‹ Histoire de la physique et de la chimie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 53 sur 197 · Commeritariain Primcnn fen Avicen. (Venise, 1646, in · texte numérisé non relu

Commeritariain Primcnn fen Avicen. (Venise, 1646, in

d'hui, ils supprimèrent l’action de la pression atmosphérique. L’appareil, composé d’une seule pièce (un tube de verre souillé en houle), était d’abord rempli, jusqu’au quart environ du tube, d’esprit-de-vin coloré; puis on chauffait la boule de manière à faire monter la liqueur presque en haut du tube, qu’on fermait ensuite à la lampe. En portant le petit appareil dans une cave profonde, on marquait le point a, où la colonne de liquide demeurait stationnaire : c’était le zéro du thermomètre. Au-dessus et au-dessous de ce point se trouvaient arbitrairement marqués les degrés de chaleur et les degrés de froid. Les académiciens de Florence firent un grand nombre d’expériences avec ce thermomètre 1 2.

On commençait dès lors à sentir la nécessité d’avoir des thermomètres comparables, c’est-à-dire des instruments où les degrés de température fussent rapportés à des points fixes, invariables. Mais le plus grand arbitraire continuait à régner dans la confection des échelles , de telle manière que les degrés du thermomètre des uns ne concordaient nullement avec les degrés du thermomètre des autres. C’était la confusion des langues à propos du thermomètre. tl y eut un moment où chaque physicien se faisait un thermomètre à son usage. Cela ressort clairement de ces paroles de Jean Rey, écrivant au P. Mersenne le 1er janvier 1630 : « Il y a diversité de thermoscopes ou de thermomètres, à ce que je voys : ce que vous dites ne peut convenir au mien, qui n’est plus rien qu’une petite phiole ronde, ayant le col fort long et deslié. Pour m’en servir, je la mets au soleil, et parfois à la main d’un fébricitant, l’ayant toute remplie d’eau, fors le col; la chaleur dilatant l’eau qu’elle fait monter, le plus ou le moins m’indique la chaleur grande ou petite a. »

Robert Boyle se plaignait encore de son temps (vers le milieu du dix-septième siècle) que les thermomètres ne fussent pas comparables. En conséquence, il proposa le premier comme point fixe le degré de congélation de l’eau. Mais les physiciens comprirent bientôt qu’un seul point fixe ne suffit pas, et que, pour faire cesser tout

1. Tentamina experimentorum nat., etc., édit. Musschenbroek (Lu°-d

1731, in-4°). b

2. Jean Rey, Essais sur la recherche de la cause, etc., p. 13G tBazas

•1630, in-8°). v

arbitraire dans la division des échelles, il faut au moins deux points fixes. Le second point fixe qui fut alors adopté par les physiciens était celui de la fusion du beurre. Voici la méthode décrite par Delancé dans un opuscule paru, en 1G88, à Amsterdam, sous le titre de Traitez des thermomètres, etc. « On pourrait, dit l’auteur (p. 73), faire que tous les thermomètres se rapporteraient, si Ton voulait, en les divisant, observer la méthode suivante... U faut soigneusement observer en hiver quand l’eau commence à geler et marquer alors sur la planche (échelle) l’endroit auquel répond la superficie de la liqueur rouge (esprit-de-vin coloré par l’orcanette). Mettez un peu de beurre sur la boule de ce même thermomètre, et observez quand ce beurre fondra ; vous ferez alors une seconde marque sur votre planche à l’endroit où s’arrêtera le liquide; divisez en deux parties égales l’espace qui est entre ces deux points, et l’endroit de la division sera la marque du tempéré (température ordinaire), qui ne sera ni chaud ni froid. Divisez chacun de ces espaces en dix degrés égaux. Marquez encore cinq de ces degrés au-dessus du point où le beurre fond, et cinq autres au-dessous de celui où l’eau gèle ; vous aurez ainsi quinze divisions pour le froid et quinze pour le chaud. »

En 1701, Newton construisit un thermomètre en substituant à l’alcool l’huile de lin , comme pouvant supporter une température plus élevée que l’alcool sans bouillir. Il avait pris pour points de repère ou degrés comparables : 1° la glace fondante; 2° la chaleur du sang humain; 3° la fusion de la cire; lx° l’ébullition de l’eau; 5° la fusion de différents alliages de plomb, d’étain et de bismuth; 6° la fusion du plomb i.

Amontons construisit, en 1702, son thermomètre avec un tube recourbé, à l’extrémité duquel il souda une boule de vene; il mit du mercure dans le tube et dans la boule, de manièie qu il lestât dans celle-ci une portion d’air comprimé. U plongea ensuite cet instrument dans l’eau bouillante, et le point où s’arrêtait le mercure en montant par sa dilatation ainsi que pai celle du volume de l’air, lui servait de point comparable. Ce thermomètre avait, comme celui de Drebbel, le défaut d’être influencé par la pression atmosphérique 2.

Nous passons sous silence beaucoup d autres thermomèlies , m-

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