‹ Histoire de la physique et de la chimie depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos joursChapitre 68 sur 197 · Œuvres de Lavoisier, t. II p · texte numérisé non relu

Œuvres de Lavoisier, t. II p

MOUVEMENT

Lavoisier et Laplace, étudiant la même question, introduisaient leur baromètre dans un vase de verre blanc, qu’ils remplissaient successivement de glace pilée et d’eau bouillante; la hauteur du mercure était marquée, aux deux extrêmes de l’échelle, par des curseurs mobiles. Ils avaient ensuite soin de faire les corrections, addition et soustraction, nécessitées par la dilatabilité du verre du tube et par l’effet de l’action simultanée de la chaleur sur le réservoir et la colonne de mercure. Ils parvinrent ainsi à fixer à 5 lignes un quart la différence de hauteur du mercure depuis la glace fondante jusqu’à l’eau bouillante, ce qui donne pour la dilatabilité du mercure de à ou en fractions décimales 0,0158, depuis 0° jusqu’à 100° C. G Ce résultat diffère d’environ 3 millimètres de celui de 0,018153, obtenu par M. Régnault, à l’aide de la méthode Dulong et Petit, modifiée.

Ce fut à l’occasion de leurs expériences sur la dilatabilité du mercure que Dulong et Petit inventèrent un instrument particulier pour mesurer la différence de niveau de deux colonnes liquides en équilibre. Cet instrument, dont Pouillet signala l’utilité générale, reçut le nom de cathétomètre. C’est une règle divisée, verticale, sur laquelle glisse une lunette horizontale -, on vise les deux sommets de niveaux que l’on veut comparer, et la course de la lunette entre les deux stations mesure la différence de leurs hauteurs. Tous les physiciens reconnaissent qu’il n’y a pas d’instrument plus commode quand il est bien gouverné, et qu’il n’y en a pas de plus trompeur, quand il est mal conduit.

Dilatation des gaz. — Priestley, Roy, B. de Saussure, A. Prieur furent les premiers à faire des expériences sur la dilatation de l’air eommun, du gaz acide muriatique, de l’azote, de l’hydrogène, de l’acide carbonique, de l’oxygène, de l’acide sulfureux, du gaz ammoniac. De ces expériences A. Prieur avait conclu que les gaz augmentent de volume en suivant une loi particulière pour chaque espèce de gaz. Cette conclusion fut attaquée par Laplace; guidé par le simple raisonnement, il osa affirmer que la prétendue loi de Prieur sur l’expansion des gaz devait être inexacte. Gay- Lussac fut chargé, sous la direction de Berlhollet et de Laplace, de vérifier les résultats des physiciens nommés. Il exécuta un premier travail, en opérant, comme l’avaient fait ses devanciers,

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