Die Kartoffelpflanze und deren Krankheiten
de terre ne produit pas de gros tubercules, car ce u'esl pour elle gu'un second moyen de reproduction, et c'est surtout par ses graines, comme toutes les espèces sauvages, qu'elle assure sa conservation dans le temps. Par suite, il nous semble logique de commencer son étude biologique par celle de sa graine, qui, après la germination, nous donnera une plantule d'où sortira, dans les conditions ordinaires de la vie, la plante adulte avec ses tiges, ses feuilles et ses fruits, ses racines et ses tubercules.
Fig. 42 et 43. — Graine de Pomme de terre, vue entière et en coupe longitudinale pour montrer Tembryon qu'elle renferme. (Gross* 25/1.)
Fig. 44. — Partie de Tenveloppe extérieure de la graine de Pomme de terre. (Gross* 300/1.)
Graine, — La Graine est ovale, presque plate, d'une couleur blanchâtre ou jaunâtre, et mesure 0^,002 X 0",001 environ. Le tégument qui constitue son enveloppe extérieure est assez épais, et revêtu à sa surface d*un grand nombre de filaments régulièrement disposés, mais courts et raides. Ce tégument renferme une petite membrane fort mince, dans laquelle se trouve un liquide peu consistant au sein duquel se montre en suspension le jeune embryon. Ce dernier est courbé en crochet ; la partie presque droite est la future radicule, la partie courbée est constituée par les deux cotylédons ou feuilles séminales, à la base desquelles et en continuation de la radicule se laisse voir la tigelle. Telle est la graine à sa maturité et à Tétat de repos.
Germination, — Lorsqu'on place cette graine dans des conditions convenables de chaleur, de lumière et d^humidité, l'embryon, dont la vie latente cesse d'être suspendue, manifeste les premiers
effets de son exisleuce. L liumidilé du sol, qui peu à peu imbibe la graine, pénètre lentement d'abord dans le tégument externe qu'elle distend légèrement, puis dans Talbumen qu'elle rend plus fluide : Tembryon, qui baigne alors dans ce liquide nutritif, s'anime à son tour et sort de sa torpeur. Pour comprendre cet essor vital, il faut savoir que le tissu qui le constitue est composé d'un grand nombre de petites cellules rudimentaires, dont chacune desquelles renferme une substance à demi fluide, presque transparente, finement granuleuse, que Ton appelle protoplasme ou protoplasmay ou plus simplement /?^^ma*. Au centre de ce plasma, se trouvé un très petit sphéroïde utriculaire, un peu plus dense, que Ton désigne sous le nom de noyau.
Lorsque ce plasma cellulaire, sous l'action de la chaleur et de l'humidité, sort de son engourdissement, il absorbe les liquides nutritifs de Talbunten, et, sous l'impulsion mystérieuse du noyau qui se divise, il se sectionne lui-même et forme autour de lui les membranes minces, ébauches des nouvelles cellules. Ce travail de formations cellulaires s'accomplissant en même temps dans toutes les parties de l'embryon, celui-ci grossit et s'allonge, de telle façon qu'à un certain moment, trouvant trop étroite la prison dans laquelle il se trouve enfermé, il presse Fig. 45. — Germinaavec force sur les tissus tégumentaires. C'est tion de la Pomme de
^ terre. Plantule d un
alors que le tégument s ouvre et livre pas- ^ois et demi. (3/4 de sage à la radicule qui, peu après, se recourbe, grand, nat.) et plonge dans le sol environnant. Cette radicule émet bientôt sur son pourtour de petits poils celluleux, fort ténus, dont la fonction consiste à absorber les sucs nutritifs qu'ils rencontrent, pour leur permettre de se rendre dans les tissus de (a radicule et de là passer dans ceux de la tigelle. Cette dernière apparaît à son tour, se dresse dans l'air ambiant, et, sa végétation commençant à s'effectuer, développe ses deux premières feuilles ou feuilles cotylédonaires, qui existaient déjà à l'état rudimentaire dans l'embryon. Dès lors, la période végétative
1, — Ce terme vient du mot grec plasma, qui a le sens de formation.
ainsi ouverte ne s erréte plus. La radicule se ramifie dans le sol, et chacune de ses radicelles, pourvues de poils celluleux absorbantSy s'enfonce dans la terre humide^ à la recherche d'éléments nutritifs, pendant que la tigelle s'élève peu à peu à son tour, laissant apparaître successivement ses premières feuilles végétatives par formation alternante.
Lorsqu'on suit, sur cette plantule de Pomme de terre, la croissance de la jeune tige et de ses feuilles^ on constate un phénomène singulier : c'est que ces premières feuilles affectent une forme extrêmement simple et ne rappellent, en aucune façon, les feuilles complexes que Ton connaît pour être celles de la Pomme de terre. Si Ton suit Tapparition de ces feuilles primordiales^ on constate que la première est presque similaire aux feuilles cotylédonaires, la seconde un peu plus large que la première, la troisième plus large encore mais arrondie ; puis on voit les quatrième et cinquième feuilles s'arrondir et, le plus souvent, la sixième feuille présenter deux petites échancrures. En continuant cet examen, on s'aperçoit que la septième feuille devient trifoliolée, avec une foliole terminale de plus grande dimension; que les huitième et neuvième feuilles développent cinq folioles dans le même ordre, et qu'enfin, sur la dixième feuille une ou deux foliolules se montrent à la base des cinq folioles précédentes. Dans le même temps, la base de la tige a émis dans le sol des prolongements souterrains ou stolons, qui se renflent sensiblement à leur extrémité pour donner naissance à de petits tubercules dont le volume s'accroît peu. Il en résulte qu'au commencement de l'automne, si le semis a été fait au printemps, la plantule de Pomme de terre n'a accompli qu'une première période de formation, et que ses tubercules de première année lui sont nécessaires pour arriver la seconde année à son état adulte, c'est-à-dire pour développer une tige plus forte et plus élevée, des feuilles végétatives complètes, et terminer cette tige par une cyme de fleurs capables de fructifier, en même temps pour produire sur ses stolons des tubercules de grosseur normale*.
1. — C'est du moins ainsi que les choses se passent d'ordinaire. Exceptionnellement, la plantule peut fleurir et fructifier. La variété Kornblume, dans un semis de Mars, en serre, nous a donné un pied, qui repiqué en plein air, fin Avril,
On pourrait se demander pourquoi la Pomme de terre présente cette série de formations foliaires, allant du simple au composé, pourquoi enfin cette plante ne débute pas par des feuilles adultes et est obligée ainsi d'être astreinte à une succession de formes qui semblent tout d'abord anormales ? Cette Solanée est loin d'être la
Fig. 46. — Germination de la Pomme de terre. Plantulede trois mois (3/4 grand, uat.).
Fig. 47. — Germination de la Pomme de terre. Extrémité d'une tige de plantule de quatre mois (3/4 gr. nat.).
seule plante à se trouver dans ce cas particulier : elle obéit donc à une loi qui veut que les êtres complexes n'arrivent à leur complet
a fleuri en Septembre et portait un fruit en Octobre. Il est probable que la plante, à l'état sauvage, doit fournir plus de graines que de tubercules, la première année. »Onse rappelle que De l'Escluse parle d'un semis qui n'avait pas produit de tubercules, mais avait donné des fleurs.
développement qu'en passant par des phases successives qui rappellent celles des êtres qui les ont précédés dans le temps. Le genre Solarium est un des genres les plus nombreux en espèces de l'époque géologique actuelle, puisqu'on en compte plus d'un millier, et de son côté le Solanum tuberosum ou Pomme de terre est le type spécifique qui, dans la série des Solanum tubérifères, est de tous le plus complexe. Il résume donc en lui tous les développements des types affines qui l'ont précédé dans leur apparition sur le globe, et les reproduit successivement dans ses périodes de formation*. Tige, — Si nous étudions anatomiquement le tissu de la tige.
Fîg. 48. — Coupe transversale dVne jeune pousse de Pomme de terre, montrant de gauche à droite le tissu de Fépiderme et de Técorce, ^ puis celui plus serré du faisceau vasculaire, ensuite celui
de la moelle (gr. 60/1). D'après Schacht.
Schacht nous montrera qu'elle est revêtue à l'extérieur d'un épiderme, constitué patres cellules en général prismatiques ou fusiformes, entre lesquelles s'ouvrent çà et là des cavités respiratoires fermées par deux cellules accouplées, formant un stomate; sous cet épiderme, se trouve une zone circulaire qui est l'écorce, laquelle entoure une autre zone intérieure ou couche du faisceau vasculaire, qui .,. /q' ^ /, ., , repose sur une moelle centrale. Le tissu des
Fig. 49. ^ Lpiderme de ^ *^
la tige aérienne; a, cel- tiges souterraines OU stolons ne diffère de Iules épidermîques ; e, celui des tiges aériennes qu'en ce que Tépiun stomate (gr. 200/1). ^^^^^ ^^^ toujours dépourvu de stomates.
D après Schacht. j o r
1. — Nous avons essayé de traiter cette question d'évolution dans un article
Fig. 50. — Coupe transversale de la partie extérieure d'une tige de Pomme de terre: a, épiderrae ; e, stomate, avec sa cavité respiratoire/*; b, tissu sous-épîdermique ; c, tissu cortical, avec ses dernières cellules, / ; m, cambium ; n, faisceau vasculaire ; o, cellules ligneuses (gr. 200/1). D'après Schacht.
Feuilles. — D'après Schacht, le tissu des feuilles est composé de deux épidermes pourvus de stomates, entre lesquels se trouve une couche de cellules en palissade reposant sur d'autres couches de cellules moins allongées, que traversent les faisceaux vasculaires des nervures. Il y a donc une respiration très active à la fois par les deux faces foliaires et par l'épiderme de la tige.
Racine. — Quant à la racine, elle est constituée par un tissu serré •de cellules allongées, entourant la couche centrale du faisceau vasculaire; son extrémité est protégée par une sorte de coiffe, appelée pilorhize, et son pourtour extérieur émet, comme nous l'avons vu, des poils simples assez courts qui lui constituent autant d'or-
intîtulé : La transmission des formes anccslrales dans les végétaux (Journal de Botanique, 1896).
ganes d'absorption. C'est par là que les liquides nutritifs du sol passent dans les vaisseaux de la racine, puis dans ceux de la tige
Fig. 51. — Petite partie d'une coupe transversale de feuille de Pomme de terre : a, épiderme supérieur; d, épiderme inférieur; ^, cellules en palissade; c, cellules médianes ; e, stomate, avec sa cavité respiratoire f; h, nervure, avec k, ses cellules vasculaires; g, poil; i, base d'un poil (gr. 200/1). Diaprés Schacht.
Fig. 52. — Épiderme de la face supérieure d'une feuille : n, cellules épidermiques ; e, un des stomates (gr. 200/1). D'après Schacht.
Fig. 53. — Épiderme de la face inférieure : a, cellules épider-*" miques; e, un des stomates (gr. 200/1). D'après Schacht.
et des nervures foliaires, pour se rendre dans les cellules des feuilles où ils achèvent de s'élaborer; le surplus de ces liquides, à Tétat de vapeur, s'échappe définitivement par les stomates. De son
côté, le plasma des cellules foliaires ainsi humidifié, a formé dans sa masse un certain nombre de globules de .«?
substance à demi fluide et verdâtre, que Ton appelle grains de chlorophylle, dont la fonction est de concréter dans leur intérieur, au moyen de la lumière solaire et des sucs élaborés dans la cellule, des granules de fécule ou d'amidon. Ce sont là les éléments nutritifs de réserve que la plante s'assimilera pour développer ses fleurs et mûrir ses fruits, et redissoudre l'excédent sans emploi pour en remplir le tissu celluleux de ses tubercules. Inflorescence, — Revenons à la tige que nous pouvons considérer comme un axe, susceptible parfois de se ramifier en axes secondaires, mais dans l'un et Taulre cas terminantFig. 54. — Extrémité d'une sa période végétative parla formation finale jeune racine :ujm, coiffe;
d» * n 'fjL r » ui j u w;A, poils radiculaires:
un support florifère. L ensemble de ce bou- , ^ ^^,^. ^, ,*
'^^ ^ (grossi 30/1). D après
quet floral est ce queTon nomme son inflores- Schacht. cence. L'axe florifère, long de 3 à 4 centimètres, se dédouble à sa partie supérieure en deux axes secondaires, sur chacun desquels se trouvent successivement insérés, à courte distance, les pédicules de 6 à 8 fleurs. Ces fleurs ne s'épanouissent que l'une après l'autre sur Taxe qui les supporte, d'après leur ordre d'insertion, de telle, sorte que les terminales sont encore en boutons, lorsque les basilaires sont écloses. Mais comme la fleuraispn n'est pas éphémère, il se trouve d'ordinaire que toutes les fleurs d'un même axe sont ouvertes en même temps, les premières n'était pas encore flétries, lorsque les dernières s'épanouissent à leur tour. Cette disposition peut favoriser les fécondations de fleur à fleur, soit par le vent, soit par les insectes. En fait, ce mode d'inflorescence, caractérisé par une double grappe de fleurs à éclosion successive, s'appelle une cyme, et se montre constant dans toutes les variétés du Solanum tuberosum. Un point important à noter, c'est que chaque pédicule de fleur est articulé, de telle sorte que la fleur peut se détacher en cet endroit de l'articulation, ce qui arrive en cas de non-fécondation.
Fleur. — La fleur est composée de trois verticilles d'organes
insérés de l'extérieur à Tintérieur autour d'un organe central qui constitue le pistil ou organe femelle. Le premier verticille est le calyce à cinq lobes aigus, verdâtres; le deuxième, d'une seule pièce également, est la corolle à cinq lobes pétaloïdes, plus ou moins aigus, de couleur variant du blanc presque pur au violet foncé, suivant les variétés, lesquels s'épanouissent largement à la lumière solaire, mais se plissent et se referment partiellement après le coucher du soleil ; le troisième verticille est constitué par les cinq étamines, d'un beau j«iune, disposées en opposition avec les lobes du calyce : chaque étamine se compose d'un court filet supportant une anthère à deux sacs distincts, qui s'ouvrent au
Fig. 55. Fig. 56. Fig. 57.
Fîg. 55. — Coupe transversale d'un jeune bouton de fleur : k^ un des sépales ; ^, un des
pétales; s, une des étamines; /*, pistil (gr. 40/1). D'après Schacht. Fig. 56, — Coupe transversale d'un bouton de fleur très développé : k, sépale; b, pétale;
5, étamine, j, loge d'une anthère; /*, pistil (gr. 12/1). D'après Schacht.
Fig. 57, — Coupe longitudinale d'un bouton de fleur : k, sépale; b, pétale; 5, étamine;
/*, ovaire; sw^ style; n, stigmate (gr, 8/1). D'après Schacht.
sommet par un pore, lequel, en s'ouvrant à la maturité de l'organe, permet aux deux loges de chacun des sacs de se mettre en communication avec Tair ambiant. Les grains de pollen ou utricules poUiniques se forment dans ces loges et s'échappent au fur et à mesure de leur mise en liberté par les pores terminaux de l'anthère. Cette disposition est à prendre en considération lorsqu'il s'agit de prélever du pollen pour opérer des fécondations artificielles. En effet, lorsqu^on s'adresse à des étamines dont les anthères commencent seulement à montrer ouvert leur pore terminal, il y a peu de pol-
len en maturité, celui seulement de la partie supérieure des loges de Panthère, parce que celui qui est au fond des loges est incom-
Fig. 58, — Anthère d*une fleur épanouie, avec ses deux pores terminaux ouverts x (gr. 8/1), Diaprés Schacht.
Fig. 59. — Coupe transversale d'une antiière d'une fleur près de s'épanouir : r, une des loges de l'anthère; z connectif (gr. 25/1), D'après Schacht.
plètement développé. Il convient donc de ne se servir que des anthères ayant deux ou trois jours de déhiscence^ dont le pollen est tout à fait prêt pour la fécondation.
Pollen. — Schacht représente le grain de pollen sous la forme d'une utricule sphérique, renfermant dans son intérieur une sorte de liquide plasmatique granuleux avec un noyau. On sait que c'est une cellule mâle chargée de féconder l'ovule dans Torgane femelle.
Fig. 60 à 65. — Grains de pollen d'une fleur de Pomme de terre, conservés sur l'eau pendant 24 heures, et dont cinq présentent des petites papilles (gr. 200/1 . )
A la suite de l'examen que nous avons fait de grains de pollen de diverses variétés de Pomme de terre, nous avons pu constater qu'ils ne sont pas tous constitués si simplement. Extraits d'une même anthère, ils se montrent d'abord plus ou moins bien développés, certains mômes fort petits paraissent avortés. Mais une anthère de fleur flétrie de Hollande rouge nous en a fourni quelques-uns qui nous ont paru intéressants à observer. Nous en avons vu, en eff*et, à côté de plusieurs qui étaient sphériques, à surface
parfaitement close, d'autres qui, de même forme, présentaient sur la Burface^une, deux, trois, quatre ou cinq papilles, ce qui faisait prévoir que chacun de ces grains de pollen avait la faculté d*émettre le mémo nombre de tubes poUiniques fécondateurs. Cette observation nous paraît avoir cet intérêt qu'elle explique que pour féconder le nombre assez grand des ovules (en moyenne 300), il n'est pas besoin d*un aussi grand nombre de grains de pollen^ si ceux-ci ont la faculté d'émettre plusieurs tubes fécondateurs. En effet, s'ils en émettent trois, il n'en faut que cent, et avec cinq, il suffit de soixante. Or chaque loge d'anthère peut en produire environ une centaine, ce qui, pour les cinq anthères à deux loges, représente un millier do grains de pollen. Il y a certainement là de quoi assurer la fécondation.
PistiL — L'organe femelle ou pistil est composé d'un ovaire qui
Fig. 66« «> Coupe longitudinale du Pistil dan» un bouton de fleur : m, stigmate; 4 »r, style ; /ir, paroi de roraire; si, }\laeenta snr le<|uel sont insérés les OTule« *i vîî^* *^/0' D'âpre Schackt.
Fig.67. — Coupe transTersale de ToTmire d'un bouton de flenr. fu, paroi de Fovaire; st^ placenta sur leqvel sont insérés les otuIos si (gr. 12/11. D'après Scbacbt.
repose stir le sommet de Taxe floral et qui est surmonté d*un style, nutour duquel se dressent les anthères rapprochées deux à deux iM\ forme de tube staminaU lequel tube est assez étroit dans sa pnrlîo supérieure pour ne livrer qu'un passage suffisant à la colonne slylaire. Ce style se termine en un stigmate légèrement bilobo et peu renfle, do couleur verilAtre, qui se trouve place à une distance plus ou moins rapprochée* suivant les variétés, des pores supérieurs des anlhi'^res. Quant à Tovaire, il est ovoide, presque sphenque et partage en deux loges qui ont chacune un placenta spociaK sur leqtiel sont însert^s environ cent cînqiianle orule*.
Tovaire en contenant en moyenne trois cents. Mais il arrive rarement qu'ils soient tous fécondés, si bien qu'à la maturité lorsqu'on recueille lefe graines, on n'en compte plus que le tiers, la moitié ou les trois quarts. Cet ovaire, après la fécondation, grossit en même temps que les ovules qui se développent simultanément avec lui, et à la maturité des graines il se présente sous la forme d'une baie sphérique, blanche ou rougeâtre dans différentes variétés. A cette époque^ les placentas se sont ramollis et les graines paraissent se trouver dans une pulpe humide, mucilagineuse, dont elles ont besoin d'être débarrassées pour se conserver à sec.
Fécondation. — II nous paraît utile de dire ici quelques mots de la fécondation, sans nous appesantir cependant sur ce sujet qui demanderait des explications difficiles à suivre. Mais il est nécessaire d'en posséder quelques notions pour se rendre compte de ce qui se produit de diversité dans les plantules obtenues de graines résultant de fécondations croisées. Nous avons vu que chaque grain de pollen peut émettre plusieurs tubes fécondateurs. C'est ce qui arrive lorsque ce grain pollinique est placé, par une cause ou une autre, sur les papilles stigmatiques. Chacun de ces tubes polliniques s'enfonce dans le tissu du canal stylaire et, en s'allongéant successivement, pénètre dans un petit canal de Tovule, destiné à le recevoir, pour se rendre au fond de ce canal jusqu'à une grosse cellule qu'on appelle le sac embryonnaire. Après ce contact, a lieu l'acte fécondateur, c'est-à-dire que le plasma et le noyau terminal du tube pollinique se mélange avec le plasma et le noyau principal du sac embryonnaire, et que par l'union intime des deux noyaux et le mélange des deux plasmas, mâle et femelle, il se forme une cellule spéciale, d'organisation nouvelle, qui est le premier rudiment de l'embryon. Ce dernier se développe peu à peu dans l'ovule, par des stades successifs d'évolution, et il arrive un moment où cet ovule, devenu la graine à sa maturité, laisse voir cet embryon complètement constitué dans son intérieur, tel que nous l'avons décrit au moment de la germination.
^ Or que se passe-t-il dans la formation de cet embryon naissant? C'est que d'un côté le plasma mâle, de l'autre le plasma femelle, issus tous deux du plasma général de la plante, contiennent en puissance tous les éléments de son développement, parce qu'ils en sont l'émanation ultime. Leur union génératrice dans l'embryon ne lui
permettra donc que de reproduire les organes de la plante mère, et s41 se montre quelques variations dans les plantules, elles seront seulement d'un caractère plus accusé. Mais tout autre serait le résultat si le plasma mâle ou le plasma femelle provenait, soit Tun, soit l'autre, de variétés différentes. C'est ce qui arrive dans la nature^ lorsque des insectes portent le pollen d'une variété sur le stigmate d'une variété différente. C'est aussi ce qui se passe, quand^ au moyen de la fécondation dite artificielle et croisée, on opère de même, ou bien lorsqu'on essaie de faire des hybridations entre espèces voisines d'un même genre. On facilite ainsi le mélange des plasmas sexués de deux types différents, et si la fécondation ainsi
Fig 68. — Jeune ovule de l'ovaire d'un bouton de fleur : kh, son enveloppe, kkf son embryon avec son sac embryonnaire es (gr, 200/1), D'après Schacht.
Fig 69. — Ovule d'une fleur épanouie :
khj son enveloppe ; es, sac embryonnaire ; kniy ouverture ovulaire (ou micropyle] par laquelle pénètre le boyau pollinique(gr. 200/1). D'après Schacht.
préparée réussit, on obtient un embryon dont les facultés génératrices procèdent soit du père, soit de la mère, ou des deux à la fois. A une certaine époque, on ne connaissait que les semis des graines produites naturellement sur les pieds que l'on cultivait. Mais depuis plus de trente ans, on a tenté de pratiquer la fécondation croisée entre variétés de Pommes de terre différentes, et Ton est arrivé par cette méthode expérimentale à obtenir des produits de meilleure qualité, de plus grande hâtiveté ou de plus forte productivité, en raison des croisements effectués entre types choisis à cet effet.
• Les procédés que Ton emploie pour réussir ces fécondations expérimentales varient suivant les opérations que Ton se propose de
faire. Il se peut qu'on ne veuille pratiquer que la fécondation artificielle sur les fleurs d'une seule et même variété de Pomme de terre. Dans ce cas, il suffit de transporter le pollen mur* des loges des anthères sur le stigmate d'une ou de plusieurs fleurs de la même inflorescence, ou de fleurs particulièrement choisies sur des inflorescences de pieds difi'érents. On n'agit en somme de la sorte
Fig. 70. — Fruits (ou baies) de la Pomme de terre, les uns entiers, deux autres coupés longitudioalement, le fruit supérieur coupé transversalement. Reproduction d'une photographie de la Conférence intitulée Potatoes^ par M. Arthur Sutton (1895).
1. — Un procédé très simple pour obtenir ce pollen, consiste à détacher les fleurs épanouies, aies tenir renversées sur un verre de montre, et à donner de petits coups secs sur les étamincs avec une petite tige métallique. On obtient ainsi souvent une assez grande quantité de ce pollen mûr. Pour transporter le pollen sur le stigmate, on peut se servir de petits pinceaux, en ayant soin^ si Ton veut s'en resservir dans le même but, de les bien laver dans l'alcool après chaque opération. Certains expérimentateurs préfèrent se contenter de faire tomber le pollen sur le stigmate, en opérant comme on le ferait pour le recueillir d*abord sur le verre de montre.
que pour faciliter la fécondation de la même plante, pour aider, s'il se peut, à la nature. Mais si Ton projette de faire un croisement entre variétés différentes, il convient de prendre certaines précautions qui doivent empêcher la fécondation naturelle de s'effectuer. Il faut alors enlever les étamines sur toutes les fleurs que Ton veut opérer, et cela avant la maturité des anthères, en ayant le grand soin de ne pas blesser le pistil, puis faire disparaître toutes les fleurs de Tinflorescence qui ne sont pas susceptibles d'être utilisées, et, pour plus de sûreté, après l'opération, entourer d'une gaze fine les fleurs artificiellement fécondées. On constatera^ quelques jours après, le succès de la tentative de croisement, en voyant l'ovaire grossir et se développer; l'insuccès se fera remarquer au contraire, par le détachement de la fleur de son pédicule.
Tubercules. — Mais la Pomme de terre n'est pas une plante qui ne se reproduit que par ses graines. Elle a un autre mode de propagation dont on a su tirer parti ; c'est qu'elle est apte à former des tubercules souterrains, et il peut arriver que cette faculté lui soit même souvent nécessaire pour arriver de semence à Tétat adulte.
Nous avons vu, dans les Chapitres précédents, qu'on avait cru pendant fort longtemps que ces tubercules faisaient partie du système radiculaire de la Pomme de terre, et qu'on ne les désignait que sous le nom de racines. On n'avait pas fait attention que les tubercules naissent sur des filaments particuliers sortant de la partie souterraine de la tige, et qui en dépendent nécessairement. Dans son Histoire naturelle, médicale et économique, parue en 1813, Dunal est le premier qui a signalé ce fait important, a On a coutume, dit-il, de désigner sous le nom de racines, ces tubercules qu'on trouve sous terre au bas de la tige, ou à côté du bas de la tige de deux espèces de Solanum. Ces organes sont différents dans chacune de ces espèces. Dans l'une, le Solanum montanum, ce sont des tubercules assez gros d'où s'élèvent les tiges et d'où naissent les racines ; tubercules qui sont uniques pour chaque tige et qui me paraissent faire partie de celle-ci. Les tubercules souterrains delà Pomme de terre sont d'une consistance charnue, recouverts par une pellicule qui se détache aisément, variant beaucoup de forme, de couleur et de grosseur. Ils sont irrégulièrement bosselés et présentent des cavités dans lesquelles sont logés de véritables bourgeons. Ils diffèrent essentiellement des tubercules du Solanum
montanum et de leurs analogues par la circonstance que nous venons de noter, qu*ils sont comme de véritables tiges, munies d'un grand nombre de bourgeons et à cause de cela peuvent être divisées pour former des boutures. En outre, ils ne font pas partie intégrante de la tige au bas de laquelle on les trouve ; ils se développent au contraire en très grand nombre tout le long, ou à l'extrémité des filamens qui naissent du bas de la tige, filamens qui donnent aussi naissance à des radicules ».
En 1828, Turpin, dans son Mémoire sur V organisation des tubercules du Solanum tuberosum^ etc. *, qu'il avait lu à la Société philomathique, avait appuyé de nouvelles observations ce qu'avait fait connaître Dunal. En étudiant la germination d'une graine de Pomme de terre, il avait remarqué que de l'aisselle des feuilles cotylédonaires et des trois premières feuilles suivantes , étaient partis des axes secondaires qui s'étaient allongés et qui avaient pénétré dans le sol. L*axe de la troisième feuille s'était à peine enfoncé dans la terre; elle s'était relevée et, redevenue aérienne, s'était couverte de jeunes feuilles. Mais, dans sa partie souterraine, cet axe avait donné naissance à de petits tubercules, comme avaient fait d'ailleurs les quatre autres axes qui étaient restés enfoncés dans le sol, et à l'extrémité desquels un tubercule s'était également formé. De plus, des radicelless'étaientdéveloppées
surles entre-nœuds de ces tiges axillaires, pendant que Taxe principal se continuant dans la terre en cône radiculaire se couvrait de semblables radicelles, sans émettre lui-même aucun axe tuberculifère. Il en concluait que tout le système des racines ne peut, dans
Fig. 71. — Stolon ou tige souterraine de Pomme de terre, portant de jeunes tubercules en formation (3/4 de grand, nat.).