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faits. Deux introductions, différentes, au xyi"" siècle, ont eu lieu en Europe, du précieux tubercule. Les intermédiaires qui l'ont apporté de l'Amérique sont pour ainsi dire demeurés inconnus; d'autres, par les mains desquels il a passé, n'ont par eux-mêmes rien fait pour contribuer à sa propagation. Nous ne pouvons que mentionner en passant l'utile service qu'ils ont rendu sans se douter de son importance. Mais combien la reconnaissance des peuples ne doit-elle pas se manifester pour ceux qui lont, les premiers, cultivé, apprécié et propagé! Sans doute, ils ne l'ont pas fait de façon à laisser croire qu'ils prévoyaient déjà les grands avantages que devait procurer plus tard la Pomme de terre. Ils n y pouvaient guère songer, en effet, et il n'est pas surprenant qu'ils se soient contentés d'appeler l'attention sur elle et de la faire connaître. Mais il n'est pas moins vrai que c'est gnlce à eux que l'Europe Ta réellement possédée et qu'on ne pourrait sans injustice leur reprocher de ne pas avoir conseillé à leurs contemporains d'en tirer immédiatement le meilleur parti possible. Le progrès dans les idées ne s'est jamais fait qu'avec lenteur et Ton peut dire que s'il est des coutumes difficiles à modifier, ce sont justement celles qui régissent notre alimentation.
Deux botanistes, dont l'un, plus célèbre à juste titre que l'autre, ont étudié et décrit la Pomme de terre, lors de son introduction en Europe : ils sont cependant très peu connus, surtout en France. On sait néanmoins assez généralement en Angleterre que John Gerarde a été, le premier, h la cultiver, près de Londres, vers la fin du XVI* siècle. Mais se doute-t-on seulement, sur le Continent européen, que c'est à un savant français, Charles de l'Escluse d'Arras, qu'elle a dû de pouvoir à la même époque se propager en Autriche, en Allemagne, en Suisse,
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puis en France? Et n'est-il pas curieux de constater que, pendant plus de cent cinquante ans, TAngleterre n'a possédé d autre Pomme de terre que celle de John Gerarde, et le centre de l'Europe que celle de Charles de l'Escluse? Qu'il nous soit donc permis d'inscrire les noms de ces deux premiers cultivateurs de la Pomme de terre, parmi ceux des bienfaiteurs de Thumanité!,
Nous ne voulons pas terminer sans r.emercier personnellement tous ceux qui ont bien voulu nous prêter leur bienveillant concours pour la recherche des documents de celte llistoireet pour la communication des matériaux d'étude qu'elle nécessitait. Nous sommes donc heureux d'exprimer ici toute notre gratitude à M. Ludovic Lalanne, Bibliothécaire de l'Institut, à qui nous devons l'idée première de cet ouvrage ; à MM. Ad. Chatin et Aimé Girard, de l'Académie des sciences; à MM. Maxime Cornu, Professeur au Muséum d'histoire naturelle, et Henry de Vilmorin, qui nous ont tous deux fait connaître la conservation au Musée Plantin-Moretus, à Anvers, de l'Aquarelle de Philippe de Sivry; à M. Max Rooses, Conservateur de ce Musée; à MM. Henri et Emile Van Heurck,qui nous ont facilité les moyens de faire prendre copie de celte Aquarelle; puis à MM. Clos et Maxwell Masters, correspondants de rinslitut, à MM. leDM^aboulbène et Edouard André, membres de la Société nationale d'Agriculture de France; à MM. Arthur Sulton, Delacour, J. Tripard, feu Blanchard, D*^ HeckcL F. Debray, René Ferry, D^ Calbet, D'Magniaux, Bienaymé, D' Ozenne, Chamoiiin, Hyacinthe Rigaud, Lamare, feu Vcrlot; à MM. Henry, Gérome et Grosdemange, du Muséum d'histoire naturelle; à MM. Baucheron et Maurice Le Sache, dont Faide obligeante nous a été des plus utiles; ainsi qu'à M. Charles Rolet, qui a dessiné avec beaucoup de soin la plupart des figures
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de ce Livre. Nous adressons enfin ici un dernier souvenir à la mémoire d'Arthur Sterck, qui avait bien voulu appliquer son talent à la reproduction de l'Aquarelle de Philippe de Sivry, et qui est par malheur décédé en coloriant une épreuve-modèle de celte Aquarelle, après avoir obtenu le Prix de Rome au Grand Concours de gravure, en Belgique. Puisse-t-il revivre dans son œuvre, qui sert de frontispice à cette Histoire!