‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 106 sur 120 · V. SLR LA MUSIQUE DES PSAUMES · texte numérisé non relu

V. SLR LA MUSIQUE DES PSAUMES

Nous possédons sur ce sujet plusieurs traités consciencieux , dont celui de Pfeifer est sans contredit un des meilleurs. Malheureusement il ne nous apprend que fort peu de chose de la poésie et de réconomie des psaumes.

La langue et la musique sont les compagnes les plus fidèles du temps et des mœurs; portées sur les ailes de l'air, elles volent avec eux et les reflètent en passant.

La musique antique et la musique moderne, celle de l'Orient et celle de l'Occident, sont si différentes, que , lors même qu'il nous serait possible de reproduire l'ancienne musique orientale, elle flatterait sans doute fort peu nos oreilles. Au reste, nous ne savons que peu de chose à son égard ; je n'aurai donc que peu de chose à dire sur son compte.

1. Parmi les instruments que mentionnent les psaumes, les uns gouvernaient et les autres accompagnaient le chant. Ceux

qui l'accompagnaient étaient les plus bruyants; mais on en cliercherait en vain les noms dans les explications placées à la tète des psaumes; c'est qu'ils appartenaient de droit à la musique complète des réjouissances et des fêtes religieuses. Le peuple, qui restait toujours dans les avant-cours et sur les parvis du sanctuaire, n'entendait la musique qu'à une certaine distance, ce qui explique la quantité de voix et d'instruments bruyants dont elle se composait. Son caractère dominant était toujours guerrier, parce que le Dieu de Sion était le Seigneur Zébaolh , c'est-à-dire le Dieu de la guerre. Les instruments bruyants se composaient de castagnettes, d'adufes, et de plusieurs espèces de trompettes et de litres. Quand il est dit qu'Asaph jouait des castagnettes, cela ne voulait pas dire qu'il ne jouait d'aucun autre instrument, mais qu'il se servait de celui-là pour diriger les chœurs et régler les mesures; quand il composait ou exécutait des chants isolés, il s'accompagnait avec un instrument à cordes.

2. La musique plus douce de la poésie ne comportait qu'un seul instrument; voilà pourquoi certains morceaux sont intitulés : Chant pour la flûte, chant pour la harpe, chant pour la lyre, le cor, etc.

Chez les anciens, dont la musique était plus étroitement unie à la poésie, on savait donner à chaque instrument l'expression qui lui était propre, et on y accordait les paroles; car il est incontestable que chaque instrument a non-seulement ses sons, mais encore sa région de sentiment qui lui sont propres; aussi les mêmes sons qui, sur tel ou tel instrument, impressionnent fortement certaines personnes, ne produisent-ils plus aucun effet sur elles , quand ils sont rendus par un instrument d'une autre nature.

Le plus grand pouvoir de la musique consiste dans sa simplicité ; voilà pourquoi un musicien s'emparera toujours, par les sons isolés d'un instrument, du cœur de celui qui aime cet instrument. Le savant et harmonieux tapage d'un orchestre complet, réjouit les oreilles des connaisseurs, mais l'amateur qui (Icmand*! de doncos émotions, n'y voit que du bruit et de la confusion. Si la musi(Hi(! d la itoésie, ces deux aimai)l(îs sœurs que le raffinement de l'art a divisées, pouvaient revenir à leur

CARAtiTÈRE DES l'SALMlSTES. 515

ancienne union intime, on dirait bientôt de nouveau, comme il est dit pour les psaumes de David el d'Asapli : cliaut pour la flûte, cliant pour la harpe, etc.

L'étude d'un instrument apprend à connaître la nature de la passion qu'il éveille, et à se mettre à l'unisson de la corde du cœur qu'il fait vibrer. Le poète qui, par ses productions lyriques, se proposerait ce double but, surpasserait bientôt, et de beaucoup, celui qui n'a d'autre guide que les règles de l'art.

3. Les temps antiques ne connaissaient point le savant édifice de notre harmonie, et, de nos jours encore, l'Orient n'en sait pas le premier mot. La musique des psaumes était libre dans la mesure de ses syllabes, el par conséquent étrangère à ce que nous appelons scander. Il serait donc tout-à-fait inutile de chercher à moduler notre langue sur la leur, ou la leur sur la nôtre. Chez les Hébreux, des phrases métriques, mais libres, planaient dans les airs ; la mélodie et l'expression n'en déterminaient la mesure et les variations que dans les généralités.

Le mot selah, qui revient si souvent dans les psaumes, ne saurait donc être ni une pause, ni un signe de répétition , mais un avertissement pour changer de ton ; changement qui se manifestait par une augmentation de force, ou par le passage d'un mouvement, d'un mode, à un autre mouvement, à un autre mode '.

Quand le contenu ou l'expression du chant se modifiait, on se servait, sans doute, de ce signe pour avertir le musicien qu'à cette place il fallait varier la mélodie, qui n'était jamais définitivement arrêtée. Cette opinion paraît d'autant plus fondée , que le mot selah se trouve souvent dans les chants passionnés , et jamais dans les psaumes didactiques. Quand il se trouvait à la fin d'un psaume, c'était pour avertir qu'il fallait y en ajouter un autre , car il est certain qu'on aimait ces sortes d'additions et d'enchaînements ^.

' Les Orientaux aiment encore aujourd'hui unemusique monotone que les Européens trouvent triste, et qui, à certains passages des paroles, change tout-à-coup de mesure et de mode. Le mot selah indiquait sans doute ces brusques variations.

* Chroniques , liv. i, chap. i6. Ce cbap. est composé de quatre psaumes. Il est probable qu'on chantait aussi immédiatement , l'un apiès l'autre , les psaumes 32 et 33, etc.

516 CnAlMfRE X.

Les Grecs ont traduit le mot selah par Si-jL-^uy/utu, que Suidas et plusieurs autres expliquent par/ue>a'<r<ac evaxxa^», concentus mutatio.

Enfin, ce mot prouve que les cliants des psaumes étaient des compositions complètes , mais à la manière simple des Orientaux , et que les variations et les additions se rattachaient à ce mot. Ajoutons, toutefois, que les plus savantes dissertations ne serviront qu'à nous prouver que nous possédons la lettre de ces chants antiques, mais que, dans nos traductions comme dans nos imitations, nous chercherons toujours en vain à reproduire Tesjprit qui les animait ; car cet esprit est tout entier dans le débit, dans le génie de la langue, dans le caractère et dans les mœurs de la nation.

SUPPLÉMENT

SLR LA MUSIQUE 1.

L'homme qui le premier accompagna le service divin d'une musique quelconque, ne songea pas plus à acquérir la réputation de grand compositeur, que le prophète Nathan n'ambitionna celle de grand fabuliste lorsqu'il composa la fable de l'Unique brebis du pauvre; mais il est certain que cet homme avait des sentiments élevés , et qu'il était l'ami sincère de son pays.

Puisqu'on prétend que, chez toutes les nations, les premiers prêtres étaient des poètes, on pourrait supposer aussi qu'ils conçurent les premiers l'idée de donner plus de force à leurs chants, en les soutenant par les sons que produisent les vibrations des cordes. Mais que la musique soit née de l'autel ou qu'elle ait été introduite et élevée dans le temple, je la prends ici à l'époque où elle y était sans droit reconnu , et où , dans cet état de servitude , elle opérait des miracles.

Dans le temple de Jérusalem , on proclamait , le matin , la clémence , et, pendant la nuit, la vérité du Seigneur , sur les dix cordes de la harpe. Après chaque victoire , on y remerciait Dieu au son des trompettes, des psaltérions, des harpes des tim-

' Ce morceau est extrait des œuvres d'.-/5Hiuj, dont on a publia- une nouvelle édition à Hambourg;, eu 1819, {Note du Tradut-teur.)

CARACTÈRE DES PSALMISTES. M 7

baies , des fifres , des cymbales bruyantes et dos cymbales sonores. Dans les calamités et les situations critiques , le roi David faisait chanter, sur huit cordes, les ardentes prières et les soliloques de pénitence que son ame effrayée offrait à Dieu.

Cet emploi de la musique , tout en nous éclairant sur son véritable usage , nous donne en même temps une juste idée de sa forme chez les Orientaux , et de l'opinion qu'on s'était alors formée sur son compte.

S'il est vrai que , dans le principe , les Grecs ne se servaient de la musique que pour célébrer les dieux et les héros, et pour instruire la jeunesse , c'est qu'il l'ont reçue de l'Orient dans cette simplicité divine. Mais ils ont fait à son égard comme ils ont fait pour tout ce qui tient à l'intelligence : ils l'ont travaillée et limée jusqu'à ce qu'ils aient réussi à en faire un art complet et beau.

Dans un pays où les poètes se faisaient les imitateurs et les flatteurs des penchants dominants, où les philosophes se résignaient au rôle de professeurs de dialectique, la musique, venue d'abord à eux sous la forme d'une vierge sacrée, ne pouvait manquer de devenir une courtisane ; qui , se moquant des avertissements de Platon et de ceux de tous les hommes sensés, se montrait toujours et partout, et ne cherchait qu'à fixer l'admiration publique et à séduire les voluptueuses oreilles des Grecs. Dès ce moment , elle cessa d'être pour eux ce qu'elle avait été dans le principe, c'est-à-dire une baguette enchantée dans la main d'un messager des dieux.

.... Hac animas ille evocat Orco

Patientes, alias szib tristia Tarlara mittit ,

Dut somnos adimilque , et lumina morte résignai,

La musique d'un virtuose grec, vainqueur dans les jeux py- Ihiques , est , à côté d'un psaume de David , ce que le solo d'un grand danseur moderne serait auprès de la danse en rond de l'homme de Dieu devant l'arche d'alliance. Plutarque assure que, de son temps, on n'avait plus aucune idée de cette antique musique qui donnait aux jeunes hommes l'élévation et le courage des grands citoyens ; et il accuse le théâtre de cette décadence.

ois CHAPITRK X.

A cette époque, ccpendivnt, il existait encore des musiciens qui refusaient de prendre part aux luttes de Delphes, et de profaner ainsi leur art, auquel ils joignaient presque toujours celui de la poésie.

Je crois pouvoir citer ici un passage de la vie de Lycurgue , oùPlutarque parle d'un musicien de Pile de Crète, nommé Thaïes, et qui était en même temps poète lyrique.

«Ses chants, dit-il, avaient une marche harmonieuse et tendre qui charmait, et engageait en même lemps à une douce obéissance et à la concorde fraternelle. En l'écoutant, on se sentait ému sans le savoir et sans le vouloir; la vertu se gravait dans le cœur et en chassait la haine et Tenvie. Il est donc juste de dire que, sous plus d'un rapport, ce Thaïes a frayé la route à Lycurgue; car c'est par lui que les Spartiates ont fait le premier pas dans la voie des bonnes mœurs et des vertus patriotiques. »

Les Romains sont beaucoup moins coupables de la dégradation de la musique, car ils la tenaient des Grecs ; mais les Grecs l'avaient reçue de l'Orient.

Chez les autres peuples de l'Occident et du Nord, la musique , quoique toujours dirigée par les prêtres, même pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, allait à la guerre avec eux, et gagnait des batailles au profit de la patrie. Au milieu des troubles et des guerres perpétuelles des siècles suivants, «elle dégénéra, même sous le rapport artistique, ellinitpar imiter l'exemple de toutes les sciences, de tous les autres arts; c'est-à-dire qu'elle se réfugia dans la solitude du cloître, où, de nos jours encore, elle rend d'immenses services. Oui , j'en suis convaincu , plus d'un moine qui , dans ses longs combats contre les regrets et les penchants mondains, était sur le point de maudire son existence, lui doit des sentiments plus doux, des résolutions généreuses, et la force de les exécuter.

Dans la pompe religieuse de Rome, la musique tend sans cesse à devenir pétulante, folâtre, étourdie, au point que plus d'un pape a été forcé de la mettre à la raison. Marcellus II voulait même la bannir de l'autel; mais le célèbre maestro Palestrina obtint la grâce de cet art par une messe de sa composition, où la musique était redevenue une muse édifiante et pieuse , qui, en

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s'avançanl gravement et les yeux levés vers le ciel, y dirigeait tous les cœurs, toutes les pensées.

De nos jours la musique allemande et la musique italienne ont produit des chefs-d'œuvre, qui ont valu à leurs auteurs la gloire d'endormir l'oiseau superbe assis sur la pointe du sceptre que tenait la main de Jupiter.

Le mortel prédestiné à rendre à la musique sa simplicité et sa force primitives, n'a pas besoin de celte gloire, et il ne la recherchera pas, etc.

Les psaumes envisagés sous le point de vue national. — Dieu comme juge et comme Dieu national. — Psaumes sur ce sujet. — Cliant de victoire contre les autres peuples sur un ton religieux. — Scènes pacifiques et religieuses dans les psaumes guerriers. — Du roi, comme représentant de Jéhovali dans un État tliéocratique. — Le psaume », accompagné de remarques. — Du roi, comme allié de Jéhovali qui demeure à ses cotés. — Le psaume iio accompagné de remarques. — Des propiiéties sur la race de David. — Leur influence sur les psaumes. — Dernier chant de David. — Temps de Saiomon, psaume. — Louanges de la moulagne de Sien , dans les psaumes et les livres des prophètes.

Supplément : La guerre, cliant sacré.

Je sens que j'ai à peine effleuré la nature intérieure des psaumes; mais pour traiter à fond un pareil sujet, il me faudrait plus d'espace que ne le comporte le genre de cet ouvrage.

Les plus belles sentences sur Dieu, sur ses qualités et ses œuvres, sur son gouvernement et sur la protection qu'il accorde à ceux qui l'aiment, sur l'importance qu'il attache aux prières ferventes et à la droiture du cœur, nous sont tellement connues par les chants de la poésie hébraïque et par leur application, que la meilleure anthologie sur ce sujet ne serait qu'une belle imitalion. Je me bornerai donc ici, comme je l'ai fait ailleurs, à indiquer les points principaux qui classent les chants selon l'esprit de leur époque.

1. Tous les psaumes parlent de Dieu en termes nobles et élevés , et cependant il est facile de voir que , du temps de David seul, Jéhovah était encore le véritable Dieu national qu'on adorait au temple, en qualité de roi et de juge souverain du pays. Ce caractère donne de la force à l'ensemble des chants , et une valeur positive à chaque expression.

David voyait en Dieu un ami, un prolecteur personnel, mais

lorsqu'il entrait au temple avec ses confessions et ses hymnes , il se sentait devant son juge. De là les longues énuméralions de ses péchés, qu'il appelait tantôt des maladies et tantôt des crimes, parce que les unes et les autres entraient dans la catégorie des questions qu'on agitait au temple. Cette situation d'accusé devant son juge l'autorisait à se vanter de son innocence envers ses ennemis , et elle explique en même temps les introductions de la plupart de ses chants.

« 1 Écoule-moi, Jéhovah ! Dieu juste , entends mes cris de détresse ! écoute ma prière ; elle découle de lèvres pures et sans tache.

« C'est devant la face que je viens chercher justice. Ton rei\ s'arrêle sur l'intégrité ; tu éprouves mon cœur, tu l'examines pendant la nuit. Tu m'as affiné, et tu n'as point trouvé de scories en moi, car j'ai veillé à ce que ma bouche ne s'écartât jamais du droit chemin. Quand j'ai parlé à ta place et dans l'intérêt de tous, je me suis toujours abstenu de paroles irréfléchies ou violentes ^.

«Je t'ai invoqué, tu m'as entendu; penche encore aujourd'hui ton oreille vers moi, et daigne m'écouter.

« Oui, je suis innocent! et je contemplerai la face du juge; mes vœux seront accomplis quand son image se réveillera ^. »

C'est-à-dire, lorsque Dieu se montrera en juge. Toutes ces pensées, toutes ces expressions sont judiciaires. D'après les mœurs orientales, on se présentait devant le juge, la parole haute et même avec des cris de détresse; alors ce juge se montrait au public comme l'image affable et brillante de la justice, et il secourait les opprimés. Voilà pourquoi le poêle continue :

l Psaume 17.

» La traduction de ces passages : Quant aux actions des liommes; selon les paroles de tes lèvres ; je nie suis gardé des voies des hommes iiioUnt!, ne présentent aucun sens. Hommes est sans doute mis à la place de mes sujets. Les paroles de tes lêmes , au lieu des ordonnances et des jugements que j'ai rendus en qualité de roi, elles hommes vi'o/cnfs , au lieu de tyrans. Ce clian^;enient , sans rendre la plirase plus claire , en fait du moins deviner le sens. Le poète attend que Dieu lui fasse justice, parce qu'il n'a jamais dit ni fait aucun mal en connaissance de cause.

' L'ensemble et le parallélisme exijjent qu'on fasse rapjjorler le TîH j"!Dn V^pnS à Dieu lui-même, en le faisiut correspondre avec Tj^JD- FiO"^"''^' image, vision, sont toujours rendus par ce mot HjIDD > 'ors même que c'est Dieu qui l'emploie. Voy. Moïse, liv. V, cliap. 4, vers. i5 el 16.

DZ2 CHAPITRE XI.

« Fais seulement briller ta face sur nous, et nous serons sauvés ! Tu as dit, ô Seigneur : « Cherchez ma face. » Je la cherche, ô Seigneur, ne me la cache pas. »

Toutes ces locutions des prières et des lamentations publiques se reproduisent, presque dans les mêmes termes, dans tous les chants du même genre.

2. Lorsque, dans les psaumes de victoire et de triomphe, Jchovah est opposé aux dieux des autres peuples, c'est toujours dans le sens d'une étroite et spéciale nationalité. L'exemple suivant suffira pour le prouver.

« 'Gloire! non sur nous, Jéhovah! non sur nous, mais sur ton nom à toi, car tu nous as été clément et lidèlc. Que maintenant ils demandent, les autres peuples: « Où est votre Dieu? » Nous répondrons , il est au ciel, notre Dieu , et ce qu'il veut se fait.

(c Leurs dieux à eux , en or ou en argent , sont l'œuvre de la main de l'homme ; ils ont une bouche et ne parlent point , ils ont des yeux et ne voient point , ils ont des oreilles et n'entendent point , ils ont un nez et ne sentent point , ils ont des pieds et ne marchent point, ils ont des mains qui ne touchent rien, et des gosiers qui ne rendent aucun son.

« Et ils leur ressemblent, tous ceux qui les ont faits, tous ceux qui se confient en eux.

« Israël, confie-toi en Dieu ! il est ton secours, il est ton bouclier ! Maison d'Aaron, conlie-toi en Dieu, il est ton secours, il est ton bouclier ! Ames pieuses , confiez-vous en Dieu , il est votre secours, il est votre bouclier! »

Si l'on dépouille ce psaume et les suivants de leur étroit sentiment national, ils perdent toute leur force et toute leur importance.

« 2 La renommée de Dieu est haute en Judée, son nom est grand en Israël , car sa tente est à Salem , sa demeure est en Sion ! Là, il rompit les flèches de l'arc^ le bouclier et le glaive de la guerre. {Selah, c'est-à-dire changement de mode et de mesure. )

« Tu es célèbre, ô montagne de Sion, tu es plus puissante

' Psiiiiine I iS.

' l's.iuinc 7G.

que les montagnes du pillage *. Les plus courageux sont restés anéantis; ils ont conlinué à dormir de leur sommeil à eux. Les hommes à la main puissante n'ont point retrouvé leurs mains; devant ta colère, Dieu de Jacob, le cavalier s'est assoupi sur son coursier.

« Tu es terrible, toi ! Qui pourrait résister quand il passe, le souille puissant de ta colère? Le tonnerre de ton jugement retentit du haut des cieux ; la terre frémit et se tait quand tu te lèves, ô Dieu, pour juger, et pour les sauver les opprimés de la terre! (Sélah.)

« Le courroux des hommes n'est pour toi qu'un triomphe de victoire ; et ce qui reste de leur courroux, tu le ceins autour de toi comme un vêtement de victoire. Promettez et apportez des offrandes de triomphe à Jéhovah, votre Dieu; vous qui habitez les frontières de son pays, apportez des dons de victoire au Terrible ! Il a dompté l'orgueil des héros ! il a été redoutable pour les rois de la teri'e ! »

Nous ignorons l'événement que célébrait ce chant de victoire, mais chaque trait est d'une nationalité vivante. Dans nos chants de guerre et de victoire, les plus énergiques expressions de ce genre ne sont que des lauriers flétris.

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