‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 89 sur 120 · LA FIANCÉE DU R0I · texte numérisé non relu

LA FIANCÉE DU R0I

« Des paroles de félicitation bouillonnent dans mon cœur , c'est au roi que je consacre cette œuvre de mon art; et ma langue parle comme écrit un léger burin.

« Tu es beau, beau entre tous les lils des hommes; la bienveillance est répandue sur les lèvres, voilà pourquoi Dieu l'a comblé d'un bonheur éternel!

ce Ceins ta hanche de ton glaive de héros; ceins-le, roi puissant, il est ta gloire et ta parure, ta parure qui répand le bonheur autour d'elle. Entre en campagne pour la défense de la vérité et du droit de l'opprimé.

«Ta droite fera des actions terribles! Déjà je vois les peuples tomber à tes pieds ! Les flèches aiguës de ton carquois , elles pénètrent, ô roi, dans le cœur de l'ennemi.

« Ton trône , Seigneur, est un trône éternel ! toujours éternel ! ton sceptre royal est un bâton de droiture ! Tu aimes le droit, lu hais l'injustice; c'est pour cela, ôroi, qu'il t'a oint, ton Dieu !

« Il t'a oint entre tes frères, avec l'huile des joies du royaume; tes vêtements exhalent le parfum de la myrrhe, de l'aloès et de la casse.

1 Psaume 45.

-i86 CHAPITRE IX.

« Lorsque tu sors de tes palais d'ivoire d'Arménie, revêtu de ta magnifique parure, les filles dos rois te réjouissent.

« Et ta fiancée est à tes côtés toute couverte de l'or d'Ophir.

« Écoute, ô vierge! regarde et penche ton oreille vers moi. Oublie ton peuple et ton pays; et comme tu as soupiré après lui, le roi soupirera après tes charmes ; il est maintenant ton seigneur, prosterne-toi devant lui.

« Et les filles de Tyr paraîtront devant toi avec de magniliques présents; et les riches de leur pays t'adresseront d'humbles supplications.

a La fiancée du roi est de toute beauté; ce qui est caché en elle brille d'un plus grand éclat que ses vêtements d'or, que ses pierres précieuses et toute sa parure.

« Celle qui est si richement parée, voilà qu'on la conduit près du roi; les vierges la suivent, elles seront sa suite et ses compagnes. On les introduit au son des trompettes d'allégresse ; au milieu de danses joyeuses, elles entrent au palais du roi.

« Tes fils, ô reine, te remplaceront tes pères; tu les établiras princes souverains dans tout le vaste pays.

« Mais moi je répandrai tes louanges de génération en génération ; c'est par mes chants que les peuples te célébreront d'éternité en éternité ! »

Je n'ai pas voulu détruire par des ornements modernes la gracieuse simplicité antique sur laquelle repose la marche et faction de celle ode. Elle commence par une exposition de son contenu, sorte de dédidace au roi, qui est aussitôt mis en scène dans tout l'éclat de sa beauté, de sa grâce et de sa parure de fiancé, de héros et de roi ; car le poète veut prouver qu'il est digne d'amour et de respect , avant de placer la fiancée à ses côtés.

Ce psaume appartient au temps de Salomon ; la magnificence du palais, les filles des rois étrangers, et surtout le portrait du roi, ne permettent pas d'en douter; car lui seul a réuni les bénédictions promises à la race de David et que Salomon devait réaliser. Vêtu cl armé en roi et en héros, il tient le sceptre d'or à la main; l'huile précieuse oint sa tôle, et ses vêtements exhalent de suaves parfums.

Toutes ces images caractérisent fé|!0(iue de S.ilomon, de ce

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prince qui arriva au trône de préférence à ses frères, et dont le règne , selon la bénédiction prononcée sur lui , devait être un règne de paix, de prospérité, de justice, de protection pour les faibles et les opprimés.

Le poète s'adresse tout-à-coup à la fiancée : beaucoup de filles de rois réjouissent son futur dans son palais, une seule est sa bien-aimée; elle est enfin à ses côtés comme sa future épouse, et revêtue de l'or le plus fin. Avec quelle grâce naïve le chant engage la timide et jeune beauté à jeter à travers son voile un regard sur son époux. Il faut qu'elle oublie son pays et qu'elle s'incline devant son roi, qui, en échange, l'aimera, et soupirera après ses charmes. Tout cela est très-conforme aux mœurs de rOrient, où la fiancée était toujours presque encore une enfant, ce qui assurait la supériorité de l'homme. Le poète promet en même temps à la fiancée que les filles de Tyr lui apporteront des présents de noces, et que des princes opulents demanderont son intervention. Passant par degrés à des allures caressantes , il lui assure qu'elle n'est pas seulement belle de sa parure, mais que sa plus grande beauté est en elle-même, beauté par laquelle elle efface l'éclat de l'or et des pierres précieuses. Cette image cependant ne dégénère point en licence; la chaste muse de l'Orient le voulait ainsi. Rendant aussitôt à la fiancée ses riches vêtements, le poète la conduit au palais; le cortège disparait à ses yeux au milieu d'un tumulte joyeux, et il se borne à envoyer, à la suite de ce tumulte , une bénédiction nuptiale pudiquement exprimée.

La fin de ce poème est aussi magnifique qu'il y a d'art et de finesse dans son début.

Enfant de Coré , toi qui chantas ce psaume , ton nom n'est pas arrivé jusqu'à nous, mais une rose d'»mour fleurit sur la tombe !

Passons à d'autres psaumes, qui , sans embrasser une aussi vaste étendue d'action, forment un beau tout de plusieurs membres.

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