‹ Histoire de la poesie des Hébreux;Chapitre 93 sur 120 · LA CAPTIVITÉ EN BABYLONE · texte numérisé non relu

LA CAPTIVITÉ EN BABYLONE

« Assis sur le bord du fleuve de Babel , nous pleurions en pensant à Sion ; c'est dans les pâturages de ce mont sacré que nous avions suspendu nos harpes.

« Ceux qui nous retenaient captifs nous demandaient des chants; nos oppresseurs voulaient que nous fussions joyeux! Chantez-nous donc quelques uns de vos chants de Sion, nous

ï Psaume 126.

' C'est-à-dire de l'Egypte.

^ Moïse, liv. 11, ciiap. i5.

* Moïse , liv. Il, cliap. i5, vers. 14. Ce passage devient fort clair si on l'applitjue à la première délivrance de rEgypte; considéré comme allusion, le rliant n'en est ijue plus beau.

* Dans la mer couverte de roseaux. Voy. Moïse, liv. 11, clinp. i.j. 6 Psaume 137.

disaient-ils. Pouvions-nous, clans un pays étranger, chanter les clianls de Jéhovali ?

« Si je pouvais l'oublier, ô Jérusalem, que ma droite m'oublie ! Que ma langue reste attachée à mon palais quand je ne penserai plus à toi ; quand toi seule , ô Jérusalem , tu ne seras plus ma joie la plus grande.

« Souviens-toi, ô Seigneur, souviens-toi des filles d'Édom, lorsqu'au jour de malheur pour Jérusalem , elles s'écrièrent : Renversez! renversez tout jusque dans ses fondements!

« Fille de Babel , toi la Détruile * ! gloire à celui qui te fera connaître l'expiation , à celui qui te fera expier ce que tu nous as fait souffrir ! gloire à celui qui saisira tes nourrissons et qui les lancera contre le rocher ! »

Je ne me charge pas de la responsabilité de celte dernière malédiction. Que ce chant, au reste, ail été fait pendant ou immédiatement après la captivité, il n'en est pas moins touchant et beau , car on sent que le poète n'a rien de plus sacré au monde que la patrie.

5° Dans les psaumes, chaque sentiment est un tout parfait. La tristesse qui s'élève et se convertit en joie, la douleur qui s'apaise et devient de la tranquilUlé, la tranquillité qui se change en conhance, la contemplation qui se perd dans l'extase, l'extase qui se modifie jusqu'à n'être plus que de la contemplation , tous ces divers états de l'ame ont leur marche spéciale qui mène à un dénouement complet. Aussi faudrait-il citer tous les psaumes, pour désigner à chacun la place qui lui appartient dans celte classification, ce qui serait infiniment trop long. Je me bornerai donc à indiquer seulement les chiffres des plus saillants.

Les psaumes 6, 22, GO, 62, 85, 145 et quelques autres, commencent par la plainte et se terminent par la consolation.

Dans les psaumes 7, JO, 15, 17, 20, 55, 36, 52 à 59, 61, 64, 69 à 71, 86, 88, 94, 109, 140 à 142, fhéroïsme et le zèle ardent

1 C'est-à-dire cette ville (|ui ne semble exister que pour être dc'liuile. J'ai di'jii dit , dnns la première partie de cet ouvrage, que, dès l'ori[;lne de Babel, ce nom était pour l(fs Hébreux le synonyme d'une cliose qui déiruit ou qui est détruite; de la confusion ou de ce i|iii répand la confusion.

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finissent par devenir une pieuse tranquillité fondée sur la confiance en Dieu.

Les psaumes 3 à 5, U, 17, 21, 25, 27, 28, 50, 57 , 41 , 43, 44, 63, 65, 151 et 152, ont été dictés par une confiance calme et paisible qui y règne depuis le commencement jusqu'à la fin.

D'autres sont de véritables chants de triomphe , tels que les odes dont je viens de donner la traduction, et auxquelles ils faut ajouter les psaumes 9, 18, 35, 54, 66, 116 à 118 et 158, ainsi que le dernier du recueil, qui est un véritable hymne de glorification.

L'espace ne me permet pas de donner un exemple de chaque espèce , mais le professeur peut, dans sa chaire, le désigner à tout son auditoire, car le psaume le plus simple, considéré sous son point de vue psychologique, a sa beauté spéciale. Parmi tous ceux dont je viens d'indiquer les chiftres, je n'en choisis qu'un pour le citer ici.

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