Ibid., Il, G; 111, G
MOUVEMENT
silivement « que si les corps tombent moins vite les uns que les autres, cela tient à la résistance que leur oppose le milieu, tel que l’air ou l’eau, et que dans un espace vide (per inane quietum) ils tomberaient tous avec la môme vitesse, les plus lourds comme les plus légers 1. » A juger par ces paroles, le poète entrevoyait ce qui ne fut démontré qu’au xvue siècle par Galilée et Newton.
Mais si le chef des péripaléticiens n’avait pas apprécié la résistance des milieux, s’il s’était trompé en croyant que les corps tombent dans le môme milieu avec une vitesse proportionnelle à leur masse, il fut le premier à considérer la pesanteur comme un mouvement uniformément accéléré, car il dit positivement qu’un corps qui tombe va en s’accélérant à chaque instant de sa chute 2. C'est ce que Virgile ( Enéide , IV, v. 175) a rendu par ce vers bien connu :
Mobilitate viget, viresque acquirit eundo.
Celle idée péripatéticienne fut universellement adoptée au moyen âge, et elle trouva au xme siècle un habile défenseur dans le célèbre philosophe Duns Scot.
Galilée n’avait que vingt-cinq ans quand il soutenait publiquement à Pise, contre l’école péripatéticienne, la thèse suivant laquelle tous les corps, de quelque forme et grandeur qu’ils soient, arrivent en même temps au sol quand ils tombent de la même hauteur. Sa thèse s’appuyait sur les expériences qu’il avait faites en faisant tomber du sommet de la coupole de la cathédrale de Pise des corps inégalement pesants. Ces expériences novatrices lui attirèrent l’inimitié de tous les savants, attachés aux doctrines anciennes, et il dut quitter Pise. Appelé à une chaire de physique à l’université de Padoue, il persista dans ses idées en les appuyant de nouvelles expériences. Ce fut à cette occasion qu’il montra que deux pendules de même longueur o^illent avec la même vitesse, bien qu’ils soient garnis chacun d’un poids différent.
S’étant ainsi assuré que les corps emploient le même temps à tomber de la même hauteur, Calilée voulut savoir suivant quelle loi ce mouvement de descente s’effectuait. El ici il rencontra une première pierre d'achoppement. Les néo-péripatéticiens, dont les doc-