ENTRÉE DE DIEU SLR LA MONTAGNE DE SION
Tous LES CHANTRES. — «EUeestà Jéhovah,la terre dans toute sa plénitude ; la surface de la terre et tous ceux qui l'habitent sont à Jéhovah ; car c'est lui qui a fondé la terre au-dessus des mers , c'est lui qui l'a consolidée au-dessus des flots ! »
Premier chantre. — «Mais qui pourra marcher sur la montagne de Jéhovah ? qui pourra se tenir debout là où il demeure dans tout l'éclat de sa sainteté? »
Deuxième CHANTRE. — a Celui dont les mains sont pures et qui est pur de cœur; celui qui n'a jamais periidement engagé son ame ni juré des serments dictés par la ruse et l'astuce; celui-là recevra les bénédictions de Jéhovah, celui-là pourra s'approcher de son Dieu sauveur 2, »
Premier chantre. — «Voici un peuple qui demande après lui, un peuple qui voudrait paraître devant sa face, devant la face du Dieu de Jacob. »
{Ici le mode et le ton changent entièrement.)
Choeur. — «Portiques, relevez vos tètes! relevez-vous, portes du monde primitif! car le roi de l'honneur veut faire son entrée. »
Premier chantre. — « Quel est ce roi de l'honneur? »
1 Psaume z/)-
2 Ce psaume ne mentionne fort sagement que les crimes civils dont devra être exempt celui qui s'approchera du Uieu du pays. Le bien qu'il en recevra est de la même nature, car r~j» veut dire justice , c'est-à-dire justice civile; et puisque les lois de Jéhovah contenaient celte justice, et qu'en s'approcliant de lui on était sûr de la trouver, ce psaume en fuit le syntiiynie de toutes les prospérités, de toutes les faveurs.
Deuxième chantre. — « C'est le fort , le vaillant Jchovah , Jchovah le Dieu de la guerre ! »
Choeur. — «Portiques, relevez vos têtes! relevez-vous portes du monde primilif! car le Dieu de l'honneur veut faire son entrée. »
Premier chantre. — « Quel est ce Dieu de l'honneur? »
Choeur. — « Jéhovah, le Dieu des dieux! c'est lui qui est le Dieu de l'honneur! »
Tout le monde sentira qu'il y a dans ce psaume des variations, des changements de voix; et il est tout aussi facile de voir qu'il y en a également dans la marche des idées si riches en action. Le début qui proclame Jéhovah propriétaire de la terre tout entière est magnifique; mais comme il doit habiter la petite montagne de Sion , on commence par élargir cette terre devant lui. La manière dont le chant passe ù celte petite montagne est également très-belle. Sion devient sacrée, parce que Jéhovah va l'habiter; elle sera sacrée dans le sens politique comme dans le sens moral; car, ainsi que rien d'impur ne peut être offert en sacrifice à Dieu, de même aucun adorateur impur ne pourra s'approcher de la montagne.
C'est dans un but très-louable que le poète ne mentionne que les vices nuisibles à l'ordre et à la prospérité publique; car Dieu habile Sion en qualité de Dieu national , de Seigneur protecteur et fondateur des États judaïques*.
Toujours plein d'action, le psaume solennel poursuit sa route. Une foule est là, devant la porte; elle frappe, elle demande à voir la face du monarque, et ce monarque, c'est Jéhovah luimême ! Il siège sur l'arche de sa loi , l'ancien Dieu de la guerre ! lui qui, jadis, remporta tant de victoires, ce roi glorieux si riche en renommée guerrière , en force , en valeur éprouvée !
C'est ainsi que le proclame la réponse du chœur, c'est ainsi que sur celte montagne nouvellement conquise , il habitera près de la demeure d'un roi héroïque. Les portes de son antique tente sont sommées de relever la tôle, afin qu'un pareil monarque
' Celte partie du chant, qui ne s'accorde qu'accidentellement avec le reste, est devenue un cliani national à part, sous le nom de psaume là ; honneur qu'au reste il mérite sous tous les rapports.
PSAUMES, 48b
puisse faire son entrée. Ce Irait donne au tableau un admirable cachet de vérité; car Dieu qui ne permit pas à David de lui construire un palais, entra sous une petite tente: les anciennes portes qui doivent relever la tète forment donc ici une image frappante.
Pour donner au chant de la rondeur et de la majesté, on passe sous silence tous les détails du cérémonial que le psaume 68 décrit histori(iuement. C'est en comparant ces psaumes l'un à l'autre , qu'on sent toute la ditrérence qui existe entre deux chants, dont l'un est un tableau plein d'action, et l'autre la description lyrique d'un fait.
Examinons maintenant un psaume du même genre, mais d'une nature plus douce; car il est la plus belle épilhalame de ces temps reculés qui soit arrivée jusqu'à nous.