‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 41 sur 120 · LE PARADIS DES MORTS · texte numérisé non relu

LE PARADIS DES MORTS

analogues des temps modernes, Tame du juste est déjà, pendant son sommeil , dans le Paradis de Dieu. SUPPLÉMENTS.

DESCRIPTION DE l'eMPIRE DES MORTS, PAR JOB *.

« Pourquoi ne suis-je pas mort dans le sein de ma mère ? Pourquoi, dès mon entrée en ce monde, n'ai-je pu m'endormir ? Pourquoi un giron est-il venu au-devant de moi pour me recevoir ? Pourquoi ai-je appris à sucer des mamelles?

« Je serais tranquille maintenant, je me reposerais, je dormirais en paix auprès des rois et des maîtres de la terre qui se sont fait un mausolée du désert ! auprès des princes riches en or, et qui encombrent leurs tombes de trésors. Que n'ai-je été enseveli dans la terre comme l'avorton , comme l'enfant qui n'a jamais vu un rayon du soleil!

«Là, les méchants cessent d'opprimer, et l'homme accablé de fatigue se repose. Là, les captifs entonnent des hymnes de liberté, et ils n'entendent plus la voix de leurs gardiens; là, les grands et les petits sont égaux , et le valet ne dépend plus de son maître.

«Ma vie n'esl-elle pas courte et vaine? Qu'il se détourne donc enfin de moi ; qu'il me laisse prendre quelque repos avant que je m'en aille, pour ne plus jamais en revenir, dans le pays des ténèbres, de la nuit, de la mort! dans le pays de l'obscurité et des ombres vaines, où règne la confusion , où le matin est encore la nuit ! »

EXTRAIT d'un POÈME ARABE SUR LA MORT DE LA MÈRE d'uN HÉROS '.

«Nous les tenons toujours en arrêt nos lances et nos glaives,

' Job, cliap. 3, vers, ii ; cliap. lo, vers. ao.

» J'ai placé ici ce petit poème pour prouver combien sont faibles et pauvres les conïiolations des peuples que ne soutient aucun espoir d'immortalité. La tombe est une demeure éternelle , les morts sont les habitants de la poussière qui nous attend tous pour nous couvrir tous ; là, leur voix n'est plus que le lugubre gémissement d..l'agonie , etc. Tulles sont les pensées dominantes de tous les poèmes arabes de ce genre. Quelle différence avec les belles idées et les enseignemcni^ mile* que la pLic,ie liébr,ii(|uc développe knleiiKiiI el toujours piogressiMiurut 1 l.c morce.iii i|iic ijuuj

tu

ilO SEPTIÈME DlALUCitE.

el cependant le destin nons tue avant de nous avoir attaqués. Nos coursiers rapides sont toujours en haleine, et cependant ils ne peuvent nous soustraire à la malice rapide du sort !

«Qui de nous peut dire qu'il n'a point aimé ce monde? Et cependant tout bonheur d'amour y est impossible. Ton tendre intérêt aux objets de tes affections dans cette vie, n'est que le fol intérêt que nous prenons aux fantastiques visions des rêves.

« Que la miséricorde de Dieu soit le lianuth ^ de ton visage , dont la beauté s'est voilée. Ton corps, qui se décomposera dans le sein de la terre, restera frais et beau dans notre mémoire. Le tapis d'honneur a été répandu sur toi , car elle fleurira toujours, la puissance de ton fils.

Que la douce pluie échappée de la nuée matinale, douce comme le fut naguère ta main, arrose la terre devenue ton lit de repos ^ Tu es partie pour te rendre dans un lieu où ni le vent du nord, ni le vent du midi ne pourront t'apporter nj un souflle rafraîchissant, ni la suave fumée des parfums.

« Tu t'es rendue dans une demeure où chaque habitant est toujours un étranger. Là, éternellement bannie de ton pays, tous les liens qui t'y attachaient sont rompus!

«C'est là qu'elle demeure ! nous l'y avons soigneusement déposée, elle qui était pure comme la rosée dans les nuages du ciel! Ses discours étaient discrets et véridiques; le médecin de toutes les douleurs l'a guérie pour toujours !

a Nous nous ensevelissons tous les uns les autres; le monde à venir marche sur la tète du monde passé ! Plus d'un œil brillant que jadis on couvrait de baisers, est maintenant rempli de sable et de cailloux. Les yeux audacieux qui ne se détournaient devant aucun danger, se sont fermés à jamais! Vaillant Saiphoddanlah, appelle la patience à ton secours! Ton immuable confiance n'a-t-elle pas surpassé celle des montagnes? Que de

avons placé à la suite de ce petil poème sera une preuve aussi simple qu'évidente de cette différence.

' Nom de la pondre parfumée que les Arabes répandaient sur le visage de Icuri morts. Le voile dont il est queslion ici ne saurait être que le linceul.

^ 'l'ous les Arabes désiraient que la pluie vînt arroser la tombe de leurs morl( pour les rafraîchir. Ils plantaient sur ces lombes des arbres toujours voris , que le» femmes venaient arroser pendant les jours de fêtes.

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changements n'as-tu pas vu s'opérer; et au milieu de tant de variations du sort, ton courage seul est resté le même ! »

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