QUATRE CHOSES CACHÉES
« Il y a trois choses que je ne puis approfondir ; il on est une quatrième que je ne connais point.
« La voie de l'aigle dans les airs, la voie du serpent sur le rocher, la voie du navire sur les vagues, la voie de l'homme auprès d'une vierge. »
Les trois premières n'ont sans doute été mentionnées que par rapport à la dernière ; car celle marche préparatoire est particulière à l'énigme orientale. La quatrième chose cachée offre dans les langues modernes une équivoque ' qui n'existe point dans la langue hébraïque. Pour la faire disparaître, il suflira de citer un passage à peu près du même genre.
« 2 Puisque tu ne connais pas la voie du vent, et que tu ignores comment les ossements se forment dans le sein maternel , comment pourrais-tu comprendre l'œuvre de Dieu qui se manifeste partout ? »
La formation de l'homme dans le sein de sa mère était, pour les Orientaux, l'énigme la plus inexplicable, le miracle le plus profond; et n'en est- il pas encore ainsi aujourd'hui, même chez nos plus savants naturalistes? Le passage cité , avec ses images amenées de si loin , n'est autre chose qu'une allusion à ce miracle; el c'est sans doute une autre personne qui ajoute, en forme de réponse, aux quatre choses cachées, une cinquième chose cachée de la même nature.
« La femme adultère n'esl-elle pas également inconcevable ? Elle mange, s'essuie la bouche, et dit : Je n'ai rien fait. »
L'enchaînement de plusieurs sujets différents qui , soumis à
' Elle naît du mot voie, qui, chez les Orientaux, siynific manière il'cire, L'énijme de la génération ne pouvait être mieux indiquée que par ces quatre choses cachées. Si le poète avait voulu prendre pour point de comparaison les luscs que rhomme emploie pour séduire une vierje , il aurait fallu qu'il y eût nD'?j'*3i au lieu de
* Livre de l'EcclésiaslP, chap. il, vers. 5.
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une même idée principale, finissent par se ressembler, est ici très-visible. Plus il y avait de sujets difl'érents dans une énigme, plus elle avait de mérite aux yeux des Orientaux. Ils aimaient surtout à rapprocher des analogies empruntées au domaine de la nature et à celui de la morale.