Early, c'est-à-dire précoce, et kidney, rognon
lion que la précédente. Mais bien qu'il ait obtenu également un Certificat, je le garde simplement comme une curiosité. C'est une très exquise Pomme de terre, mais elle ne constitue en somme qu'une variété d'amateur ou de connaisseur.
Alick Fenn. C'est un croisement de 1869 entre le vieux Cobblers I Lapslone et le vieux Ash-leaf Kidney, Je ne l'ai obtenu qu'après
plusieurs années d'essais, par suite de la propension des deux parents à perdre leurs fleurs. A la fin, TA^A-Zeû/prodiiisit une baie qui m'a donné assez de semence pour produire les prototypes de ce qui, je crois, constitue toutes les variétés à\ish4eaf %ows le soleil. Mais Alice Fenn est la seule variété que j'aie conservée de toute la lignée, en[raison de son excellente qualité. Elle est unique, et c'est strictement une variété d'amateur et de «connaisseur. Cerficat de !•'• classe à Chiswick en 1873.
» BouNTiFUL Red Kidney [Second Early). Un croisement de 1867 entre Onwards et Early Bed Emperor. Cette variété semble gagner en faveur dans le public, plus que je ne le supposais. C'est une Pomme de terre qui a un excellent goût de noisette et une variété de bonne garde. Elle exige un sol riche de jardin potager et provient de la môme baie que Beclor of Woodsiock et English Rose, Certificat de 1" classe à Chiswick en 1874.
» English Rose [First Early), Un croisement de 1867. C'est la variété qui approche le plus des nouvelles variétés semi-américaines. Elle a une saveur délicate, mais que Ton ne doit consommer qu'en pleine maturité. Elle demande à être privée d'un œil et a être cultivée dans le sol le plus riche d'un jardin potager. Je la garde simplement pour sa couleur comme une variété de choix. C'est contre mon désir qu'on l'a mise au commerce, parce que le public en général ne peut pas la cultiver avec assez de profit pour l'apprécier,
» George Temple [First Early), Un croisememt de 1865 ou 1866 entre Turners Union Round et le Shutfort, C'est une forme délicate ou une variété précoce, d'excellent goût, et tout à fait ornementale à cause de ses belles fleurs bleuâtres. Je ne ne l'ai pas mise au commerce, mais elle a failli obtenir un Certificat à Chiswick ».
Dans une Revue rétrospective publiée, en 1884, dans le Journal of Horticulture and Cottage Gardener, M. Robert Fenn a fait con-
naître la correspondance qu'il avait échangée avec M. Pringle, des États-Unis. Nous en traduisons ici des passages assez instructifs.
« Charlotte, Vermont, 5 Janvier 1876.
» A M. Fenn. — Il semble désirable que je me serve de vos belles et excellentes obtentions pour donner à nos variétés américaines de grand rendement une meilleure qualité et une plus fine saveur; de même, que, si cela vous intéresse, vous pourriez, de votre côté, par une infusion de sang américain dans quelques-unes de vos variétés, augmenter leur produit, sans pour cela leur rien faire perdre de leur qualité supérieure.
» Depuis vingt ans, il y a une légère disparité, à ce qu*il me semble, entre les Pommeç de terre anglaises et américaines. La majorité des variétés que nous cultivons maintenant, celles surtout qui sont Tobjet d'une culture extensive, proviennent de variétés à demi domestiquées qui ont été importées de l'Amérique du Sud. C'est ainsi que M. Goodrich a obtenu la Garnet Chili\ de celleci, M. Bresee a tirée VEarly rose, Peerless, Brese&s Prolific, etc., et en fécondant XEarly rose avec le pollen des meilleures des anciennes variétés, j'ai obtenu la Snowflakey V Alpha et la Ruby.
» En suivant celte voie, nous avons quelques raisons d'espérer qu'en travaillant surtout de la manière que j'ai indiquée, nous pourrons arriver avant peu à des résultats certains, et que nous obtiendrons des variétés dans lesquelles se trouveront réunies la qualité supérieure et la belle apparence, avec une vigueur et une productivité satisfaisantes...
» Je serai heureux de vous adresser des graines de mes croisements en échange des vôtres, de préférence celles qui fourniront de bon pollen. Car le pollen de presque toutes nos nouvelles variétés est tout à fait improductif (chez le Siuvoflake la stérilité est poussée à ce point que les boutons de fleurs s'ouvrent très rarement, et se flétrissent de bonne heure), si bien que c'est seulement comme porteurs de graines qu'elles peuvent être employées potir races de croisements.
» J'ai essayé aussi des hybridations. Pour cela, j'ai cultivé le Solanum Fendleri du Nouveau Mexique. Malgré tous les soins que j'ai pris pour le féconder avec le pollen de nos variétés du S. tube^
rosum cultivées, il s'est montré récalcitrant : j'ai obtenu quelques fruits en partie développés, mais il se sont flétris avant maturité'.
» Je suis etc. Pringle. »
« 27 Janvier 1876.
f> A M. Pringle. — J'entre complètement dans vos idées. Pendant trois années consécutives, bien qu'encore sans résultats, j'ai essayé de croiser mon Rector of Woodstock avec votre Snowflake^ qui est bien la meilleure de vos variétés américaines. Snowflake se refuse à me fournir un seul grain de pollen ou à se laisser féconder. D'autres variétés américaines se sont comportées de même; mais une toufle de la peu fleurissante WillarcVs Seedling b. donné une tige fleurie et, à ma grande joie, m'a permis de recueillir un peu de pollen sur Tongle de mon pouce.. Jai porté immédiatement ce pollen sur les pistils de trois fleurettes, préparées pour le recevoir, de mon BountifuI, et, peu de jours après, j'ai eu l'inexprimable satisfaction de voir que la fécondation avait réussi et que les futures baies grossissaient.
» De plus, il y a trois ans, j'avais porté le pollen de Bountiful sur quelques centaines de pistils des fleurs de l'Américaine Late rose. J'étais au désespoir de constater qu'il ne restait plus que deux grappes de fleurs dans la rangée, lorsque, comme dernière ressource, je leur appliquai de nouveau le pollen de Bountiful : or ma persévérance me procura cinq baies fécondées. Cette circonstance ravive mes espérances sur Snoiv/lake^ et je projette déjà d'observer dans la saison ses fleurs les plus tardives, et de tenter alors d'en réussir la fécondation avec Rector of Woodstock. J'ai semé les graines des derniers croisements internationaux, et je possède maintenant 400 nouveaux tubercules, passant d'un rouge sombre par toute sorte de nuances au blanc de perle, et de parfaitement ronds aux plus beaux types de rognons, — sans yeux marqués sur la majorité d'entre eux, — une récolte pleine de promesses comme je n'en ai jamais obtenu. Maintenant, mon objectif serait de pouvoir infuser la saveur anglaise en conservant la productivité supérieure des variétés américaines. Puissé-je du moins réussir!..
1^ M. Robert Fenn avait fait les mômes essais, pendant quatre ans. Il n'a pas
eu plus de succès.
» Permettez-moi de vous proposer de travailler de concert avec vous. Voici ce qu'il conviendrait de laire. — Croiser Snowflake avec Hector of Woodstock, et iûce versa, si vous pouvez. Croiser Bound fui avec WillarcTs Seedling.en employant le dernier pour le père, seulement. Avec Snoiv/lake croiser Hector of Woodstock. Nous viserons ainsi tous deux aux mêmes résultats, puis nous comparerons et jugerons avec plus de certitude, ce qui nous permettra de décider de quel coté de TAtlantique on aura pu obtenir une réelle amélioration...
» En attendant, permettez-moi de vous envoyer, sans attendre votre réponse, quelques-unes de mes obtentions qui vous intéressent, y compris Bountiful et Hector of Woodstock, afin de vous aider à faire les croisements dont il a été question ci-dessus.
« Robert Fenn. »
» A M. Fenn. — Vous me signalez le Willnrd, comme étant le seul de notre nouvelle>ace de Pommes de terr.» provenant en dernier lieu des régions sauvages ou à demi sauvages de TAmérique du Sud, qui vous ait donné de bons produits. A Texception de sa mère, VFajlij Goodrich el le véritablement sauvage Grand Blanc de M. (loodrich, je n'en connais pas d^autre qui soit aussi fertile. J'ai été forcé de compter sur la vieille race des Américains, dont quelques-uns sont très productifs. Je me suis servi le plus souvent à'Excelsior : c'est le père de Snowflake. Il porte des fruits avec profusion, donne une grande récolte, et il a, comme nos Pommes de terre, meilleures saveur et qualité. Il donnerait sûrement de la vigueur à vos nouveaux produits. Je vous en enverrai des graines. J'y ajouterai deux tubercules de notre excellent Peachhlo^v : la mère était une belle White Kidney de bonne qualité, qui est originaire de London, province d'Ontario^ Canada, et qui est appelée London White, Je vous envoie ces deux tubercules, parce que la race est de très forte croissance et vous fournira le pollen le plus
efûcace.
« C, G. Pringle. »
M. Fenn ajoute alors, après cette correspondance :
« Je n'ai pas encore appris comment nos Pommes de terre se comportaient dans le Vermont. Mais je puis dire que j'ai tiré de
bons résultats de mes essais anglo-ainéricains. SutLons Early Border y Early Regenl, Fiftyfold, Reading Russet et Prizelaher sont ies résultats commerciaux des Américains Willard et Late rose cioisés avec mon BoiinlifuL II y a deux ans, j'avais ici la très grande satisfaction de recueillir un certain nombre de grains de pi>iien de l'Américain Saowflake de M. Pringle, sur une grappe de dernières (leurs dans mon jardin, mais en vérité si tardivement que les (leurs du RecLor of Woodslock étaient déjà passées, et bref lînsi que la totalité des fleurs de toutes mes variétés. Il ne me restait, par un heureux hasard, qu'un couple de deux dernières fleurs qui se trouvaient épanouies sur la tige d\m pied délaissé du Willard par BoiintifuL Je n'ai jamais opéré de fécondation, plus soigneusement et plus nerveusement, que je ne Tai fait sur ces deux fleurs, et j'étais aussi anxieux du résultat que s'il s'était agi (lu Hector of Woodslock, Le pollen ainsi obtenu provenait de si bonne source! Une seule des baies se développa et mûrit : c'est le plus gros fruit de Pomme de terre que j'aie jamais vu ! Il me produisit cinquante graines, dont chacune a germé la saison suivante. Tout cela m'a procuré un très bon croisement résistant à la maladie, et j'ai livré au commerce : Sutton's Ringleader^ Favourile et Lady Truscott; de plus, j'ai gardé en réserve, pour une autre année, deux nouveautés nommées provisoirement Golden Spot et Xew BountifuL La Société royale d'horticulture a certifié Alderman de Keyser que je tiens en mains propres en ce moment, ainsi qu'un [>etit nombre de la fournéeque je garde pour des essais ultérieurs. Ainsi finit mon histoire de Pommes de terre jusqu'à présent ».
Mais d'un autre côté, s'il est relativement assez facile de croiser des variétés qui fleurissent, il semblerait à première vue qu'il devient impossible de le faire, lorsqu'il s'agit de variétés qui ne fleurissent pas ou qui ne fleurissent plus. Voici ce que dit à ce sujet Loudon, dans son Encyclopédie d^ Agriculture \ dont nous traduisons le passage qui nous semble le plus instructif.
« Certaines variétés de Pommes de terre les plus hâtives ne fleurissent pas^ et par suite ne produisent pas de graines. Pour obtejiir de ces variétés des fleurs et des graines, il est nécessaire de temps en temps, pendant la première partie de l'Eté, de retirer la