‹ Histoire de la pomme de terre: traitée aux points de vue historiqueChapitre 61 sur 72 · Encyclopxdia of Agriculture (Londres · texte numérisé non relu

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terre qui entoure les racines des plantes et de détacher les tubercules lorsqu'ils commencent à se former. En empêchant ainsi la force delà plante de s'employer à la formation des tubercules, on la contraindra de se porter vers les feuilles et les parties herbacées pour produire des fleurs et des fruits. Knight, le Président de la Société d'horticulture, en se servant de ce procédé, a réussi à se procurer des graines de plusieurs variétés de Pommes de terre qui n'avaient jamais auparavant produit de fleurs, et de ces graines il a obtenud'excellentes variétés, quelques-unes robustes et moins précoces, d'autres petites et très hâtives. Il a de plus fécondé les fleurs de ces variétés précoces avec celles d'autres variétés, soit hâtives, soit tardives, et il est arrivé à produire ainsi des variétés plus précoces, plus vigoureuses et prolifiques que toutes celles qu'il connaissait. Il a cultivé ces variétés dans ses champs, les jugeant préférables à toutes les autres, parce qu'elles lui permettaient de planter plus tard et de récolter plus tôt ».

Knight a décrit son procédé dans les PhilosophicalTransactions de 1806. « Tout jardinier, dit-il, sait que les variétés précoces de Pommes de terre ne produisent jamais ni fleurs, ni graines. J'attribue cette particularité aune privation de nourriture, qui résulte de ce que les tubercules contraints de se former extraordinairement tôt, détournent à leur profit cette partie de la sève, qui, dans le cours ordinaire de la nature, est employée au développement et à la nutrition des fleurs et des graines. J'ai donc, le Printemps dernier, planté quelques morceaux de tubercules d'une variété très hâtive de Pommes de terre^ bien connue pour ne pas fleurir; je les ai placés dans des pots, en ayant soin d'entasser d'abord le terreau aussi haut qu'il me fut possible au-dessus du niveau des pots et de planter chaque morceau de tubercule presque à la surface. Lorsque les tiges eurent atteint quelques pouces de hauteur, elles furent soutenues au moyen de forts tuteurs qui ont été enfoncés droits dans les pots pour cette fin, et le terreau fut alors détaché de ces tiges par un vif courant d'eau. Il en résulta que chaque plante se trouva suspendue en l'air, n'ayant d'autre communication avec le terreau des pots que par ses racines fibreuses. Or comme celles-ci sont parfaitement des organes distincts des stolons qui engendrent et nourrissent les tubercules, il me devenait aisé dempècher la formation de ces derniers. En efl'et, chaque plante ne manqua pas bientôt

SlHi HISTOIRE DE LA POMME DE TERRE

d'essayer de produire des stolons et des tubercules; mais ceux-ci ^Maient détruits aussitôt qu'ils devenaient perceptibles. Les tiges ne tardèrent pas alors à prendre un développement remarquable; e!les se couvrirent de fleurs, et toute fleur porta fruit ».

Nous sommes, en France, quelque peu en retard, pour ces expériences de fécondation croisée, sur nos voisins d'Angleterre ou d'Allemagne. C'est pourquoi nous avons pensé qu'il pourrait être iilile d'appeler Taltention sur ce sujet, par la lecture des citations pn!*cédentes. Nous souhaitons vivement que l'emploi de ces procédés de fécondations artificielles, suivis de sélections raisonnées, lu* soit pas dédaigné, comme, il semble Tôtre chez nous actuelle- MM.'ut, et que des expérimentateurs français prennent goiit à les i^l+pliquer. Ce mode d'ex[)érimentation, avec les soins à donner iiMX semis des graines obtenues, peut devenir passionnant, dans f*fiitente des résultats problématiques qu'il procure. 11 nous apparliivndrait peut-être, en France, de consacrer ces essais à l'obtention de nouvelles variétés de table, dignes d'être mieux appréciées, et r[tu seraient destinées à remplacer nos bonnes variétés actuelles, dont quelques-unes sont en voie de dégénérescence. Il pourrait eu être de même pour les variétés industrielles et fourragères à rondement considérable. Puisse ce souhait se réaliser à bref dé-

Si. Trail, d'Edimbourg, paraît être le premier qui ait eu l'idée de l'aire des essais sur la Greffe de la Pomme de terre. En 18G7, il partageait par le milieu une soixantaine de Pommes de terre Lieues ou blanches, et il associait l'une à l'autre chacune des moitiés di'S deux variétés, en ne laissant qu'un œil sur l'une d'elles et détruisant tous les autres yeux, puis il plantait ces réunions de dijmi-tubercules ainsi préparées. Or la majorité des tubercules produits appartenaient soit à la variété blanche, soit à la variété l>leue;mais quelques-uns cependant étaient en partie blancs et en partie bleus, et quatre ou cinq étaient marbrés des deux couleurs.

Peu après, M. Taylor, du Yorkshire, faisait une opération un peu ditTérente. Il prenait deux tubercules de variétés différentes dont

il enlevait tons les yeux, puis il pratiquait sur Tun d'eux une petite cavité et y insérait hermétiquement un morceau taillé pour la remplir et portant un ou deux yeux, détaché d'un tubercule de Tautre variété : il opérait de môme pour le second tubercule, puis fixait les morceaux avec des épingles et les liait même au besoin, et plantait les tubercules disposés de la sorte. Il aurait obtenu par ce moyen des variétés nouvelles, surtout en greffant ainsi des rondes sur des longues, et réciproquement.

M. Fitz-Patrick faisait, en 18()8, une autre expérience. 11 plantait trois variétés de Pommes de terre : une blanche, une noire et une rouge. Dans le courant de Mai, lorsqu'elles commençaient à émettre leurs tiges, il les déterrait avec soin, en laissant les racines avec leur terre, accolait à chaque tubercule-mère un autre tubercule de variété différente, les liait fortement tous deux, les entourait de terre molle et les replantait. Lors de la récolte, il obtenait des tubercules noirs d'un coté, blancs de Tautre, ou moitié blancs et moitié rouges. Seulement, les variétés noires avec les rouges donnaient des tubercules marbrés des deux couleurs, où le rouge dominait.

En 1868, M. Hildebrand remplaçait, sur plusieurs tubercules d'une variété ronde à peau lisse et blanche, tous les yeux par ceux pris sur des tubercules d'une autre variété longue à peau rugueuse et rouge, et il opérait de même sur des tubercules de la seconde variété avec des yeux de la première. Le tout fut planté, et les pieds se développèrent. Mais la récolte ne fournit que deux tubercules modifiés. Le premier, qui présentait une forme allongée et qui était rouge et rugueux à une extrémité, avait le milieu bigarré de rouge et de blanc, et l'autre extrémité lisse et blanche. Le second tubercule incomplètement développé ne différait du premier que par une couleur généralement plus blanche. Les deux tubercules en question, plantés en 18G9, ne donnèrent aucun résultat appréciable.

En 1872, M. Norbert, de Stuttgart, s y prenait d'une tout autre manière. Au lieu de chercher à greffer entre elles des portions de tubercules différents, il obtenait, au moyen de boutures, déjeunes pieds de Pommes de terre sur lesquels il posait ensuite des greffes de variétés différentes. Toute la culture fut faite en pots, et les résultats en furent presque tous satisfaisants. Beaucoup des tubercules obtenus offraient une coloration très prononcée, différente

des deux variétés unies par la greffe, surtout quand il s'agissaitdes variétés noire et blanche, mais moins accusée pour les variétés rouge et blanche.

D'un autre côté, Charles Royer, qui s'était beaucoup occupé de Télude des parties souterraines des plantes, crut devoir s'élever contre l'idée que l'on se faisait de la Greffe des tubercules de ï'oiiimes de terre. Il disait, dans une Note publiée dans le Journal de la Société dhorticulture de France^ en 1874 : « Un tubercule de Pomme de terre est du à la double hypertrophie de l'écorce et du cylindre central; et c'est l'écorce qui contient le plus de fécule. Onlre une zone génératrice principale qui sépare ces deux parties, il s€ développe au sein de l'écorce une zone génératrice surnuméraire plus ou moins accentuée. Les bourgeons sont toujours inséns sur la zone génératrice principale, et ils reposent chacun au fond d'une dépression, seuls points où l'écorce échappe à Thyperlro|ihie, afin de ne pas recouvrir ni étouffer les bourgeons. Si l'on veut tenter la greffe sur un tubercule de Pomme de terre, il faudra donc faire une entaille assez profonde pour pénétrer jusqu'à la zone génératrice principale. Mais ce résultat obtenu, l'opération n*en doit pas moins avorter, car le tubercule est un corps sans vie, SCS bourgeons exceptés; et la zone génératrice y est inactive.... 11 n*est pas rare cependant qu'un bourgeon qu'on a inséré sur un tubercule vienne à se développer; mais ce ne sera qu'avec le secours des racines que le bourgeon aura émises de sa propre btifto. Le tubercule, loin de servir à la végétation, aura plutôt été nuisible, en s'interposant tout d'abord entre le sol et les jeunes racines du bourgeon ».

On peut dire que, théoriquement, cette opinion est juste. Cepen- Jaiil, après les résultats obtenus parles expérimentateurs, il convenait d'essayer de les expliquer, et surtout ce qui paraissait un fiut acquis, le passage de la matière colorante d'un tubercule dans \w j^^reffe, pour produire des tubercules à double teinte ou marbrés. Il y a là, en effet, un phénomène curieux.

En 1876, Robert Fenn, qui s'est rendu célèbre en Angleterre par ses obtentions de variétés nouvelles de Pommes de terre, au moyen de (écondations croisées, disait avec humour dans le Gardeners Chronicle : « La Greffe de la Pomme de terre a été le sujet d'une controverse, lorsque j'ai parlé de mes expériences sur elle. Je ne

crois pas que nos savants anglais soient convaincus qu'elle soit possible, môme aujourd'hui. C'est un fait, néanmoins, bien qu^elIe ne réussisse pas 99 fois sur 100, soit que le type originel se perde, soit que les greffes ne prennent pas. Dans mes expériences faites en vue d'améliorer une variété par la Greffe, je n'ai eu qu'un seul succès en obtenant une forme plus naine et une précocité d'environ trois semaines dans sa maturité, en comparaison du tubercule greffé. Mais le jeu de la Greffe de la Pomme de terre ne vaut pas le nombre d'années qu'elle exige, pour courir la chance d'obtenir une heureuse modification ! »

On le voit, il s'agissait d'arriver à améliorer certaines variétés par la Greffe. C*est aussi le but que vont se proposer d'atteindre de nouveaux expérimentateurs. En 1878, M. Vavin publiait, dans le Journal de la Société d'horticulture de France, un Mémoire sur la Greffe des Pommes de terre, dont la partie historique nous a fourni les renseignements que nous avons donnés au commencement de cet article. Dans ce mémoire, M. Vavin expliquait son procédé. A l'aide d'un cylindre métallique creux, formant emportepièce, il enlevait tous les yeux d'une Pomme de terre, en la traversant de part en part : il obtenait de la sorte des cylindres formés de tissu cellulaire, sur chacun desquels se trouvait un bourgeon, et il introduisait ces cylindres dans de pareilles cavités faites dans un autre tubercule avec le même emporte-pièce. « Je n'ai malheureusement pas toujours réussi dans mes essais, dit M. Vavin, mais il s'opérait le plus souvent un changement très remarquable dans la forme et la couleur des types dont je m'étais servi : le plus souvent les métis sont marbrés, panachés, rubanés ; dans certains cas, la coloration de chaque partie du tubercule est différente; dans d'autres, la teinte est uniforme, homogène et semble provenir du mélange delà couleur de chacune des variétés; parfois, la Pomme de terre est jaune et ses yeux sont entourés d'une aréole rouge ou violette ».

M. Vavin ajoutait qu'il avait obtenu, en 18G7, une variété rubanée, qui produisait beaucoup, et faisait observer que les Pommes de terre obtenues par le greffage sont généralement plus tardives que celles dont elles proviennent, mais que le rendement en est beaucoup plus considérable et la végétation plus vigoureuse.

En 1886, le Gardcner's Chronicle publiait un article de M. \Vor-

ihington G. Smith sur la Greffe de la Pomme de terre. L'auteur y expose son procédé de greffage, avec des dessins à Tappui : il y montre deux tubercules, Tun rond de la variété Early Régent sur lequel deux particules obconiques, ou deux troncs de cône dont la base est à la surface et porte au centre un bourgeon, et dont le sommet se termine au centre du tubercule, seront détachées; l'autre ovoïde de la variété Early Ash-leaf Kidney présentant des cavités obconiques de môme dimension destinées à recevoir les particules précédentes. La préparation doit être faite de telle façon que les cônes et les alvéoles se placent les uns dans les autres avec une précision géométrique. Un double petit lien sert à fixer cette préparation. « On doute, dit M. Worthinglon Smith, que l'amalgamation puisse se faire entre la chair des deux parents. Cette amalgamation me semble possible en raison des faits suivants : 1° Le produit des tubercules greffés est quelquefois intermédiaire entre les deux parents; 2° Le tubercule-semence avec ses cônes végétatifs s'épuise complètement pendant la croissance de la plante, ce qui montre que pour ce développement toute la nourriture de réserve de la chair des deux parents a été employée. »

En 1894, le Journal de la Société d' Horticulture de France insérait une Note de M. Gustave Martin qui faisait connaître une manière assez identique de greffer les Pommes de terre. « Au préalable, disait-il, mise en végétation des tubercules sur lesquels on veut opérer, sujets et greffons. Détruire tous les yeux du tuberculesujet et recouvrir les plaies avec une couche légère de mastic Lhomme-Lefort; creuser dans ce sujet deux ou trois cavités en forme de trémie. Puis, détacher du tubercule-greffon les bourgeons développés en conservant à leur base une tranche de ce tubercule en forme de pyramide tronquée de façon que, introduite dans la trémie creusée dans le sujet, elle y soit exactement contenue; mettre deux ou trois greffons, suivant la grosseur du sujet. Constater que l'adhérence est complète, que les épidermes sont bien au contact, puis recouvrir la commissure avec le mastic; planter ensuite comme à l'ordinaire ».

La môme année, le même Recueil publiait une Note importante de M. Edouard Lefort, résumant les expériences que Fauteur avait faites depuis dix ans. Son procédé consiste à se servir pour le greffage, non des tubercules, mais des tiges de la Pomme de terre.

comme M. Norbert. Dans le cours de ses expériences, M. Lefort avait obtenu, par son procédé, des sous-variétés à'Early rose à chair jaune, au lieu de chair blanche, et très précoces, en greffant la \9iV\élé Early rose di\ec les variétés Marjolin et Marjolin-Téiard, Il en avait obtenu même qui étaient panachées de jaune et de rose. Il avait ensuite uni par la Greffe la variété RiclUer^s Imperalor avec les mêmes variétés,- ainsi qu'avec la Hollande, la Saucisse, la Blanchard et la Versaillaise, 11 en avait obtenu de bons résultats, notamment une liichlers Imperalor y à chair jaune, fine, notablement hâtive. Pendant le Congrès horticole de 1896, M. Lefort a exposé de nouveau ses idées à ce sujet et s'est exprimé en ces termes.

« Cette Greffe, dit-il, se fait en Mars et Avril. L'on prend des tubercules donnant de grosses pousses qu'on laisse se développer et durcir à l'air; on choisit pour greffons des pousses de même grosseur, et on réunit celles-ci aux premières par la greffe en fente, en coupant la tige à une distance de 2 à 4 centimètres du tubercule. Pendant une quinzaine de jours, les pieds greffés doivent être tenus frais, sans arrosements, résultat que Ton obtient en les couvrant de mousse que l'on rafraîchit tous les jours Se servir de terre glaise pour la greffe et non de mastic. Planter les tubercules dans des pots, sous cloches ou souschûssis; les tenir à Tétouffée les premiers jours, et donner de Pair ensuite; un mois après, planter en place et maintenir encore sous cloche pendant quelque temps.

» C'est sur la tige greffée que partiront les tubercules qui seront petits ou moyens la première année; ce n'est que deux ou trois ans après le greffage que l'on récoltera des Pommes de terre atteignant le volume normal et définitif.

» L'avantage de la Greffe est de pouvoir rendre les Pommes de terre industrielles, comestibles, sans qu'elles cessent de donner un grand rendement, et aussi de les rendre plus précoces lorsqu'on les greffe sur la variété J/rt/yL)///i. J'ai obtenu des variétés bien modifiées par la Greffe. L'une était \Early rose, dont la chair est devenue jaune et la tige basse, 20 à 25 centimètres; le développement est si rapide, que la récolte se fait en deux mois et demie, après la plantation. L'autre variété était la Richter's Imperalor^ gref ée sur Marjolin-Tétardy qui a pris une chair bien jaune ; elle est aussi très basse de tige, 30 à 35 centimètres, ce qui permet de

planter très près, le plus à 50 centimètres de distance. Elle est très précoce et donne près de deux kilos par pied *. C'est une récolte considérable, en Juillet. Le tubercule est un peu moins féculent que celui de la Bichlers Imperalor. Celte année je présenterai à la Société d'horticulture, la Pomme de terre Institut de Beauvais^ à chair jaune, greffée sur Pomme de terre Hollande y* .

11 serait à souhaiter que ces expériences fussent répétées par d'autres personnes, pour confirmer les avantages de ce procédé, dont les résultats, d'après M. Lefort, sont véritablement intéressants.

Mais, d'un autre côté, la Pomme de terre ne pourrait-elle se greffer sur d'autres Solanées ? C'est ce qu'un jardinier de Bristol, nommé Maule, a déclaré avoir réussi à pratiquer. 11 annonçait, eu I87G, avoir greffé le Solanum tuberosiun sur les S, nigruni et Dulcàmara, c'est-à dire sur la Morelle noire et la Douce-amère, et avoir obtenu, chose incroyable, non seulement des tubercules a* riens sur le jeune scion du S. tuberosum, mais d'autres tubercules sur les racines de la Douce-amère ! Nous ne sachions pas que cette expérience ait été répétée et ait donné les mômes résultats.

La même année, le Gardeners Chronicle insérait une Note de M. Alexandre Dean faisant connaître la réussite d'une autre tentative de greffage, celle de la Greffe par approche d'une tige de Tomme de terre sur une tige de Tomate. Il faisait cette opération au printemps, au moment où chacune des tiges ne dépassait pas 0"', 15 de hauteur. Au bout de peu de semaines, Tunion des deux livres était parfaitement opérée; il coupait alors la tige de la Pomme dt^ terre, qui formait la greffe, au-dessous de la portion ainsi unie, c( celle de la Tomate au-dessus de cette môme portion : il en résulta qu'il eut de cette manière le haut d'une tige de Pomme de terre nourrie à sa base par une tige de Tomate formant le sujet. Mais il surproduisit bientôt, sur cette tige de Pommes déterre, des pousses renflées à liMir base en sortes de tubercules arrondis, qui ressemlïlnient exactement à ceux qui se produisent parfois sur des tiges de Pommes de terre dont la partie souterraine a été endom-

I. — CeUo variété nouvelle a clé mise au commerce, sous le nom de Edouard Krforty par la maison Vilmorin-Andricux cl C'°, en 1897.

Nous avons appris que, depuis lors, celte expérience a été répétée avec le même succès. Mais M. Arthur Sutton obtint plus encore. Dans une conférence qu'il fit, en Novembre 1895, à la Société royale d'horticulture de Londres, il montra, au moyen de photographies projetées sifr un écran, une greffe de Tomate sur une tige de Pomme de terre, et une greffe de Pomme de terre sur une tige de Tomate. Voici ce qu'il disait à cette occasion. « Un tubercule de Pomme de terre fut planté dans un pot, le 22 mars; lorsque la tige qui en sortit eut atteint 4 à 5 pouces de hauteur, on la coupa à un demi-pouce au-dessus du sol, et Ton y inséra une greffe de Tomate le 8 Mai. Le résultat fut que la Pomme de terre produisit des tubercules dans la terre du pot et que la tige de la Tomate s'était, de son côté, chargée de Tomates. Quant à l'autre greffe, c'est le même procédé renversé : la tige d'une Tomate fut coupée à un demi-pouce au-dessus du sol, et Ton y inséra une greffe de Pomme de terre. La Tomate ne produisit que ses racines ordinaires ; mais la tige de la Pomme de terre donna un groupe de fleurs, lesquelles produisirent cinq baies ».

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