sur lesquels ils reposent, tomberaient au centre de notre planète, suivant une droite perpendiculaire à la tangente du globe.

Les écrits de Pappus nous montrent que les anciens s’occupaient déjà de la recherche du centre de gravité, c’est-à-dire du point où est appliquée la résultante des poids de toutes les particules matérielles d’un corps. La question fut reprise au xvne siècle par le P. Guldin et Lucas Valerius, qui trouvèrent que, si le corps a une forme géométrique et que sa masse soit homogène, on peut calculer facilement la position du centre de gravité. Mais ces problèmes sont du domaine de la mécanique.

Balance. — Une des opérations les plus usuelles consiste à peser les corps, à comparer leurs poids avec ceux d’autres corps étalonnés. La balance est l’instrument employé à cet effet. Son invention est fort ancienne : elle remonte au moins à quatre mille ans. Abraham pesa (en hébreu shakal) les quatre cents sicles d’argent qu'il remit à Ephron pour le prix d’un terrain K

Le rom grec de talent , rà^avrov, signifiait primitivement balance ; les talents, Tcdtavra, en étaient les plateaux. Homère représente Jupiter pesant la destinée des mortels dans une balance:

Quand le soleil était parvenu au milieu de son circuit du ciel,

Le Père étendit les plateaux de sa balance d’or;

Il y plaça les deux destins du long sommeil de la mort

Des Troyens dompteurs de chevaux et des Achéens aux tuniques d airain ;

Il tenait la balance par le milieu....

Le destin des Achéens s’abaissa vers la terre,

Celui des Troyens s’éleva vers le ciel A

Il résulte de ces vers de V Iliade que l’on connaissait déjà du temps d’IIomère (environ mille ans avant notre ère) la balance ordinaire, composée d’un fléau ou levier, qu’on tenait par le milieu, et aux extrémités duquel étaient suspendus les deux plateaux. Les Grecs attribuaient celte invention, les uns à Phidon, les autres à Palamède. Une chose certaine, c’est que le véritable inventeur des balances est resté inconnü.

On s’est depuis lors singulièrement attaché à modifier 1 instrument

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